Archive pour la catégorie ‘Publications’

Urbanisme, villes créatives, Abu Dabi

Dimanche 5 septembre 2010

La revue Urbanisme (n° 373, juillet-août 2010, http://www.urbanisme.fr/issue/report.php?code=373&code_menu=149#article711) consacre un dossier au thème : « Villes créatives ?« 

On lira à ce propos l’éditorial du directeur, Thierry Paquot, « Villes créatives ? Un cocktail aux ingrédients subtils » : http://www.urbanisme.fr/issue/report.php?code=373&code_menu=EDITO#article709.

Voici le sommaire de la revue :

La ville créative pour qui ?

C’est dans son best-seller académique The Rise of the Creative Class que Richard Florida pose les fondements d’un modèle de développement territorial dont nombre d’élus nord-américains se réclameront durant la première décennie du XXIe siècle. L’universitaire – devenu “consultant” – y défend l’idée que le dynamisme économique des villes états-uniennes est directement lié à leur capacité d’accueil des populations qu’il qualifie de “créatives”. Ludovic Halbert, chercheur au CNRS, université Paris-Est, LATTS, propose un bilan critique et s’interroge : est-ce une idée neuve, est-ce une idée utile, et surtout, comment dépasser les contradictions internes d’une ville construite pour la classe créative ?

Équipements culturels et villes créatives

Les nouveaux équipements culturels occupent une place singulière dans le positionnement de nombre de villes dans le monde. Ce sont rarement des bibliothèques, des conservatoires ou des centres d’archives, plus généralement des salles de spectacles et surtout des musées.

Jean-Michel Tobelem, directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture, analyse la place de ces équipements culturels dans le développement des villes, dans un contexte où la notion de “créativité” – dont il convient d’apprécier la portée véritable – semble jouer désormais un rôle prépondérant.

Le musée Soulages à Rodez : une révolution culturelle ?

Pour Rodez, discrète préfecture de l’Aveyron, l’ouverture du musée Soulages fin 2012 – accompagnée de celle d’un multiplexe, puis du réaménagement du site de l’ancien hôpital – constituera un vrai bouleversement urbain, mais aussi l’occasion d’un repositionnement culturel et touristique.

Enquête d’Antoine Loubière.

Dole, l’attrait d’un patrimoine partagé

Avec ses 26 000 habitants, Dole, “ville d’art et d’histoire”, ne conçoit son avenir que dans le cadre de sa communauté d’agglomération (41 communes pour 50 000 habitants). Le plan d’aménagement Dole 2010-2025 couvre ainsi l’ensemble de ce territoire, du vaste secteur historique sauvegardé en centre-ville jusqu’aux quartiers de “seconde périphérie” , avec une grande attention portée à la qualité et au confort environnementaux. Une “ville éco-citoyenne”, selon la formule de son maire.

Reportage, par Annie Zimmermann, journaliste.

Cluny 2010

Ce programme de festivités et événements culturels, lancé dans le Jura en septembre 2009 et qui se terminera fin 2010, célèbre le 1 100e anniversaire de la création de l’abbaye de Cluny, à l’origine d’un mouvement réformateur initié en France puis étendu à plusieurs pays d’Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Suisse, Grande-Bretagne) avec un réseau total de 1 400 filiales. C’est en effet des monastères jurassiens de Baume-les-Messieurs et de Grigny que seraient partis, en 909-910, douze moines, pour fonder, sous l’autorité de l’abbé Bernon, la Maior Ecclesia. La Fédération des sites clunisiens est maître d’œuvre de cette manifestation d’envergure : visites, spectacles, concerts, expositions, ateliers, conférences, colloques, rencontres, marches, rallyes, etc. sont l’occasion de (re)découvrir la richesse du patrimoine clunisien, sous sa forme bâtie, artistique, culturelle et spirituelle.

Dis-moi qui est la plus créative…

Sous l’effet des politiques incitatives de l’Europe, l’économie créative s’invite aussi dans les capitales européennes de la culture. Tandis que la Ruhr l’érige en ressort exemplaire de sa mutation, les métropoles françaises oscillent entre l’acculturation, le zèle ou l’exploration de voies de soutien à la création plus inédites.

Enquête, par Françoise Moiroux, journaliste.

Les capitales européennes de la culture : des villes créatives ?

Une génération s’est écoulée depuis le lancement de la première “ville européenne de la culture”, Athènes, en 1985. Vingt-cinq ans après, comment et en quoi cette opération a-t-elle évolué, qu’apporte-t-elle aux villes sélectionnées et quel bilan peut-on en dresser ?

Historique et analyse par Boris Grésillon, maître de conférences en géographie (Université de Provence et UMR Telemme).

Et vogue la stratégie !

Appliqués à Montréal, les critères de Richard Florida sur la ville créative ont induit de curieuses évolutions dans les palmarès successifs des villes canadiennes. Intrigués, Luc Noppen et Lucie K. Morisset, enseignants-chercheurs à l’Université du Québec à Montréal, ont cherché à comprendre pourquoi. Ils analysent ici les stratégies mises en œuvre par les décideurs locaux pour conforter la vocation créative de Montréal, alors même que la ville était déjà très identifiée à la culture. La série de projets d’un urbanisme stratégico-culturel pensé pour séduire la classe créative n’a pas débouché sur les résultats attendus. La ville résiste à sa mise en compétition…

Luc Noppen, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain–ESG, et Lucie K. Morisset sont tous deux professeurs au Département d’études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion, à l’Université du Québec à Montréal, et chercheurs affiliés à l’Institut du patrimoine de cette institution. La préparation de cet article s’inscrit aussi dans la programmation du Forum canadien de recherche publique sur le patrimoine, soutenu par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, et dans celle du projet “Les paysages de la patrimonialisation”, financé par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture.

Le touriste, co-opérateur de la créativité urbaine ?

En écho à Richard Florida, la littérature sur le “tourisme créatif” a été particulièrement prolifique au cours des années 2000. Elle souligne l’homogénéisation croissante des projets urbains sur lesquels a reposé le développement du tourisme culturel au cours des trois dernières décennies, tandis qu’est mise en évidence la demande émergente des clientèles pour plus d’interaction et d’échanges avec les lieux visités, soit plus de créativité. Richards et Raymond définissent le tourisme créatif en tant que la possibilité “d’acquérir, au cours de l’expérience touristique, un savoir-faire faisant partie de la culture locale et/ou de la communauté visitée. Les touristes créatifs développent leur potentiel, et viennent plus près des locaux à travers la participation informelle à des ateliers interactifs et des expériences d’apprentissage qu’ils tirent de leurs destinations touristiques”.

