Archive pour la catégorie ‘Expositions’

Quels chiffres de fréquentation ?

Vendredi 21 mai 2010

L’importance démesurée prise par les chiffres de fréquentation des grandes institutions culturelles conduit parfois leurs responsables à faire preuve d’une certaine « créativité » (comme on le dit dans le domaine comptable ou financier) à l’égard de leurs résultats dans ce domaine.

C’est alors à celui qui publiera le communiqué de presse le plus enthousiaste.

Problème : les sources sont obscures, l’origine des données n’est pas indiquée, la part des entrées gratuites est imprécise…

Dans ce contexte, le fait que les rapports annuels d’activité ne sont pas publiés ou bien sont retirés après avoir été en ligne pendant de nombreuses années ne laisse pas de créer un certain trouble.

Est-ce le témoignage de l’importance croissante prise par la communication (au sens institutionnel et non pas des actions de médiation), à l’heure où il s’agit de négocier des engagements budgétaires avec les tutelles et de séduire les mécènes ?

Toujours est-il qu’un peu de transparence serait la bienvenue dans ce domaine !

L’absence de recul historique fait en outre perdre de leur crédibilité à nombre de commentaires.

  • A la fin de son mandat, l’ancien directeur d’un musée national s’attribuait ainsi le mérite d’avoir fait franchir un seuil de fréquentation… déjà atteint à deux reprises dans le passé.
  • La fréquentation de l’exposition « Picasso et les maîtres » – 783.000 visiteurs – a été saluée comme un record (ce qui représente bien sûr un grand succès en nombre de visiteurs) alors même que l’exposition Renoir a attiré 793.000 visiteurs en… 1985 !
  • Dans un autre domaine, on crédite le Futuroscope (http://www.futuroscope.com) d’un « spectaculaire redressement » (Les Echos, 4 mai 2010, p. 28), avec 1,7 million de visites en 2009 (un chiffre non négligeable en effet), alors qu’il recevait 2,3 millions de personnes en 2000, il y a 10 ans, et 2,9 millions en 1997 (source, ministère du Tourisme).

C’était le sens de l’article de Léo Pajon (« La guerre des chiffres ») paru dans le numéro d’octobre 2009 d’Arts Magazine (www.artsmag.fr), « Dans cette logique du chiffre, il faut simplement rivaliser avec les cris de triomphe d’établissements concurrents. »

On se référera enfin aux contributions suivantes : http://louvrepourtous.fr/La-frequentation-siliconee-du,479.html et http://www.louvrepourtous.fr/Chateau-de-Versailles-une,496.html.

Vu de votre institution, qu’en pensez-vous ?

Le mythe du lien entre gratuité des musées et cherté des expositions

Lundi 15 mars 2010

On entend fréquemment dire que la gratuité de l’accès aux collections permanentes des musées s’accompagnerait nécessairement d’un renchérissement sensible du prix des expositions.

En réalité, il n’en est rien !

D’une part, certaines institutions payantes n’ont aucunement besoin du prétexte de la gratuité des collections pour pratiquer des prix d’exposition élevés.

D’autre part, certains musées d’accès gratuit pratiquent également la gratuité des expositions temporaires, même les plus prestigieuses et les plus coûteuses à monter, comme les musées (nationaux) de la Smithsonian Institution à Washington D.C.

Smithsonian 1

Dès lors, l’augmentation du prix des expositions et la gratuité d’accès aux collections permanentes des musées sont deux phénomènes distincts qui n’entretiennent pas nécessairement de lien direct de cause à effet !

Avez-vous des témoignages allant dans ce sens ?

De l’intérêt des expositions « populaires » ?

Vendredi 12 mars 2010

Leur nombre  ne cesse d’augmenter… et l’on peut prédire que ce n’est pas fini !

Après Titanic, Star Trek, Gaston Lagaffe, le Seigneur des Anneaux, Disney, La Guerre des étoiles, Tarzan et l’on en passe, voici une exposition consacrée aux jouets Playmobil au musée des Arts décoratifs à Paris.

Titanic

Questions :

  • Est-ce un moyen de mieux diffuser des connaissances à un public peu familier des institutions culturelles ?
  • S’agit-il de faire parler du musée dans les médias ?
  • L’objectif est-il principalement économique ?

