Archive pour la catégorie ‘USA’

La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs

Vendredi 4 juin 2010

Vient de paraître, sous la direction de Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier, l’ouvrage collectif La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs (L’Harmattan, 2010 ; http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no_revue=&no=30825 ; ISBN : 978-2-296-11324-4 • 226 pages).

L’ouvrage fait suite à un colloque organisé à l’université de Pau en juin 2008 sous le titre : Les deniers de la culture. Le mécénat, nouveau paradigme ?

Il comporte trois parties :

  • LES MUTATIONS DU MODÈLE CULTUREL FRANÇAIS
  • LA CULTURE, NOUVELLE TRIANGULATION, ÉTAT-COLLECTIVITÉS-ENTREPRISES
  • FONDS PRIVES, CONTRAINTES PUBLIQUES, QUELLES RENCONTRES ?

Mécénat 2010En voici la présentation :

La tradition du mécénat d’État a longtemps permis au secteur culturel d’échapper au secteur marchand.

La globalisation de l’économie, la place grandissante de la communication, la consommation culturelle de masse font que le modèle à direction publique est aujourd’hui concurrencé par le modèle de l’entreprise privée et le paradigme libéral.

Souvent confondu avec le parrainage ou avec les fondations, le mécénat avait mauvaise presse. Il pose de fait le délicat problème du statut des dons et de la nécessaire déontologie à observer dans la gestion des équipements culturels.

Ce livre montre que les pratiques commencent à évoluer. La loi de 2003 a aligné la France sur le niveau de ses voisins européens quant à la défiscalisation des dons. Surtout, le mécénat en région permet à de petites entreprises de se grouper pour soutenir des projets originaux.

Le présent ouvrage illustre le changement d’attitude des acteurs à travers trois questionnements :

  • les mutations du modèle culturel français (I),
  • la nouvelle trilogie État-collectivités-entreprises (II),
  • les rencontres inédites entre fonds privés et contraintes publiques (III).

Il concerne tant les professionnels du secteur culturel que les lecteurs attentifs à la mutation fondamentale qui affecte aujourd’hui la culture.

Le titre de notre article est le suivant : « Le modèle américain de financement de la culture est-il transposable à la France ? »

A lire, de Jean-Pierre Allinne : http://www.artclair.com/jda/archives/docs_article/64947/–s-inspirer-du-modele-anglais–.php

A lire, de Renaud Carrier : http://www.actu-cci.com/article/3366/

Time to break the taboo about financing US culture

Samedi 30 janvier 2010

Pour nos amis anglophones, un article publié précédemment sur le site Culture virale (http://culturevirale.free.fr), qui prend une nouvelle actualité avec la crise économique.

Certain observers of American museums (see for instance A. Ellis, The Art Newspaper, March 2004) have made the recommendation that American museums, based on their current financial situations, loosen rules on deaccessioning (a concept foreign to European cultural organisations; in France, for example, a museum’s ownership of the works of art in its collections is inalienable and indefeasible; museums are not allowed to sell or to give away a work, nor to let it be taken away.)  But doesn’t this suggestion open a Pandora’s Box, giving way to a series of potentially major consequences that are difficult to foresee?

Inarguably, it is necessary to think creatively about ways of diversifying museums’ income. Their expenses are increasing, while sources of revenue – earned income, public funding and private donations – remain stable or decrease. However, doesn’t Mr. Ellis’ proposal reinforce the temptation faced by museum trustees to find a new source of revenue by selling a part, albeit tiny, of the collections that their institutions hold in public trust? Above all, does this focus on deaccessioning not neglect the consideration of other solutions that might be equally worth exploring?

Drapeau US

We could, for example, think about increasing public funding, not only from the federal government, but also from local government, i.e. cities and states, which in the United States is currently very low compared to European standards.

Our point is not to discuss the respective merits of cultural industries, private philanthropy and the free market to optimize the creation, conservation and distribution of cultural goods. Let’s simply recall that in France there is such a thing as a “public service of culture,” embodied by the Ministry of Culture and by a strong commitment at the various levels of local government to improve access to cultural heritage and new artistic productions -  a purpose worthy of government intervention.

Europeans and Americans hold diverging views of what constitutes the general interest, a difference which has enormous implications for the public funding of culture. However, the American public should be aware that an example such as the size of California’s cultural budget, consisting of only a few million dollars, is viewed with disbelief by European politicians, civil servants and cultural leaders, considering that California is the seventh richest “state” in the world and a massive exporter of creative industries.