Tout en questionnant de manière critique la pertinence de cette notion, Maria Gravari-Barbas, géographe, professeur à l’université de Paris-Sorbonne, explore les rapports entre ville, tourisme et créativité.

Feu sur Florida !

Que faut-il penser du succès de Richard Florida et de l’adoption de ses thèses par de nombreuses municipalités aux États-Unis (Baltimore, Memphis…) et au Canada (Montréal, Toronto…) ? Ses livres à peine publiés déclenchent également de solides analyses critiques en réaction à l’engouement exagéré qu’elles provoquaient chez d’autres lecteurs, que l’auteur n’a pu vraiment réfuter.

Rapide panorama, par Thierry Paquot.

Signalons, dans le numéro précédent (n° 372, mai-juin2010) notre article intitulé « Lire une image : Le Louvre à Abu Dabi » (http://www.urbanisme.fr/issue/magazine.php?code=372&section=INTER).

Pour finir, que pensez-vous de la notion d’industries, de régions et/ou de villes « créatives » ?

Montages public-privé

Samedi 28 août 2010

Montages public-privé & tourisme

Cahier Espaces n° 105, juin 2010, 150 pages

http://www.revue-espaces.com/librairie/7765/montages-public-prive-tourisme.html

Voici la présentation du dernier numéro des Cahiers Espaces consacré aux relations entre opérateurs publics et privés dans les secteurs du tourisme et de la culture, une large place étant accordée à la notion de « délégation de service public ».

Pas plus que l’on peut délocaliser le tourisme peut-on envisager de le développer sans soutien public, ne serait-ce que pour créer les infrastructures de transport ou pour valoriser le patrimoine (naturel ou culturel). Le tourisme est, en effet, un secteur dans lequel l’intervention publique est forte par nature.

La question se pose alors de savoir qui, du public ou du privé, est le mieux à même de gérer les équipements appartenant aux collectivités, avec des approches différentes selon que l’objet de ces équipements est strictement touristique (remontées mécaniques, campings, offices de tourisme…) ou qu’il ne l’est que partiellement (monuments historiques, musées, piscines sportives et ludiques, bases de plein air et de loisirs…).

Force est de constater que, plus qu’à des débats de fond opposant libéralisme à interventionnisme, on assiste à des « phénomènes de mode » en faveur de tel ou tel type de montage. Au-delà des tendances et inévitables effets de balancier en faveur de tel ou tel montage juridico-financier, la question du partenariat public-privé est complexe, et pas seulement sur le plan juridique ! Chaque cas est un cas particulier qui s’analyse en fonction des objectifs fixés à l’équipement, mais aussi en fonction de sa taille, de sa complexité, de la taille de la collectivité qui le soutient, de ses ressources humaines… Le dogmatisme en la matière n’a pas de sens. Ni en faveur d’une gestion publique, ni en faveur d’une gestion privée, ni d’ailleurs en faveur d’un montage mixte.


Sommaire

1. Partenariat public-privé • Une réflexion à mener

2. Montage juridique • L’embarras du choix

3. Gestion publique • Un mode d’exploitation performant

4. Gestion privée des équipements sportifs • Vingt ans d’expérience

5. Gestion privée des sites culturels • Un essor récent

Notre contribution est la suivante :

La gestion privée des sites culturels. Une fausse solution à des problèmes mal posés ?

En matière de sites et équipements culturels, un nombre croissant d’élus sont conduits à utiliser différentes formes d’implication du secteur privé, estimant que la gestion publique ne permet pas de faire face aux multiples impératifs auxquels ils sont confrontés.Si le statut juridique ne doit pas devenir un handicap pour le développement d’un site culturel ou touristique, le choix de ce dernier ne résout pas à lui seul tous les problèmes. La qualité du projet et de la vision stratégique, la compétence et la qualification des personnels, ainsi que l’efficacité du management et des instruments de gestion sont au cœur de la réussite. Une réussite qui n’est pas donc pas liée uniquement au mode de gestion.S’agissant de la gestion publique, il est possible, pour pallier les difficultés de la régie simple, d’autonomiser la gestion de l’équipement culturel en le dotant d’un budget, distinct de celui de la collectivité publique, voire de personnaliser sa gestion en lui conférant de surcroît la personnalité morale.

http://www.revue-espaces.com/librairie/7768/montage-public-prive-dsp-delegation-service-public.html

http://www.revue-espaces.com/carnet/1287.tobelem_jean-michel.html

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (5)

Jeudi 22 juillet 2010

Pour clore cette série de billets, rappelons qu’à travers le concept d’« organisation culturelle de marché », nous avons souhaité montrer  :

  • que nombre de musées, de monuments et autres sites culturels ne sont pas seulement entrés dans une logique de modernisation et de rationalisation ;
  • que l’ensemble de l’organisation est concernée, en particulier – mais pas seulement – dans sa dimension gestionnaire ;
  • que c’est bien toute l’activité du site culturel qui est confrontée à la logique du marché, en tant que lieu de rencontre d’une offre et d’une demande : les visites, les expositions, les collections, la programmation, le financement, le personnel.

Cela signifie également qu’un rapprochement s’est opéré avec le monde du loisir, de la consommation et du divertissement ; mais que, pour autant, les sites culturels ne sont pas des entreprises commerciales, s’agissant d’institutions (publiques ou privées) à but non lucratif.

Outre la présentation du concept dans notre livre Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, réédition 2010), nous mentionnerons également un article (Les mutations du management des sites culturels, retour sur le concept d’ »organisation culturelle de marché ») paru dans l’ouvrage collectif Les nouveaux défis du manager public. Conduire le changement, maîtriser la gestion, dynamiser le territoire, coordonné par Henri Mahé de Boislandelle et Isabelle Bories-Azeau : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=30092.

