Archive pour la catégorie ‘Patrimoine’

Urbanisme, villes créatives, Abu Dabi

Dimanche 5 septembre 2010

La revue Urbanisme (n° 373, juillet-août 2010, http://www.urbanisme.fr/issue/report.php?code=373&code_menu=149#article711) consacre un dossier au thème : « Villes créatives ?« 

On lira à ce propos l’éditorial du directeur, Thierry Paquot, « Villes créatives ? Un cocktail aux ingrédients subtils » : http://www.urbanisme.fr/issue/report.php?code=373&code_menu=EDITO#article709.

Voici le sommaire de la revue :

La ville créative pour qui ?

C’est dans son best-seller académique The Rise of the Creative Class que Richard Florida pose les fondements d’un modèle de développement territorial dont nombre d’élus nord-américains se réclameront durant la première décennie du XXIe siècle. L’universitaire – devenu “consultant” – y défend l’idée que le dynamisme économique des villes états-uniennes est directement lié à leur capacité d’accueil des populations qu’il qualifie de “créatives”. Ludovic Halbert, chercheur au CNRS, université Paris-Est, LATTS, propose un bilan critique et s’interroge : est-ce une idée neuve, est-ce une idée utile, et surtout, comment dépasser les contradictions internes d’une ville construite pour la classe créative ?

Équipements culturels et villes créatives

Les nouveaux équipements culturels occupent une place singulière dans le positionnement de nombre de villes dans le monde. Ce sont rarement des bibliothèques, des conservatoires ou des centres d’archives, plus généralement des salles de spectacles et surtout des musées.

Jean-Michel Tobelem, directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture, analyse la place de ces équipements culturels dans le développement des villes, dans un contexte où la notion de “créativité” – dont il convient d’apprécier la portée véritable – semble jouer désormais un rôle prépondérant.

Le musée Soulages à Rodez : une révolution culturelle ?

Pour Rodez, discrète préfecture de l’Aveyron, l’ouverture du musée Soulages fin 2012 – accompagnée de celle d’un multiplexe, puis du réaménagement du site de l’ancien hôpital – constituera un vrai bouleversement urbain, mais aussi l’occasion d’un repositionnement culturel et touristique.

Enquête d’Antoine Loubière.

Dole, l’attrait d’un patrimoine partagé

Avec ses 26 000 habitants, Dole, “ville d’art et d’histoire”, ne conçoit son avenir que dans le cadre de sa communauté d’agglomération (41 communes pour 50 000 habitants). Le plan d’aménagement Dole 2010-2025 couvre ainsi l’ensemble de ce territoire, du vaste secteur historique sauvegardé en centre-ville jusqu’aux quartiers de “seconde périphérie” , avec une grande attention portée à la qualité et au confort environnementaux. Une “ville éco-citoyenne”, selon la formule de son maire.

Reportage, par Annie Zimmermann, journaliste.

Cluny 2010

Ce programme de festivités et événements culturels, lancé dans le Jura en septembre 2009 et qui se terminera fin 2010, célèbre le 1 100e anniversaire de la création de l’abbaye de Cluny, à l’origine d’un mouvement réformateur initié en France puis étendu à plusieurs pays d’Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Suisse, Grande-Bretagne) avec un réseau total de 1 400 filiales. C’est en effet des monastères jurassiens de Baume-les-Messieurs et de Grigny que seraient partis, en 909-910, douze moines, pour fonder, sous l’autorité de l’abbé Bernon, la Maior Ecclesia. La Fédération des sites clunisiens est maître d’œuvre de cette manifestation d’envergure : visites, spectacles, concerts, expositions, ateliers, conférences, colloques, rencontres, marches, rallyes, etc. sont l’occasion de (re)découvrir la richesse du patrimoine clunisien, sous sa forme bâtie, artistique, culturelle et spirituelle.

Dis-moi qui est la plus créative…

Sous l’effet des politiques incitatives de l’Europe, l’économie créative s’invite aussi dans les capitales européennes de la culture. Tandis que la Ruhr l’érige en ressort exemplaire de sa mutation, les métropoles françaises oscillent entre l’acculturation, le zèle ou l’exploration de voies de soutien à la création plus inédites.

Enquête, par Françoise Moiroux, journaliste.

Les capitales européennes de la culture : des villes créatives ?

Une génération s’est écoulée depuis le lancement de la première “ville européenne de la culture”, Athènes, en 1985. Vingt-cinq ans après, comment et en quoi cette opération a-t-elle évolué, qu’apporte-t-elle aux villes sélectionnées et quel bilan peut-on en dresser ?

Historique et analyse par Boris Grésillon, maître de conférences en géographie (Université de Provence et UMR Telemme).

Signalons, dans le numéro précédent, notre article intitulé « Lire une image : Le Louvre à Abu Dabi » (http://www.urbanisme.fr/issue/magazine.php?code=372&section=INTER).