Là encore, ne soyons pas bégueules ! Si l’on conserve un équilibre avec les expositions ayant un véritable fondement scientifique et répondant à des enjeux éducatifs, alors pourquoi pas une exposition plus facile d’accès et plus distrayante de temps en temps ?

Disney

Mais si les thèmes dits « crowd pleasers » sont promus avant tout pour des raisons financières, alors il y aurait lieu de s’inquiéter pour la mission culturelle et pédagogique de nos institutions culturelles.

Cf. notre article :

http://www.revue-espaces.com/librairie/4920/expositions-frequentation-musees-musee.html.

Quel est votre avis sur cette question ?

L’événementiel autour des expositions

Mercredi 20 janvier 2010

Cette rencontre a lieu dans le cadre du « Séminaire de muséologie » organisé conjointement par la Cité des sciences et de l’industrie, le Musée des arts et métiers, le Muséum National d’Histoire naturelle et le Palais de la découverte.

Programme

Jeudi 28 janvier 2010 de 14h30 à 17h

Musée des arts et métiers – Cnam – Salle de conférence – 60 rue Réaumur – 75 003 Paris

Accès libre sur inscription (anne.chanteux@cnam.fr)

 L’événementiel autour des expositions

L’objectif est de questionner une pratique qui n’est pas nouvelle mais devient plus visible et qui consiste à accompagner l’ouverture d’une nouvelle exposition de différents événements de durée variable tels que concerts, parades, installations artistiques, spectacles…

 

CNAM

Jean-Michel TOBELEM, directeur d’Option Culture, docteur en gestion, auteur notamment de « Musées et culture, le financement à l’américaine » et « Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion ».

L’événementiel dans les musées : enjeux et perspectives

Le développement des manifestations événementielles autour des expositions soulève plusieurs types d’interrogation : quelles en sont les raisons ? Comment cela influe-t-il sur l’organisation du musée ? Quelles en sont les conséquences prévisibles sur l’image et sur le développement des institutions muséales ? Enfin, au-delà des aspects positifs que représente l’essor de l’événementiel, peut-on mettre en évidence un certain nombre de facteurs de risque ?

André DUBUC, directeur du Centre historique minier de Lewarde

La programmation événementielle comme une cerise sur le gâteau

Si la mission essentielle des musées et des centres de culture scientifique est de donner du sens à des collections et/ou d’apporter au public un éclairage le plus objectif possible sur des questionnements scientifiques, cette mission se concrétise généralement sous forme d’expositions permanentes ou temporaires. C’est ce à quoi le public s’attend d’abord ; c’est son gâteau. Si on lui offre en plus la surprise d’un autre regard, plus subjectif, celui d’un artiste : comédien, danseur, plasticien, musicien… le questionnement peut alors s’enrichir d’un élément nouveau, l’émotion, qui peut elle-même donner un nouvel élan à la réflexion ; c’est la cerise sur le gâteau.

Cécile DUMOULIN, responsable du service de la médiation et de l’accueil, adjointe au directeur des publics, musée du quai Branly, Paris

Créer l’événement : du musée à la cité culturelle

Depuis la fin du XXe siècle, les musées cherchent à entrer en contact avec un public de plus en plus vaste, de plus en plus divers et nombreux, par ailleurs sollicité par une offre de loisir croissante. Dans ce contexte, créer l’événement devient pour ces institutions un enjeu majeur, soulevant de nombreuses questions qui seront explorées à l’aune des expériences tentées par le musée du quai Branly depuis son ouverture : comment concilier communication et médiation ? Une politique événementielle entraîne-t-elle forcément la désacralisation du lieu muséal, et quelles en sont les conséquences ? Les événements sont- ils réellement une manière de « démocratiser » davantage les musées ?

Discussion avec la salle.

Terra Foundation for American Art

Samedi 16 janvier 2010

La Terra Foundation for American Art, basée à Chicago, s’est donnée pour vocation d’encourager l’étude, la compréhension et l’appréciation des arts plastiques des États-Unis d’Amérique. Afin de favoriser le dialogue international sur l’art américain, la fondation soutient et collabore partout dans le monde à des projets innovants et ambitieux d’expositions, de recherche et d’éducation.