Manager public 2

En voici la présentation :

Cet ouvrage est né d’un colloque organisé à Montpellier par la Faculté d’Administration Économique et Sociale en 2006. L’objectif était de susciter une réflexion sur les nouveaux enjeux du management public en confrontant les approches d’universitaires et de praticiens autour de trois thématiques d’actualité : la conduite du changement dans les organisations publiques ; l’appropriation des outils de gestion par le manager public ; le territoire, nouvel enjeu du management public. Cet ouvrage propose ainsi une centration nouvelle et originale sur le manager public et notamment sur la responsabilisation des cadres dirigeants résultant de la logique managériale introduite par les réformes successives du secteur public.

LA COMUNICACIÓN Y EL MUSEO

Jeudi 8 juillet 2010

Pour nos amis hispanophones, voici la présentation du dernier numéro de la revue de muséologie Mus-A.

Ésta es la premisa que sustenta al número doce de nuestra revista, cuyo dossier está dedicado a la comunicación y el museo. Bienvenido sea el lector.
Hace tiempo que se consideran las exposiciones como un medio de comunicación, con sus características y peculiaridades como soporte de información y mensaje. Hace algo menos que se tiene claro que la dimensión comunicativa en nuestras instituciones las envuelve completamente, impregnando de una u otra forma a todas sus áreas de trabajo y actividad.
Un museo en un enclave geográfico comunica.
Un edificio comunica. Un área de recepción comunica. Sobre sus fondos, exposiciones, actividades y materiales de interpretación y apoyo a la visita… qué decir. La investigación, la conservación, la restauración y la tutela de las colecciones, bien sea por acción o por omisión, también comunican. No es lo mismo que una labor de recuperación patrimonial (desde una incautación hasta una restauración, pasando por una investigación o una nueva adquisición, entre otros) se cuente o que no se cuente. Si se cuenta, el museo construye sociedad; si no se cuenta, se construye el museo al margen de la sociedad.
Este tema no admite componendas, no existen actitudes neutras. El museo y la sociedad es un proceso de comunicación abierto y en marcha.
Si te subes a él e intervienes, te posicionas definiendo un modelo de museo. Si no lo haces, también te posicionas y también defines un modelo de museo.
Por eso, por la cantidad de variables que entran en juego, un museo es ineludiblemente una labor de equipo y requiere de muchas sensibilidades, de muchos tipos de conocimientos (un especialista en comunicación, por ejemplo) y de mucha coordinación. Interdisciplinariedad para construir la forma de estar en sociedad y también, cómo no, para elaborar nuestro producto más conocido y popular: las exposiciones.
En esta labor, las tecnologías de la información y la comunicación constituyen una herramienta de primer orden. Sin embargo, es muy importante que el bosque no nos impida ver los árboles. Las máquinas son siempre instrumentos. Los avances en los modelos de información no son tecnológicos, sino modificaciones en la concepción de la comunicación humana, en cómo se llega a las personas y cuál es la naturaleza de ese contacto, en la forma en la que museo y sociedad se relacionan. Adaptarse a la tecnología no es comprar un nuevo aparato, sino preparar tus recursos y tu mentalidad para responder a un nuevo reto, a una demanda de comunicación en plena evolución.
Del museo como medio de comunicación de masas, de la interdisciplinariedad, del reto ante el nuevo modelo comunicativo y de otras muchas más cosas hablamos a continuación.
Seguimos esperando que os guste.

Notre article s’intitule : Optimizar la promoción y la comunicación de los sitios culturales
(Jean-Michel Tobelem, Director del centro de asesoría cultural Option–Cultura. Francia)

mus-A. REVISTA DE LOS MUSEOS DE ANDALUCÍA

AÑO VIII. Nº 12, MAYO 2010.

Présentation en anglais : http://www.museosdeandalucia.es/cultura/museos/musa_des.jsp?idreg=129.

Bon de commande : http://www.museosdeandalucia.es/cultura/museos/media/docs/PORTAL_boletin_suscripcion_musa.pdf.

Quelle diplomatie d’influence ?

Dimanche 20 juin 2010

Policultures, La lettre des politiques culturelles et artistiques (n° 144, avril 2010), consacre sous ce titre un dossier à la question de la diplomatie culturelle de notre pays, en contrepoint de l’exemple de la Russie et de l’Espagne (http://www.policultures.fr).

Selon son responsable, le journaliste Philippe Pujas, ce dossier vise à répondre aux questions suivantes :

  • Une diplomatie pour quelle influence ?
  • La place de la France dans le monde, son économie, pour laquelle l’image (les images) compte tant ?
  • La défense d’une langue que la France semble négliger quelque peu ?
  • Et vers où chercher de l’influence, alors que l’Europe est délaissée ?

Voir à ce sujet :

et

On y trouvera également une présentation du rapport rédigé par Bernard Plasait pour le compte du Conseil économique, social et environnemental, « Améliorer l’image de la France« , adopté le 9 mars 2010.

Selon Philippe Pujas, « La France s’endort sur des lauriers qui commencent à faner ».

Partagez-vous cette opinion ?

Inaliénabilité des collections

Mardi 15 juin 2010

Notre billet du 12 août 2009 (Peut-on vendre les œuvres des musées ?) annonçait le colloque organisé par musée de Mariemont (Belgique) : http://www.musee-mariemont.be/accueil/activites/colloques/linalienabilite_des_collections.

Nous disposons aujourd’hui d’une publication issue de cette journée d’étude : L’inaliénabilité des collections de musée en question, actes du colloque tenu au musée royal de Mariemont le 28 avril 2009, édités par François Mairesse, éditions du musée de Mariemont (http://www.dessinoriginal.com/2814-l-inalienabilite-des-collections-de-musee-en-question.html).

En voici la présentation :

L’inaliénabilité : un principe indispensable ou à remettre en cause ? Vendre, céder ou détruire des collections de musée peut-il se concevoir ? Selon quelle procédure ? Avec quels bénéfices et quels risques ? Que faire du produit d’une possible vente ? Tous les objets sont-ils égaux face à l’aliénation ? Récemment, plusieurs projets visant à modifier le principe général d’inaliénabilité des collections de musée ont été mis à l’ordre du jour, en France et en Belgique notamment. La question interpelle ; elle rencontre, généralement, un refus catégorique de la part des professionnels de ces pays. En vertu du code de déontologie de l’ICOM pour les musées, le retrait d’un objet des collections, par la cession, la vente ou la destruction ne peut être envisagé que si cela ne porte aucun préjudice à la mission d’intérêt public confiée au musée. Ce principe connaît des applications nuancées d’un pays à l’autre. Ainsi, les textes relatifs aux collections publiques italiennes et espagnoles sont très restrictifs. Aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, les opérations de cession sont autorisées, bien qu’encadrées et limitées. Aliénation versus inaliénabilité, fondements juridiques et jurisprudence de la domanialité publique, expériences belges, néerlandaise et française, autant d’aspects évoqués dans ce volume, qui présente les actes d’un colloque organisé au Musée royal de Mariemont, au mois d’avril 2009, ainsi qu’un certain nombre d’études publiées à la suite de celui-ci.