Europeans recognize and admire the excellence and prestige of American museums, so they are all the more sorry when they see American museums obliged to reduce their programmes and cut staff facing difficult economic climates. The objections raised by American professionals of culture can easily be foreseen: public funding of cultural activities seems to present dangers of censorship and increased bureaucracy.

These risks do exist, but public funding in the US is currently so low that it seems unlikely that they could pose a serious threat in the foreseeable future. On the contrary, would not such an influx of funding encourage risk-taking by artists and foster new artistic creation? After all, a significant number of American musicians, dancers, and artists in the visual and performing arts have found a temporary or permanent home in Europe in response to lack of adequate support in their own country.

As has frequently been demonstrated, Europe and the US undoubtedly have a lot to learn from each other. Now, with examples of deaccessioning on the rise, it may be time to question the taboo of public funding of the arts in the US and to explore new sources of funding by the government. In our view, this option would better preserve what ultimately justifies museums’ existence – the objects and works of art that they present to the public.

Terra Foundation for American Art

Samedi 16 janvier 2010

La Terra Foundation for American Art, basée à Chicago, s’est donnée pour vocation d’encourager l’étude, la compréhension et l’appréciation des arts plastiques des États-Unis d’Amérique. Afin de favoriser le dialogue international sur l’art américain, la fondation soutient et collabore partout dans le monde à des projets innovants et ambitieux d’expositions, de recherche et d’éducation.

Terra Workshops, Janvier-Mai 2010

La Terra Foundation for American Art présente son nouveau programme d’ateliers mensuels consacrés aux travaux récents de jeunes chercheurs dans le domaine des arts visuels des Etats-Unis. Ces séminaires permettent la présentation de travaux en cours, conférences ou articles récemment publiés, recherches, thèses, etc.

Les ateliers, organisés par Jennifer Donnelly et Hélène Valance, anciennes boursières de la fondation, se tiennent au centre parisien de la Terra Foundation.

Pour plus d’information, merci de contacter Ewa Bobrowska : Bobrowska@terraamericanart.eu.

Terra

Vendredi 22 janvier 2010 de 12h à 14h
« The Family of Man » : histoire critique d’une exposition américaine.
Kristen Gresh, doctorante à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris

En 1955, Edward Steichen organise l’exposition monumentale « The Family of Man » au Museum of Modern Art (MoMA) à New York, qui a ensuite voyagé dans le monde entier sous les auspices de la United States Information Agency. L’objectif principal de cette recherche est de retracer les arcanes de cette exposition afin de créer un document de référence dévoilant sa nature concrète. Cette démystification de l’exposition a été conçue à partir de témoignages directs des photographes participants recueillis par l’auteur, complétée par un travail d’analyse de documents d’archives inédits. Ce travail révèle que « The Family of Man », à la fois véritable prouesse de la photographie et arme de propagande, témoigne de toute une chaîne de contacts et de connaissances au sein du monde de la photographie et de la politique, et des croisements entre ces deux mondes.

Le séminaire se déroulera en français.
Entrée libre / Free admission
www.terraamericanart.org/europe

Les prochaines conférences 

26 février 2010, 12h – 14h
Judith Delfiner, université de Paris I Panthéon-Sorbonne
Double-Barrelled Gun : Dada aux États-Unis, 1945-1957 (à paraître, Presses du Réel, 2010)

12 mars 2010, 12h – 14h
Jason LaFountain, Harvard University, Cambridge
« Non-Art », or how to wash the Puritan Mud Man

26 mars 2010, 12h – 14h
Jody Patterson, INHA, Paris
Terra Postdoctoral Teaching Fellow in American Art
Towards a « New Realism » : Modernism, Murals, and Léger’s New York Years, 1931-1945

23 avril 2010, 12h – 14h
Mathilde Arrivé, Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3
« Utterly Lost ? L’Indien et la photographie à l’épreuve de l’(anti-) modernité »,
The North American Indian, Edward Curtis

28 mai 2010, 12h – 14h
Wendy Ikemoto, Courtauld Institute of Art, Londres
Terra Postdoctoral Teaching Fellow in American Art
Across the Pacific : America, Oceania, Art

Terra Foundation for American Art Europe
29 rue des Pyramides
75001 Paris

T. +33 1 43 20 67 01

Crise de la culture américaine

Vendredi 15 janvier 2010

Depuis le déclenchement de la crise mondiale, le secteur culturel est particulièrement touché aux Etats-Unis d’Amérique : pourquoi ?