Terra Workshops, Janvier-Mai 2010

La Terra Foundation for American Art présente son nouveau programme d’ateliers mensuels consacrés aux travaux récents de jeunes chercheurs dans le domaine des arts visuels des Etats-Unis. Ces séminaires permettent la présentation de travaux en cours, conférences ou articles récemment publiés, recherches, thèses, etc.

Les ateliers, organisés par Jennifer Donnelly et Hélène Valance, anciennes boursières de la fondation, se tiennent au centre parisien de la Terra Foundation.

Pour plus d’information, merci de contacter Ewa Bobrowska : Bobrowska@terraamericanart.eu.

Terra

Vendredi 22 janvier 2010 de 12h à 14h
« The Family of Man » : histoire critique d’une exposition américaine.
Kristen Gresh, doctorante à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris

En 1955, Edward Steichen organise l’exposition monumentale « The Family of Man » au Museum of Modern Art (MoMA) à New York, qui a ensuite voyagé dans le monde entier sous les auspices de la United States Information Agency. L’objectif principal de cette recherche est de retracer les arcanes de cette exposition afin de créer un document de référence dévoilant sa nature concrète. Cette démystification de l’exposition a été conçue à partir de témoignages directs des photographes participants recueillis par l’auteur, complétée par un travail d’analyse de documents d’archives inédits. Ce travail révèle que « The Family of Man », à la fois véritable prouesse de la photographie et arme de propagande, témoigne de toute une chaîne de contacts et de connaissances au sein du monde de la photographie et de la politique, et des croisements entre ces deux mondes.

Le séminaire se déroulera en français.
Entrée libre / Free admission
www.terraamericanart.org/europe

Les prochaines conférences 

26 février 2010, 12h – 14h
Judith Delfiner, université de Paris I Panthéon-Sorbonne
Double-Barrelled Gun : Dada aux États-Unis, 1945-1957 (à paraître, Presses du Réel, 2010)

12 mars 2010, 12h – 14h
Jason LaFountain, Harvard University, Cambridge
« Non-Art », or how to wash the Puritan Mud Man

26 mars 2010, 12h – 14h
Jody Patterson, INHA, Paris
Terra Postdoctoral Teaching Fellow in American Art
Towards a « New Realism » : Modernism, Murals, and Léger’s New York Years, 1931-1945

23 avril 2010, 12h – 14h
Mathilde Arrivé, Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3
« Utterly Lost ? L’Indien et la photographie à l’épreuve de l’(anti-) modernité »,
The North American Indian, Edward Curtis

28 mai 2010, 12h – 14h
Wendy Ikemoto, Courtauld Institute of Art, Londres
Terra Postdoctoral Teaching Fellow in American Art
Across the Pacific : America, Oceania, Art

Terra Foundation for American Art Europe
29 rue des Pyramides
75001 Paris

T. +33 1 43 20 67 01

Dérives commerciales : les musées marchands

Mardi 15 décembre 2009

Sous la plume de la journaliste Marion Rousset, le mensuel Regards (n° 67, décembre 2009) publie un article sur l’évolution de certains grands établissements culturels 

(http://www.regards.fr/archive/issue/?id=91).

Voici son texte d’introduction : 

« Musées et monuments historiques usent et abusent de pratiques commerciales éprouvées dans le privé. Une tendance qui puise aussi sa source dans les contraintes politiques qui pèsent sur eux. Enquête sur les formes contemporaines du management culturel. »

Regards

Parmi les questions abordées :

  • les tarifs
  • les expositions
  • les activités commerciales

A ce propos, le début de la chronique d’Olivier Cena dans l’édition du 16 décembre 2009 de l’hebdomadaire Télérama mérite d’être cité :

« L’entrée en force de l’art (requalifié pour l’occasion de plastique) dans l’industrie culturelle et le développement de cette dernière créent de nouveaux appétits entraînant parfois de nouvelles pratiques. On sait les musées arc-boutés sur les chiffres de fréquentation comme de vulgaires chaînes de télévision, et les expositions de plus en plus spectaculaires et de moins en moins scientifiques qui en découlent. On sait moins les procédés plus discutables consistant, pour les institutions les moins fortunées, à appâter l’amateur par un titre ronflant et deux ou trois oeuvres vedettes (on pourrait dire, comme au cinéma, bankable), cachant en réalité des manifestations très modestes. »