Notons qu’un colloque s’est tenu au musée du quai Branly sur le même thème les 2 et 3 mars 2010 : L’inaliénabilité des collections publiques, performances et limites ? Le programme de la conférence se trouve à l’adresse suivante : http://www.cecoji.cnrs.fr/article.php3?id_article=206.

On lira également sur le sujet, provenant du blog Muséologique : http://museologique.blogspot.com/2010/05/remise-des-tetes-maories-vers-une.html.

Rappelons enfin l’avis de Didier Rykner sur ce sujet : http://www.latribunedelart.com/une-loi-dangereuse-pour-l-inalienabilite-adoptee-par-le-parlement-article002563.html.

Et vous, quelle est votre position à ce propos ?

« Pompidou attendu comme le messie à Metz »

Jeudi 10 juin 2010

Tel est le titre quelque peu goguenard de l’article que le magazine Télérama (n° 3148, 12 mai 2010), sous la plume de Sophie Cachon, consacre aux grands projets muséaux en région, à l’occasion de l’ouverture du Centre Pompidou-Metz (http://www.telerama.fr/scenes/pompidou-attendu-comme-le-messie-a-metz,55763.php), qui vise une fréquentation de 200.000 visiteurs en vitesse de croisière (après le prévisible succès de son ouverture).

L’affaire paraît en effet entendue : « Grâce à son nouveau musée inauguré demain, Metz espère les mêmes retombées économiques que Bilbao avec le Guggenheim. Un rêve partagé par les villes de Lyon, Marseille et Lens, dont les projets peinent encore à sortir de terre. On ne récoltera vraiment les fruits de l’investissement que dans la seconde partie de la décennie. Pompidou, c’est d’abord ce que l’on en fera. »

C’est donc également l’occasion de faire le point sur les projets du Louvre-Lens, du musée des Confluences à Lyon et du MuCEM à Marseille.

Dans l’article de Nicolas Bastuck et Claire Guillot (« Le Centre Pompidou sera-t-il une manne pour la région ? »), paru dans le supplément du journal Le Monde du 11 mai 2010, une certaine prudence semble toutefois de mise.

  • Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz : « On ne vas faire la révolution économique et sociale à nous seuls. Après Bilbao, une cinquantaine de projets de ce genre ont fleuri dans le monde. Très peu ont réussi. »
  • Thierry Jean, président de l’agence de développement économique de l’agglomération messine : « Le  Centre Pompidou, en soi, est peu générateur de richesses. L’idée, c’est de s’appuyer sur lui pour augmenter l’attractivité de la ville. »
  • Jean-Pierre Masseret, président du Conseil régional de Lorraine : « Il s’agit de changer l’image d’une région qui évoque encore la crise de l’industrie, puis les restructurations militaires. »

Pour aller plus loin :

  • Pour une promenade architecturale, voir : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/actualite/703150-promenade-architecturale-au-centre-pompidou-de-metz.
  • Voir également : http://www.paris-art.com/art-culture-France/Pompidou-Metz:-un-musee-avec-la-vie/Rouille-Andre/315.html.
  • Ainsi que : http://www.louvrepourtous.fr/Centre-Pompidou-Metz-tout-savoir,505.html.
  • Et encore : http://www.latribunedelart.com/ouverture-du-centre-pompidou-metz-article002573.html.

La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs

Vendredi 4 juin 2010

Vient de paraître, sous la direction de Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier, l’ouvrage collectif La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs (L’Harmattan, 2010 ; http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no_revue=&no=30825 ; ISBN : 978-2-296-11324-4 • 226 pages).

L’ouvrage fait suite à un colloque organisé à l’université de Pau en juin 2008 sous le titre : Les deniers de la culture. Le mécénat, nouveau paradigme ?

Il comporte trois parties :

  • LES MUTATIONS DU MODÈLE CULTUREL FRANÇAIS
  • LA CULTURE, NOUVELLE TRIANGULATION, ÉTAT-COLLECTIVITÉS-ENTREPRISES
  • FONDS PRIVES, CONTRAINTES PUBLIQUES, QUELLES RENCONTRES ?

Mécénat 2010En voici la présentation :

La tradition du mécénat d’État a longtemps permis au secteur culturel d’échapper au secteur marchand.

La globalisation de l’économie, la place grandissante de la communication, la consommation culturelle de masse font que le modèle à direction publique est aujourd’hui concurrencé par le modèle de l’entreprise privée et le paradigme libéral.

Souvent confondu avec le parrainage ou avec les fondations, le mécénat avait mauvaise presse. Il pose de fait le délicat problème du statut des dons et de la nécessaire déontologie à observer dans la gestion des équipements culturels.

Ce livre montre que les pratiques commencent à évoluer. La loi de 2003 a aligné la France sur le niveau de ses voisins européens quant à la défiscalisation des dons. Surtout, le mécénat en région permet à de petites entreprises de se grouper pour soutenir des projets originaux.

Le présent ouvrage illustre le changement d’attitude des acteurs à travers trois questionnements :

  • les mutations du modèle culturel français (I),
  • la nouvelle trilogie État-collectivités-entreprises (II),
  • les rencontres inédites entre fonds privés et contraintes publiques (III).

Il concerne tant les professionnels du secteur culturel que les lecteurs attentifs à la mutation fondamentale qui affecte aujourd’hui la culture.

Le titre de notre article est le suivant : « Le modèle américain de financement de la culture est-il transposable à la France ? »

A lire, de Jean-Pierre Allinne : http://www.artclair.com/jda/archives/docs_article/64947/–s-inspirer-du-modele-anglais–.php

A lire, de Renaud Carrier : http://www.actu-cci.com/article/3366/

Gérer un musée municipal

Vendredi 28 mai 2010

Dans Le courrier des maires et des élus locaux (n° 234, avril 2010), Sophie Flouquet consacre un dossier à la question de la gestion d’un musée municipal (http://www.courrierdesmaires.fr/items/Archives%20%28Couvs%20-%20Sommaires%29/cdm234-sommairep04-05.pdf), en interrogeant trois maires à ce sujet :

  • André Rossinot (Nancy), autour de la question du tourisme culturel
  • René Vandierendonck (Roubaix), au sujet du développement urbain
  • et André Laignel (Issoudun), à propos de la mutualisation des équipements

On trouvera également un dossier réalisé par Caroline Lefebvre sur le thème suivant : Médiathèques, comment rester à la page ?