Comme nous l’avons montré dans notre ouvrage sur le modèle américain de financement de la culture (Musées et culture, le financement à l’américaine, PUL), le système fonctionne bien en période de prospérité mais tous les voyants virent au rouge en même temps en période de récession :

  • les financements publics, déjà très faibles, sont menacés ;
  • les revenus des fondations diminuent ;
  • les dons des entreprises sont réduits ; 
  • quant aux ressources propres des institutions culturelles, elles souffrent également d’une réduction du nombre de visiteurs ou de spectacteurs et d’une baisse des dépenses effectuées par ces derniers dans les boutiques et les restaurants ;
  • enfin – et nous y reviendrons – les  »endowments » (dotations en capital) voient également leur pouvoir d’achat diminuer… 

Musées US 2

De quoi faire réfléchir n’est-ce pas, même s’il ne s’agit pas de nier par ailleurs le réel dynamisme des institutions culturelles des Etats-Unis d’Amérique ?

Musée et Cie : bas les masques et tous aux abris !

Mardi 12 janvier 2010

Nous avons annoncé dans notre billet du 17 novembre 2009 la publication du livre de l’Américain Paul Werner : Musée et Cie : globalisation de la culture (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=29955).

À lire d’urgence, cet ouvrage – précédemment publié en anglais – constitue une véritable bombe dans le monde des musées.

Comme un boxeur survolté, mais avec une bonne dose d’humour et une verve rafraîchissante, le dialecticien érudit Werner frappe fort… et ça fait mal à tous les coups !

Et si, nous avertit l’auteur, le musée Guggenheim ne représentait au fond que le dévoilement de la face cachée du musée d’art d’aujourd’hui, pris dans la tourmente des marchés, des flux financiers et des mouvements de capitaux ?

Alors, tous aux abris ou tous prêts à engager une salutaire réflexion sur la signification et les buts des musées contemporains ? Ce sera au lecteur d’en décider.

musee_cie

Plaçant son entreprise de démolition et de déconstruction à l’épicentre des mondes de l’art et du capitalisme, de l’économie et de la philosophie, de la politique et de la sociologie, Paul Werner – en bon disciple de (Groucho) Marx – fait certes trembler le musée sur ses bases.

Mais c’est parce qu’au fond il le place à la hauteur de ses rêves et qu’il n’accepte pas de voir livré cet instrument démocratique aux appétits des affairistes, des spéculateurs et autres pharisiens.

Pour entrer dans le débat, à vos plumes !

Endowment ou fonds de dotation ?

Vendredi 18 décembre 2009

Comme annoncé précédemment, nous revenons sur la question de l’endowment.

Il s’agit là d’un outil de capitalisation des dons qui devrait être considéré comme un instrument supplémentaire dans la panoplie des techniques de collecte de fonds.

S’agissant de la tendance au développement de la philanthropie (phénomène explicité dans nos ouvrages), il convient d’en mesurer les avantages et les inconvénients.

L’intérêt est de pouvoir intéresser des donateurs potentiels au devenir à long terme d’une institution (culturelle en l’occurrence) et de pouvoir compter sur des revenus réguliers, du moins lorsque les fonds sont gérés « en bon père de famille ».

L’inconvénient réside dans les conséquences d’une baisse de la valeur des actifs en cas de crise financière.

C’est précisément le cas actuellement aux États-Unis d’Amérique où, après avoir fortement progressé dans la dernière décennie, de nombreux endowments ont vu leur valeur décroître de plus de 20% (de la même façon que les universités ou les fondations, du reste).

Autrement dit, un outil à prendre en considération pour les grandes institutions, mais à la condition de ne pas lâcher la proie pour l’ombre : le financement public de la culture – à l’européenne – conserve quand même de sérieux atouts !

À l’heure où le droit français importe cette technique à travers les « fonds de dotation » (à l’instar du musée du Louvre avec l’argent d’Abu Dhabi), nous aurons l’occasion d’animer un atelier sur ce thème avec Jérôme Kohler, spécialiste du mécénat, des fondations et de la philanthropie, lors du SIMESITEM.

En voici la présentation (http://www.simesitem.fr/ateliers/2010/jeudi) :

Le fonds de dotation : Endowment à la française ou fonds de collecte ?