On mentionnera également l’article consacrée par la journaliste Clarisse Fabre (Le Monde du 4 décembre 2009) au Centre Georges Pompidou. Un conservateur déclare :

« Il y a quelques années, la règle était que les expositions à l’étranger devaient être neutres financièrement. Désormais, elles doivent rapporter de l’argent. D’où des opérations blockbuster au Japon ou en Corée, avec des Matisse et des Picasso pour doper les recettes (…) Avant, les expositions grand public [au Centre Pompidou] servaient à programmer des événements plus difficiles d’accès, et à soutenir des artistes émergents. Peu importait, alors, le nombre de visiteurs. Aujourd’hui, on nous pose systématiquement la question : quel potentiel d’entrées ? »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

New Museum, New York

Dimanche 22 novembre 2009

Un article de Deborah Sontag et de Robin Pogrebin paru dans le New York Times du 11 novembre 2009 attire l’attention sur l’un des dangers qui guettent les musées à présent, et peut-être plus encore à l’avenir, comme un rappel de la fameuse exposition « Sensation » du musée d’art de Brooklyn qui avait déjà soulevé une vive controverse.

Les faits sont les suivants :

  • Le New Museum de New York, un espace d’art contemporain qui ne possède pas de collection permanente, a décidé de présenter une exposition d’œuvres issues de la collection de l’un des plus importants collectionneurs d’art contemporain dans le monde, le grec Dakis Joannou (du 3 mars au 6 juin 2010).
  • Ce dernier se trouve être par ailleurs l’un des administrateurs (trustee) du musée.
  • Enfin, le commissariat de l’exposition est confié à l’artiste Jeff Koons, dont le chef d’entreprise grec, l’un de ses plus anciens et importants acheteurs, possède de très nombreuses œuvres.

Sensation

Voilà ainsi réunies un ensemble de circonstances troublantes.

Selon l’association américaine des musées (AAM) en effet, plusieurs critères devraient conduire à s’interroger :

  • lorsqu’une exposition est consacrée à un seul collectionneur,
  • lorsqu’un membre du conseil d’administration du musée (trustee) est concerné,
  • lorsque le commissariat est confié à une personne extérieure à l’institution.

On ajoutera, ainsi qu’y insiste judicieusement Lee Rosenbaum sur son blog (http://www.artsjournal.com/culturegrrl), l’éventuelle participation du collectionneur aux frais induits par l’exposition ou l’attribution au musée d’un soutien concomitant à l’organisation de celle-ci (comme dans l’exposition Armani il y a quelques années au musée Guggenheim).

NewMuseum

Les trois premiers aspects étant réunis dans cette affaire (le dernier point n’est pas éclairci à l’heure actuelle), quels sont les points de vue en présence ?

  • Le collectionneur ne voit pas, quant à lui, de problème particulier.
  • La directrice du musée admet que l’on puisse penser à un conflit d’intérêt.
  • Certains observateurs soulignent que la présentation d’œuvres d’art contemporain dans un musée contribue à accroître leur valeur de marché.
  • D’autres mettent en évidence un risque concernant l’intégrité et la réputation d’impartialité d’une institution publique.
  • D’autres encore, à l’inverse, n’hésitent pas à parler d’un nouveau modèle de partenariat public-privé.

Sur ce sujet, voir également, de Linda Yablonsky : Exhibition raises a potential conflict-of-interest between private collectors and public institutions (http://www.theartnewspaper.com/articles/Controversy-over-New-Museum-s-plans-to-show-trustee-s-collection/19659).

Inutile d’ajouter que la vente d’une œuvre présentée dans l’exposition peu de temps après serait du plus mauvais effet…

D’après vous, les musées français sont-ils à l’abri de problèmes déontologiques de cette nature ?

Grandes expositions

Dimanche 8 novembre 2009

« Accusées de dérive commerciale : les grandes expositions en question ».

Tel est le titre de l’article de Louise Fessard en ligne sur le site de Mediapart

(http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/201009/accusees-de-derive-commerciale-les-grandes-expositions-en-question).