Trois grands questionnements servent de repères :

  • Les pratiques changent, les priorités aussi
  • Lieux de culture, lieux de vie
  • A la conquête de nouveaux publics

S’agissant des mutations des bibliothèques, on se réfèrera utilement au dossier réalisé par Hélène Girard dans La Gazette des communes (n° 24, 15 juin 2009) sous le titre : Bibliothèques, les nouveaux usages bousculent les traditions.

Autrement dit, la gestion des équipements culturels de toute nature est complexe et s’opère dans un environnement en rapide évolution !

L’art dans la mondialisation

Mercredi 5 mai 2010

La revue Questions internationales (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303331600428/) consacre son dernier numéro à la question de la mondialisation de l’art et de la culture, à travers un recueil de contributions comportant nombre d’illustrations et de tableaux bienvenus.

Mondialisation

En voici le sommaire :

- Ouverture. L’art au prisme de la mondialisation (Serge Sur)
- L’évolution du concept d’œuvre d’art (Jean Galard)
- L’extension des lieux de l’art de l’Europe au reste du monde (Thierry Laurent)
- Les grands musées, acteurs des relations internationales ? (Jean-Michel Tobelem)
- La place de Paris dans le marché mondial de l’art et des enchères (Entretien avec François Curiel)
- Le marché de l’art : une mondialisation en trompe-l’œil (Alain Quemin)
- La structure et le fonctionnement du marché mondial de l’art (Muriel De Vrièse)
- Le trafic international des œuvres d’art (Pierre Tabel)
- Les enjeux internationaux liés à la restitution et au retour des œuvres d’art (Édouard Planche)
Questions européennes
- Les nouveaux horizons de la diplomatie turque (Dorothée Schmid)
Regards sur le monde
- Le secrétaire général des Nations Unies : un mode d’élection opaque et contesté (Thérèse Gastaut)
- La guerre économique, du concept à la réalité (Pascal Gauchon et Frédéric Munier)
Histoires de Questions internationales
- Art et diplomatie en Europe : de la Renaissance à la Révolution française (Lucien Bély)
Document de référence
- Vivant Denon et les restitutions de 1815 (extraits)

Questions internationales, L’art dans la mondialisation (n° 42 mars-avril 2010), La Documentation française.

Réf. : 3303331600428, 128 pages, 19×25 cm, ISSN : 1761-714.

Voici, pour nos amis anglophones, le résumé en anglais de notre article proposé par la revue :

Globalisation has radically changed the role played by the world’s great museums. All these cultural institutions have a significant international dimension, whether in the circulation of art works, their legal or financial framework or their communication policies. The developpment of major museum projects abroad is becoming a decisive element in their influence worldwide. The complexity of the cultural, financial, and – often diplomatic – implications of the projects is nonetheless often pointed out and demands greater convergence in the strategy of these players.

Vos réactions concernant ce dossier sont attendues.

Patrimoines en mouvement 3

Lundi 12 avril 2010

Le numéro 231 (mars 2010) de la revue des Vieilles maisons françaises (www.vmfpatrimoine.org) consacre un article au riche patrimoine de la ville de Toulouse, candidate naturelle aux courts séjours (ou city breaks).

Le tourisme urbain se nourrit en effet de monuments, mais aussi de musées, d’événements culturels et sportifs, d’hôtels de caractère, de boutiques rares ou insolites, de restaurants  typiques, de quartiers vivants et d’une pointe de modernité… sans oublier les attraits de la vie nocturne !

VMF Toulouse

Quant à Sophie Flouquet, elle analyse les raisons pour lesquelles les entrées de villes sont devenues « un fléau français » en raison d’une législation insuffisante, mais aussi d’une réglementation peu appliquée.

Sa conclusion : « Les tristes entrées de villes risquent donc d’avoir encore de beaux jours devant elles ! »

Comme s’interrogent du reste les VMF, « est-il cohérent de protéger – parfois de surprotéger – les centres-villes et de se désintéresser de leur développement en périphérie ? Le premier regard sur une ville n’est-il pas porté à partir de ses entrées, trop souvent abandonnées à la spéculation publicitaire et commerciale ? »

Sur le même thème, on pourra également lire l’article de Xavier de Jarcy et Vincent Remy dans le numéro 3135 de Télérama : http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php.

Télérama 1

François Mairesse et « Le musée hybride »

Lundi 22 mars 2010

Doté de connaissances encyclopédiques et d’une érudition sans faille, François Mairesse - directeur du musée royal de Mariemont (http://www.musee-mariemont.be) – est l’un de nos plus importants muséologues, et pas seulement dans l’espace francophone.

A ce titre, chacune de ses publications permet de situer une question dans le temps et dans l’espace, grâce à des considérations à la fois académiques et professionnelles.

Mairesse

La question du don – en relation avec celle de l’Etat et du marché – est au coeur du livre, mais on y trouve également des développements consacrés à la tarification et à l’aliénation d’oeuvres.

Pour un ouvrage appelé à devenir une référence, on regrettera toutefois l’absence d’un index.

Reste qu’il serait dommage de se priver d’une lecture dense, informée et propice à la réflexion sur l’évolution internationale du monde muséal. 

Présentation de l’éditeur (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110078070) :

Le monde des musées et celui de l’économie, avec leurs exigences respectives, cohabitent parfois difficilement. Entre le « Tout État » et le respect de la mission de service public qui lui est attaché et le « tout marché » avec les perspectives d’autofinancement, l’auteur de cet ouvrage a envisagé une autre logique, celle du don, qui ouvre la voie à une gestion d’un nouveau type. Toutefois, comme aucun de ces trois modes de financement ne saurait se suffire à lui-même, il préconise une combinaison de ces trois logiques, prélude à d’autres modes de fonctionnement des musées.