L’atelier répondra aux questions suivantes. L’endowment (ou fonds de dotation) : pour qui, pourquoi, comment ?
La récente création de « fonds de dotation » par loi du 4 août 2008, sur le modèle des endowments américains, a donné lieu à un premier cas d’utilisation par le musée du Louvre. Selon la loi, « le fonds de dotation est une personne morale de droit privé à but non lucratif qui reçoit et gère, en les capitalisant, des biens et droits de toute nature qui lui sont apportés à titre gratuit et irrévocable et utilise les revenus de la capitalisation en vue de la réalisation d’une &oeliguvre ou d’une mission d’intérêt général ou les redistribue pour assister une personne morale à but non lucratif dans l’accomplissement de ses &oeliguvres et de ses missions d’intérêt général. » Le fonds de dotation bénéficie en outre d’un processus de création très simple, peut être contrôlé par ses fondateurs et dispose d’une grande souplesse dans la gestion de la dotation, qui peut être évolutive et consomptible.
La question est donc posée aux établissements culturels : faut-il créer un fonds de dotation, à quoi cela sert-il, quelles sont les conditions à prendre en compte, peut-il constituer un outil efficace pour le mécénat et la collecte de fonds ? Telles seront les interrogations auxquels Jean-Michel Tobelem (Option Culture) et Jérôme Kohler (L’Initiative philanthropique) apporteront des réponses concrètes.
Le sujet des endowments est abordé dans deux ouvrages de Jean-Michel Tobelem, docteur en gestion : Musées et culture, le financement à l’américaine et Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion.
Jérôme Kohler est spécialiste du mécénat, des fondations et de la philanthropie. Avec son associé Yannick Blanc, il a créé plus de 17 fonds de dotation sur les 70 existants.

Pour s’inscrire (gratuitement, sur réservation) : http://www.simesitem.fr/simesitem/preenregistrement

Crise des institutions culturelles américaines

Mercredi 25 novembre 2009

Comme on le sait, l’actuelle crise économique, sociale et financière touche durement les institutions culturelles des États-Unis d’Amérique : gel des embauches, voire réductions de personnel, diminution des ressources, programmation réduite, report, voire annulation de certains événements, etc.

Un exemple concret nous est fourni par le Los Angeles County Museum of Art (LACMA), l’une des grandes institutions muséales de la côte Ouest.

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Comme l’indique le Los Angeles Times du 21 novembre 2009 (latimes.com/entertainment/news/arts/la-et-lacma21-2009nov21,0,538204.story), la valeur de l’endowment (ou dotation en capital) du musée est passée de 255 millions de dollars à moins de 200 millions, soit une perte de 23%.

(Pour ceux que ce sujet intéresse, nous animerons un atelier sur le thème des endowments / fonds de dotation au prochain salon SIMESITEM, en janvier 2010, http://www.simesitem.fr.)

Quant à la collecte de fonds annuelle (auprès des particuliers, des fondations et des entreprises), elle n’a permis de récolter que 29 millions de dollars contre 130 millions de dollars l’année précédente.

Dans le même temps, le musée doit faire face à une augmentation du coût de ses emprunts.

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Seule consolation, la fréquentation a progressé, passant de 825 000 à 853 000 personnes, en partie sous l’effet de l’ouverture au public du Broad Contemporary Art Museum.

Des remarques ou des observations ?

New Museum, New York

Dimanche 22 novembre 2009

Un article de Deborah Sontag et de Robin Pogrebin paru dans le New York Times du 11 novembre 2009 attire l’attention sur l’un des dangers qui guettent les musées à présent, et peut-être plus encore à l’avenir, comme un rappel de la fameuse exposition « Sensation » du musée d’art de Brooklyn qui avait déjà soulevé une vive controverse.

Les faits sont les suivants :

  • Le New Museum de New York, un espace d’art contemporain qui ne possède pas de collection permanente, a décidé de présenter une exposition d’œuvres issues de la collection de l’un des plus importants collectionneurs d’art contemporain dans le monde, le grec Dakis Joannou (du 3 mars au 6 juin 2010).
  • Ce dernier se trouve être par ailleurs l’un des administrateurs (trustee) du musée.
  • Enfin, le commissariat de l’exposition est confié à l’artiste Jeff Koons, dont le chef d’entreprise grec, l’un de ses plus anciens et importants acheteurs, possède de très nombreuses œuvres.