Mediapart

La journaliste aborde cinq thèmes dans son article :

  • Exceptionnel ?
  • Les succès commerciaux ne se font-ils pas au détriment de la qualité artistique ?
  • Que rapportent ces grandes expositions ?
  • Les grandes expositions attirent-elles un nouveau public dans les musées ?
  • Quels sont les prochains grands événements ?

Sur le même sujet on pourra lire notre article :

« Les expositions temporaires. Un outil stratégique pour les musées »

(http://www.revue-espaces.com/carnet/1287.tobelem_jean-michel.html).

N’hésitez-pas à faire part de vos observations sur la question des grandes expositions.

Contre-programmation

Samedi 10 octobre 2009

Inutile d’espérer rivaliser avec TF1 lors de la diffusion d’un match de l’équipe de France de football !

Peut-être vaut-il mieux dans ce cas – lorsque l’on dispose de moyens limités – proposer une contre-programmation qui ne cherche pas à combattre frontalement une offre au succès assuré mais qui a pour objet – à l’inverse – de rassembler ceux qui marquent leur préférence (et ils sont nombreux au total) pour une proposition « différente ».

C’est ce qu’a intelligemment compris le Petit Palais à Paris, qui propose opportunément une rétrospective de l’artiste Pelez (Fernand Pelez, la parade des humbles, 24 septembre 2009 – 17 janvier 2010 : http://www.latribunedelart.com/Expositions/Expositions_2009/Pelez_622.htm).

Expo Pelez

Un peintre fort peu connu mais qui mérite assurément la (re)découverte, comme le suggère le président honoraire du musée du Louvre, Pierre Rosenberg, dans l’avant-propos du catalogue de l’exposition.

Le musée a en effet fort à faire avec au même moment l’événement Renoir au XXe siècle présenté au Grand Palais (une belle exposition au demeurant), qui fait jouer à plein la machine médiatique et cherche à attirer des foules de visiteurs (ce qui n’est pas certain toutefois ; cf. notre billet du 10 août 2009).

Pour notre part, nous aurions accentué le côté décalé de cette programmation du Petit Palais en choisissant un visuel différent ; en puisant par exemple dans les multiples visages poignants d’enfants victimes de la misère au XIXe siècle, la face cachée de la Belle époque.

F. Pelez

D’autant que cette exposition trouve une résonance troublante avec la crise économique et sociale que nous traversons actuellement.

Mentionnons pour mémoire les autres « poids lourds » de cette foisonnante rentrée parisienne conçue sans aucun souci de coordination… : Soulages au Centre Pompidou, Ensor au musée d’Orsay, Teotihuacan au quai Branly,  »Titien, Tintoret, Véronèse… Rivalités à Venise » au Louvre,  »De Byzance à Istanbul » au Grand Palais, etc.

Et vous, pensez-vous que l’effet de contre-programmation peut jouer face à l’exposition Renoir ?

Les expositions temporaires nuisent-elles aux collections permanentes ?

Jeudi 10 septembre 2009

Les expositions temporaires semblent concentrer l’essentiel de l’attention des médias.

Cela s’explique de plusieurs façons : l’importance de la communication, l’attrait de l’événementiel… sans oublier la qualité des contenus !

Rien donc de plus normal que les publics choisissent de se déplacer dans un site culturel à l’occasion d’une exposition.

Expo 1

Reste à préciser dans quelles conditions ce même public pourrait profiter de sa venue pour visiter les collections permanentes.

  • D’une part, l’organisation du circuit de visite peut conduire à « traverser » les collections pour se rendre dans l’exposition temporaire.
  • D’autre part, des renvois peuvent être organisés entre l’exposition et les collections du lieu.
  • Enfin, la politique tarifaire peut y contribuer : un billet commun (sans supplément tarifaire) incite à la visite du fonds permanent ; à l’inverse, un supplément de prix alors même que le billet de l’exposition est déjà élevé peut décourager ceux dont la motivation est limitée.

C’est le risque que prennent certains musées : peut-on considérer qu’avec un billet combiné à 14 euros les visiteurs des expositions temporaires du Louvre sont incités à revoir une partie de ses collections ?