Les rapports public/privé dans la culture

Mercredi 10 février 2010

L’observatoire, la revue des politiques culturelles, consacre un numéro spécial à l’occasion du vingtième anniversaire de l’Observatoire des politiques culturelles de Grenoble (http://www.observatoire-culture.net).

Voici la présentation du dossier, placé sous la direction de Lisa Pignot et Jean-Pierre Saez, intitulé : Des rapports public/privé dans la culture.

Avec les années 1980, une relation nouvelle s’impose dans le débat public, celle qui associe économie et culture. Tandis que la crise économique bat son plein, la France fait le choix d’apporter un soutien accru au champ culturel. Une situation paradoxale se crée alors : d’un côté, le vent de l’idéologie libérale qui souf?e sur la planète tend à imposer sa référence, de l’autre, les politiques publiques de l’État, déjà relayées par les collectivités territoriales, élargissent l’espace culturel soutenu par l’argent public.

OPC

Les contributions portent sur différentes acceptions de la notion de partenariat public-privé : mécénat, économie solidaire, fonds de dotation, etc.

Notre contribution porte le titre suivant : Vers un système muséal à deux vitesses ?

Les réactions à ce dossier sont les bienvenues !

Musée et Cie : bas les masques et tous aux abris !

Mardi 12 janvier 2010

Nous avons annoncé dans notre billet du 17 novembre 2009 la publication du livre de l’Américain Paul Werner : Musée et Cie : globalisation de la culture (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=29955).

À lire d’urgence, cet ouvrage – précédemment publié en anglais – constitue une véritable bombe dans le monde des musées.

Comme un boxeur survolté, mais avec une bonne dose d’humour et une verve rafraîchissante, le dialecticien érudit Werner frappe fort… et ça fait mal à tous les coups !

Et si, nous avertit l’auteur, le musée Guggenheim ne représentait au fond que le dévoilement de la face cachée du musée d’art d’aujourd’hui, pris dans la tourmente des marchés, des flux financiers et des mouvements de capitaux ?

Alors, tous aux abris ou tous prêts à engager une salutaire réflexion sur la signification et les buts des musées contemporains ? Ce sera au lecteur d’en décider.

musee_cie

Plaçant son entreprise de démolition et de déconstruction à l’épicentre des mondes de l’art et du capitalisme, de l’économie et de la philosophie, de la politique et de la sociologie, Paul Werner – en bon disciple de (Groucho) Marx – fait certes trembler le musée sur ses bases.

Mais c’est parce qu’au fond il le place à la hauteur de ses rêves et qu’il n’accepte pas de voir livré cet instrument démocratique aux appétits des affairistes, des spéculateurs et autres pharisiens.

Pour entrer dans le débat, à vos plumes !

Patrimoines en mouvement 2

Mercredi 23 décembre 2009

La revue des vieilles maisons françaises (VMF) consacre son numéro de décembre 2009 au Jura, à travers un dossier portant notamment sur Salins-les-Bains, Château-Chalon, Dole ou encore la villa de Syam.

Dépaysement assuré !

On lira également des articles sur le budget du patrimoine, sur la ville de Vichy ou encore sur les archives privées.

vmf230_Couv.indd

Ce billet nous donne l’occasion de mentionner la refonte du site Internet de l’association (http://www.vmfpatrimoine.org) et de rappeler son rôle.

Créée en 1958 et reconnue d’utilité publique en 1963, elle poursuit trois objectifs :

  • Sauvegarder les patrimoines de qualité, grands et petits, bâtis et paysagers
  • Regrouper les défenseurs de ces patrimoines
  • Encourager la transmission des savoir-faire et la formation des jeunes

Elle dispose pour cela de :

  • près de 20 000 adhérents, propriétaires de demeures anciennes, professionnels du patrimoine et amateurs d’architecture
  • 22 délégations régionales
  • 95 délégations départementales
  • des délégations VMF Jeunes

Dérives commerciales : les musées marchands

Mardi 15 décembre 2009

Sous la plume de la journaliste Marion Rousset, le mensuel Regards (n° 67, décembre 2009) publie un article sur l’évolution de certains grands établissements culturels 

(http://www.regards.fr/archive/issue/?id=91).

Voici son texte d’introduction : 

« Musées et monuments historiques usent et abusent de pratiques commerciales éprouvées dans le privé. Une tendance qui puise aussi sa source dans les contraintes politiques qui pèsent sur eux. Enquête sur les formes contemporaines du management culturel. »

Regards

Parmi les questions abordées :

  • les tarifs
  • les expositions
  • les activités commerciales

A ce propos, le début de la chronique d’Olivier Cena dans l’édition du 16 décembre 2009 de l’hebdomadaire Télérama mérite d’être cité :

« L’entrée en force de l’art (requalifié pour l’occasion de plastique) dans l’industrie culturelle et le développement de cette dernière créent de nouveaux appétits entraînant parfois de nouvelles pratiques. On sait les musées arc-boutés sur les chiffres de fréquentation comme de vulgaires chaînes de télévision, et les expositions de plus en plus spectaculaires et de moins en moins scientifiques qui en découlent. On sait moins les procédés plus discutables consistant, pour les institutions les moins fortunées, à appâter l’amateur par un titre ronflant et deux ou trois oeuvres vedettes (on pourrait dire, comme au cinéma, bankable), cachant en réalité des manifestations très modestes. »

On mentionnera également l’article consacrée par la journaliste Clarisse Fabre (Le Monde du 4 décembre 2009) au Centre Georges Pompidou. Un conservateur déclare :

« Il y a quelques années, la règle était que les expositions à l’étranger devaient être neutres financièrement. Désormais, elles doivent rapporter de l’argent. D’où des opérations blockbuster au Japon ou en Corée, avec des Matisse et des Picasso pour doper les recettes (…) Avant, les expositions grand public [au Centre Pompidou] servaient à programmer des événements plus difficiles d’accès, et à soutenir des artistes émergents. Peu importait, alors, le nombre de visiteurs. Aujourd’hui, on nous pose systématiquement la question : quel potentiel d’entrées ? »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Musée et Cie : globalisation de la culture

Mardi 17 novembre 2009

Le jeudi 26 novembre 2009 de 18h à 20h, la librairie Tekhnê, 7, rue des Carmes 75005 Paris, tél. : 01 43 54 70 84 (tek@club-internet.fr), M° Maubert-Mutualité, vous invite à la conférence de presse de Paul Werner, à l’occasion de la parution en français de l’ouvrage :

Musée et Cie : globalisation de la culture (L’Harmattan). 

musee_cie

Il y a dix ans à peine, le capitalisme global semblait invincible, en plein essor. Parallèlement, le musée Guggenheim s’en présentait comme la face culturelle, agissant en collaboration étroite avec les entreprises et les gouvernements mondiaux dans des projets de musée à New York, à Rio, à Salzburg, à Guadalajara, à Taïwan, à Abu Dhabi. Dix ans plus tard la plupart de ces projets ont été abandonnés, ou le seront bientôt.