Sensation

Voilà ainsi réunies un ensemble de circonstances troublantes.

Selon l’association américaine des musées (AAM) en effet, plusieurs critères devraient conduire à s’interroger :

  • lorsqu’une exposition est consacrée à un seul collectionneur,
  • lorsqu’un membre du conseil d’administration du musée (trustee) est concerné,
  • lorsque le commissariat est confié à une personne extérieure à l’institution.

On ajoutera, ainsi qu’y insiste judicieusement Lee Rosenbaum sur son blog (http://www.artsjournal.com/culturegrrl), l’éventuelle participation du collectionneur aux frais induits par l’exposition ou l’attribution au musée d’un soutien concomitant à l’organisation de celle-ci (comme dans l’exposition Armani il y a quelques années au musée Guggenheim).

NewMuseum

Les trois premiers aspects étant réunis dans cette affaire (le dernier point n’est pas éclairci à l’heure actuelle), quels sont les points de vue en présence ?

  • Le collectionneur ne voit pas, quant à lui, de problème particulier.
  • La directrice du musée admet que l’on puisse penser à un conflit d’intérêt.
  • Certains observateurs soulignent que la présentation d’œuvres d’art contemporain dans un musée contribue à accroître leur valeur de marché.
  • D’autres mettent en évidence un risque concernant l’intégrité et la réputation d’impartialité d’une institution publique.
  • D’autres encore, à l’inverse, n’hésitent pas à parler d’un nouveau modèle de partenariat public-privé.

Sur ce sujet, voir également, de Linda Yablonsky : Exhibition raises a potential conflict-of-interest between private collectors and public institutions (http://www.theartnewspaper.com/articles/Controversy-over-New-Museum-s-plans-to-show-trustee-s-collection/19659).

Inutile d’ajouter que la vente d’une œuvre présentée dans l’exposition peu de temps après serait du plus mauvais effet…

D’après vous, les musées français sont-ils à l’abri de problèmes déontologiques de cette nature ?

Musée et Cie : globalisation de la culture

Mardi 17 novembre 2009

Le jeudi 26 novembre 2009 de 18h à 20h, la librairie Tekhnê, 7, rue des Carmes 75005 Paris, tél. : 01 43 54 70 84 (tek@club-internet.fr), M° Maubert-Mutualité, vous invite à la conférence de presse de Paul Werner, à l’occasion de la parution en français de l’ouvrage :

Musée et Cie : globalisation de la culture (L’Harmattan). 

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Il y a dix ans à peine, le capitalisme global semblait invincible, en plein essor. Parallèlement, le musée Guggenheim s’en présentait comme la face culturelle, agissant en collaboration étroite avec les entreprises et les gouvernements mondiaux dans des projets de musée à New York, à Rio, à Salzburg, à Guadalajara, à Taïwan, à Abu Dhabi. Dix ans plus tard la plupart de ces projets ont été abandonnés, ou le seront bientôt.

Dans le présent ouvrage, publié en anglais en 2006, l’auteur souligne les contradictions et les failles de la vision néo-libérale de la culture telles que les promulguait Tom Krens, directeur du Guggenheim à l’époque.

Mais il ne s’agit pas ici de séparer les « bons » musées traditionnels comme le Louvre des « mauvais » musées comme le Guggenheim.

L’auteur étend en effet sa critique au système muséal dans son ensemble et, par delà, à la pratique et à la pensée du capitalisme tout entier dans le domaine de la culture.

Tout comme la crise économique actuelle n’est pas une simple question de quelques « mauvais » traders, la crise culturelle, elle non plus, n’est pas une simple question de gestion, mais une marque profonde de la crise du capitalisme même. 

 Paul Werner est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art. Exilé de France depuis 1968, il enseigne à la New York University. Il dirige l’Orange Press, maison d’édition alternative, et publie WOID : a journal of visual language. La suite du présent ouvrage, Museum, Think, paraîtra prochainement. 

Tekhné

  • Contact auteur (Paul Werner) : werner@theorangepress.com
  • Contact L’Harmattan (Marianne Ravaud) : marianne.ravaud@harmattan.fr
  • Contact collection Gestion de la culture (Jean-Michel Tobelem) : option.culture@orange.fr

  ISBN : 978-2-296-09996-8 • 74 pages • 10,5 € • novembre 2009