Musées et tourisme 2005

On pourra lire sur ce sujet :

http://www.revue-espaces.com/librairie/4920/expositions-frequentation-musees-musee.html.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Arras et la culture

Jeudi 20 août 2009

La ville d’Arras n’est pas seulement connue pour ses magnifiques places et son important patrimoine architectural ainsi que, plus récemment… pour son festival de rock !

La récente visite de l’exposition « Bonaparte et l’Égypte », conçue par l’Institut du monde arabe et présentée jusqu’à l’automne 2009 au musée des Beaux-Arts, est l’occasion d’attirer l’attention sur l’ambition culturelle de la ville, exprimée dans son projet de création d’un pôle culturel autour de l’abbaye Saint-Vaast.

bonaparte_arras

Outre le musée, ce « quartier des arts » regroupera les institutions suivantes : médiathèque, conservatoire de musique, de danse et d’art dramatique, trésor de la cathédrale.

On y trouvera également des salles d’exposition temporaire, un auditorium, une salle d’histoire locale et une cafétéria. On mentionnera également, à proximité, le théâtre d’Arras, l’hôtel de Guines et la maison Robespierre.

Pour les responsables locaux, il s’agit aussi de profiter de l’effet « Louvre-Lens » !

Cela vous donne-t-il envie de vous rendre à Arras toutes affaires cessantes ?

Un providentiel Renoir ?

Lundi 10 août 2009

La Réunion des musées nationaux espère rééditer le succès de l’exposition « Picasso et les maîtres » en proposant une rétrospective des dernières années du peintre Renoir : la prise de risque ne semble pas excessive.

Les images du maître de l’impressionnisme figurent en effet dans toutes les chaumières françaises (voire internationales), sur des boîtes de chocolat, des reproductions et des cartes postales diverses.*

Renoir RMN 

Le seuil d’équilibre étant fixé à 350 000 visiteurs (l’exposition Picasso ayant accueilli quant à elle près de 800 000 personnes à Paris), on peut prédire un large succès !

Partagez-vous ce point de vue ?

Source : L’Expansion, été 2009.

Le paradoxe des conservateurs

Mercredi 5 août 2009

Les conservateurs du patrimoine sont chargés par la collectivité publique de conserver – pour l’éternité… – les oeuvres des musées dont ils ont la charge.

Or, certains d’entre eux défendent désormais l’idée qu’il est acceptable de faire circuler des oeuvres contre rétribution financière, en dehors des exceptions admises au principe de la gratuité de la mise à disposition entre institutions muséales.

Rappelons que ces cas sont les suivants :

  • fermeture temporaire du musée,
  • exposition organisée par le musée d’un pays en voie de développement (les recettes de l’exposition servant à la sauvegarde du patrimoine du pays)
  • et conception d’une exposition pour le compte d’un organisme à but lucratif (grand magasin, journal, etc.).

Il y a là un danger : qui empêchera la représentation nationale de considérer que les musées peuvent désormais subvenir à leurs besoins, puisqu’il leur « suffit » de louer leurs oeuvres au plus offrant !

Qu’en pensez-vous ?

L’escalade des prix

Lundi 3 août 2009

Insidieusement (rappelez-vous le paradoxe de la grenouille qui meurt à petit feu…), les grandes institutions augmentent leurs tarifs de 0,5 à 1 euro chaque année : résultat des courses, des prix d’entrée qui deviennent excessifs.

Quelques exemples : 11 euros au Grand Palais, 12 euros au Centre Georges Pompidou (même pour voir une installation d’art contemporain à la galerie 315), 14 euros au Louvre (pour visiter l’exposition temporaire et les collections permanentes), et même 15 euros au château de Versailles pour l’exposition « Fastes de cour et cérémonies royales » !

 Fastes de cour Versailles

Nous avons eu plusieurs fois l’occasion d’attirer l’attention sur le risque que cette escalade des prix fait courir à la mission d’accueil du public le plus large.

Désormais, le constat est là : certaines personnes renoncent à la visite de musées ou d’expositions ou encore réduisent la fréquence de leurs visites… (http://www.les-cercles.fr/arts/musees/musees-d-art/1023-gratuite-des-musees-et-des-monuments-une-reussite).

Connaissez-vous des exemples allant dans ce sens dans votre entourage ?