Dans le présent ouvrage, publié en anglais en 2006, l’auteur souligne les contradictions et les failles de la vision néo-libérale de la culture telles que les promulguait Tom Krens, directeur du Guggenheim à l’époque.

Mais il ne s’agit pas ici de séparer les « bons » musées traditionnels comme le Louvre des « mauvais » musées comme le Guggenheim.

L’auteur étend en effet sa critique au système muséal dans son ensemble et, par delà, à la pratique et à la pensée du capitalisme tout entier dans le domaine de la culture.

Tout comme la crise économique actuelle n’est pas une simple question de quelques « mauvais » traders, la crise culturelle, elle non plus, n’est pas une simple question de gestion, mais une marque profonde de la crise du capitalisme même. 

 Paul Werner est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art. Exilé de France depuis 1968, il enseigne à la New York University. Il dirige l’Orange Press, maison d’édition alternative, et publie WOID : a journal of visual language. La suite du présent ouvrage, Museum, Think, paraîtra prochainement. 

Tekhné

  • Contact auteur (Paul Werner) : werner@theorangepress.com
  • Contact L’Harmattan (Marianne Ravaud) : marianne.ravaud@harmattan.fr
  • Contact collection Gestion de la culture (Jean-Michel Tobelem) : option.culture@orange.fr

  ISBN : 978-2-296-09996-8 • 74 pages • 10,5 € • novembre 2009

Patrimoines en mouvement 1

Mardi 27 octobre 2009

Le numéro de septembre 2009 de la revue des Vieilles maison françaises (www.vmfpatrimoine.org) consacre un dossier au patrimoine viticole, aux paysages et aux châteaux du bordelais.

Une invitation à la découverte touristique, à la rencontre des arts et à la visite architecturale d’un territoire unique au monde.

VMF

On y trouve en outre une présentation du quartier résidentiel de Tamaris, à la Seyne-sur-Mer (Var), conçu à la fin du XIXème siècle par un personnage haut en couleur, Marius Michel, dit Michel Pacha.

Son architecture orientalisante (mais aussi suisse ou italienne…) mérite assurément d’être préservée, comme en témoigne l’Institut de biologie marine (de l’architecte suisse Paul Page, construit en 1900).

InstitutMichelPacha

La journaliste Sophie Flouquet s’interroge enfin sur le fait de savoir s’il faudrait supprimer les journées du patrimoine !

Plusieurs témoins, dont nous-même, y donnent leur avis :

  • Y a-t-il renouvellement des publics ?
  • Est-ce un instrument de démocratisation ?
  • Cette manifestation bien connue des Français peut-elle trouver un nouveau souffle ?

Tels sont quelques-uns de ses questionnements.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Fréquentation des sites culturels

Jeudi 15 octobre 2009

La dernier numéro de la revue Espaces (n°274, octobre 2009, http://www.revue-espaces.com) est consacré à la fréquentation des sites culturels. Il est dirigé par la spécialiste française du tourisme culturel, Claude Origet du Cluzeau.

Plusieurs articles sont consacrés à la question de l’observation des flux et de la connaissance des visiteurs : comment – autrement – bâtir une politique efficace de développement des publics ?

Voici le texte de présentation du numéro :

L’observation de la fréquentation des sites et événements culturels (musées, châteaux, festivals…) constitue un enjeu tant touristique que culturel. Elle permet, en effet, d’évaluer l’attractivité touristique d’un territoire, ainsi que l’évolution de la demande. Elle est indispensable à la mise en œuvre de la politique de développement des publics de ces sites. Elle est utile, enfin, à leur bonne gestion, en ce qu’elle constitue un outil d’analyse comparée de la performance. Néanmoins, selon que l’on est acteur du tourisme ou acteur de la culture, selon que l’on intervient au niveau local, régional ou national, selon que l’on est gestionnaire de site, organisme de promotion touristique, service de développement économique…, on exprime des besoins différents en termes d’observation de la fréquentation. Pour autant, les systèmes d’observation doivent-ils se multiplier et s’empiler ? L’heure de la mise en place d’un système unique et partagé semble être venue.

Espaces fréquentation

En ce qui nous concerne, le titre de notre contribution est le suivant : « Développer la fréquentation des sites culturels, c’est possible ! »

Vos réactions à la lecture de ce dossier sont attendues avec le plus grand intérêt.

Sociologie du tourisme

Lundi 28 septembre 2009

Portant sur un sujet sur lequel circulent nombre d’idées reçues plus ou moins farfelues, Saskia Cousin (anthropologue) et Bertrand Réseau (sociologue), qui animent un séminaire de recherche sur le tourisme à l’EHESS (Paris), publient un précis informé et argumenté.

On y trouve une abondante bibliographie, qui en fait un réel outil de travail aussi bien qu’un ouvrage de sensibilisation pour ceux qui s’intéressent au phénomène mondial du tourisme (Ed. La Découverte, 2009).

 

Socio tourisme

Les auteurs rappellent que le tourisme renvoie à des représentations contradictoires : stigmatisé en tant qu’individu – le « touriste » – ou comme phénomène – le « tourisme de masse » -, il est désiré par les agents économiques et politiques comme « facteur de développement » ou enchanté sous la forme du « voyage » et de la « rencontre avec l’Autre ».

Ils soulignent par ailleurs la volonté politique de supprimer le tourisme comme secteur autonome de l’administration française

Sur un autre plan, ils invitent fort justement à relativiser l’importance des activités culturelles et sportives dans les vacances des Français !

S’agissant des collectivités locales, ils suggèrent enfin que leur dépendance vis-à-vis de l’industrie du tourisme suscite des modèles de développement pour le tourisme et non par le tourisme.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Les médias en parlent

Mercredi 16 septembre 2009

Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les médias écrits et audiovisuels continuent à s’intéresser à la question de la gratuité dans les musées et les monuments !

Pour notre part, nous avons eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises (en dernier lieu lundi 24 août) à France Inter, France Infos et France Culture (voir la rubrique Actualités du site d’Option Culture : http://option.culture.free.fr), ainsi que dans la presse.

Tarifs

Cela aura eu plusieurs conséquences.

D’une part, nombre d’arguments utilisés par les adversaires de la gratuité n’apparaissent tout simplement plus valides.

D’autre part, en dépit des déclarations du ministère de la Culture, les résultats de l’expérimentation de la gratuité dans les musées et les monuments sont ceux que nous avons décrits depuis plusieurs années (voir notre communiqué de presse sur ce sujet :

http://www.herodote.net/agenda/actu_gratuite_musees_Tobelem.pdf).

La mesure de gratuité (aux conditions précisées par ailleurs) permet d’accueillir davantage de visiteurs, présentant de surcroît un profil plus diversifié !

L’ouvrage La culture mise à prix, la tarification dans les sites culturels propose une analyse large et nuancée, avec des contributions françaises et étrangères de chercheurs et de professionnels, de la question du prix d’accès aux institutions culturelles.

Prix 2 

Partagez-vous cette analyse ?

Le spleen d’Apollon

Lundi 14 septembre 2009

Didier Rykner exerce désormais une vigilance attentive sur l’évolution du monde des musées et du patrimoine, à travers l’action parfois tonitruante du site La Tribune de l’art (http://www.latribunedelart.com).

Mais également par l’entremise de son ouvrage, très documenté, Le spleen d’Apollon. Musées, fric et mondialisation :

Rykner

Professionnels des musées et du patrimoine, quelles sont vos réactions à la lecture de cet ouvrage ?

Culture, tourisme et développement

Samedi 12 septembre 2009

Vous êtes-vous déjà interrogé sur la nature des liens existants entre la culture et le tourisme, mais aussi – plus largement – entre la culture et le développement (des territoires et de la société) ?

Les auteurs réunis dans cet ouvrage, publié sous la direction de Claude Origet du Cluzeau et votre serviteur, proposent des éléments de réponse à une question particulièrement complexe.

En voici le sommaire :

Préface de Rémy Knafou

Première partie : fondements

  • Claude Origet du Cluzeau : Culture, tourisme et développement
  • Jacques Mougey : Quelques considérations générales :
  • Évelyne Lehalle : Quelle stratégie pour le tourisme culturel en France ?

Deuxième partie : applications       

  • Maria Gravari-Barbas : Entre mise en tourisme et affirmation culturelle
  • Brigitte Remer : Alexandrie d’Égypte, entre mythe et réalité     
  • René Caspar : Stratégies culturelles territoriales          
  • Jean-Luc Pouts, avec la coll. de Fabrice Thuriot : Une vallée, une économie, un festival   

Troisième partie : perspectives

  • William Saadé : Éloge d’un tourisme culturel lent       
  • Claude Origet du Cluzeau : Retombées du tourisme : les villes en pointe              
  • Jean-Michel Tobelem : Culture, croissance et développement 

 

61743_cultures.qxp:45215 L'ARME.qxd

Il est en effet aussi facile de décrier la culture comme un secteur improductif relevant avant tout de l’initiative individuelle que de faire des « industries culturelles » le moteur du développement économique contemporain…

Quelle est votre opinion sur ce sujet ?

Mondialisation de la culture

Vendredi 11 septembre 2009

Le groupe de recherche sur les musées et le patrimoine (GRMP) vient de publier un ouvrage intitulé « Patrimoine et mondialisation ».

50626 patrimoine

Avec Aurélie Gosselin, nous y proposons une contribution intitulée : Internationalisation des musées : effet de domination ou coopération culturelle ? Le cas de la fondation Guggenheim et du musée de l’Ermitage.

Cet ouvrage fait suite à une première publication collective sur le thème « Politique et musées ».

 Politique et musée

Le GRMP, fondé par votre serviteur en 1994, regroupe des doctorants et des docteurs, de toutes disciplines, en France et à l’étranger, qui poursuivent des recherches sur les musées et le patrimoine principalement, mais aussi sur d’autres secteurs culturels.

Il fonctionne sous la forme de présentation de travaux, de mises en relation de chercheurs et d’une logique de réseau permettant de s’affranchir des barrières disciplinaires et (au moins pour une part) géographiques.

Le groupe est ouvert et ses activités sont consultables sur le blog : http://grouprecherchmusetpat.blogspot.com/

Mise à contribution pour réédition

Mercredi 9 septembre 2009

L’éditeur Armand Colin souhaite procéder à une réédition de notre ouvrage Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (http://www.espacestemps.net/document1878.html).

Il s’agira bien sûr d’une édition mise à jour et augmentée, pour tenir compte des développements qui se sont produits ces derniers temps dans le monde des musées et du patrimoine.

C’est pourquoi nous serions reconnaissants aux lecteurs du livre de nous faire part de leurs critiques, remarques et autres observations, dans l’objectif d’améliorer la qualité et la pertinence de cet ouvrage.

 

Le nouvel âge

 

A vos plumes donc, pour les courageux volontaires !

Gratuité des sites culturels

Mardi 8 septembre 2009

Le saviez-vous ? 

L’accès au musée des Beaux-Arts de Toulon, ainsi qu’à la villa Noailles de Hyères et aux musées municipaux de Nice, sont gratuits. Sans oublier les musées du Conseil général des Alpes-Maritimes (et de l’Isère).

Villa Noailles

Autrement dit, au-delà des musées municipaux de Paris, Caen, Bordeaux, Châteauroux, Dijon, Mulhouse (musée d’Art et d’Histoire), ou encore Angoulême, il reste des plages de gratuité dans les sites culturels français.

Cette liste est bien sûr à compléter : des suggestions ?

Comme nous l’avons montré en plusieurs occasions, la mesure de gratuité est efficace, si elle s’accompagne en particulier de plusieurs types d’action :

  • une large communication de la mesure de gratuité,
  • le renouvellement régulier de l’attractivité du site
  • et des dispositifs d’accompagnement, d’interprétation et de médiation performants pour accueillir dans de bonnes conditions des publics peu habitués.

Prix 2 

On lira également avec profit l’ouvrage de François Mairesse :

Mairesse prix

Pouvez-vous faire état d’expériences allant dans ce sens ?