Pour finir, que pensez-vous de la notion d’industries, de régions et/ou de villes « créatives » ?

Montages public-privé

Samedi 28 août 2010

Montages public-privé & tourisme

Cahier Espaces n° 105, juin 2010, 150 pages

http://www.revue-espaces.com/librairie/7765/montages-public-prive-tourisme.html

Voici la présentation du dernier numéro des Cahiers Espaces consacré aux relations entre opérateurs publics et privés dans les secteurs du tourisme et de la culture, une large place étant accordée à la notion de « délégation de service public ».

Pas plus que l’on peut délocaliser le tourisme peut-on envisager de le développer sans soutien public, ne serait-ce que pour créer les infrastructures de transport ou pour valoriser le patrimoine (naturel ou culturel). Le tourisme est, en effet, un secteur dans lequel l’intervention publique est forte par nature.

La question se pose alors de savoir qui, du public ou du privé, est le mieux à même de gérer les équipements appartenant aux collectivités, avec des approches différentes selon que l’objet de ces équipements est strictement touristique (remontées mécaniques, campings, offices de tourisme…) ou qu’il ne l’est que partiellement (monuments historiques, musées, piscines sportives et ludiques, bases de plein air et de loisirs…).

Force est de constater que, plus qu’à des débats de fond opposant libéralisme à interventionnisme, on assiste à des « phénomènes de mode » en faveur de tel ou tel type de montage. Au-delà des tendances et inévitables effets de balancier en faveur de tel ou tel montage juridico-financier, la question du partenariat public-privé est complexe, et pas seulement sur le plan juridique ! Chaque cas est un cas particulier qui s’analyse en fonction des objectifs fixés à l’équipement, mais aussi en fonction de sa taille, de sa complexité, de la taille de la collectivité qui le soutient, de ses ressources humaines… Le dogmatisme en la matière n’a pas de sens. Ni en faveur d’une gestion publique, ni en faveur d’une gestion privée, ni d’ailleurs en faveur d’un montage mixte.


Sommaire

1. Partenariat public-privé • Une réflexion à mener

2. Montage juridique • L’embarras du choix

3. Gestion publique • Un mode d’exploitation performant

4. Gestion privée des équipements sportifs • Vingt ans d’expérience

5. Gestion privée des sites culturels • Un essor récent

Notre contribution est la suivante :

La gestion privée des sites culturels. Une fausse solution à des problèmes mal posés ?

En matière de sites et équipements culturels, un nombre croissant d’élus sont conduits à utiliser différentes formes d’implication du secteur privé, estimant que la gestion publique ne permet pas de faire face aux multiples impératifs auxquels ils sont confrontés.Si le statut juridique ne doit pas devenir un handicap pour le développement d’un site culturel ou touristique, le choix de ce dernier ne résout pas à lui seul tous les problèmes. La qualité du projet et de la vision stratégique, la compétence et la qualification des personnels, ainsi que l’efficacité du management et des instruments de gestion sont au cœur de la réussite. Une réussite qui n’est pas donc pas liée uniquement au mode de gestion.S’agissant de la gestion publique, il est possible, pour pallier les difficultés de la régie simple, d’autonomiser la gestion de l’équipement culturel en le dotant d’un budget, distinct de celui de la collectivité publique, voire de personnaliser sa gestion en lui conférant de surcroît la personnalité morale.

http://www.revue-espaces.com/librairie/7768/montage-public-prive-dsp-delegation-service-public.html

http://www.revue-espaces.com/carnet/1287.tobelem_jean-michel.html

Musée de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris

Mercredi 11 août 2010

Comment une grande organisation, dotée de moyens humains, techniques et financiers significatifs (un budget supérieur à 6 milliards d’euros par an et plus de 90.000 employés), une institution sans but lucratif de surcroît, peut-elle décider de supprimer un musée bénéficiant de l’appellation « Musée de France » (http://www.aphp.fr/index.php?module=musee&action=fo_accueil&vue=fo_accueil) ?

Certes, les temps sont difficiles pour le secteur sanitaire, social et de la santé publique.

La nécessité d’une gestion rigoureuse – dans l’intérêt bien compris des citoyens – est légitime.

Pour autant, il est difficile d’imaginer que la fermeture de ce remarquable musée, dont la rénovation est attendue depuis longtemps mais qui propose des expositions temporaires de grande qualité, puisse résoudre de quelque manière que ce soit les difficultés – réelles – de financement de l’AP-HP.

C’est surtout méconnaître que le musée possède la capacité de jouer un rôle de premier plan sur le plan culturel, mais également de la formation, de la sensibilisation aux questions de  soin et d’éthique médicale et de la communication interne et externe.

Les responsables de l’établissement auraient donc tort de se priver d’un outil de premier ordre pour la réalisation même de certaines de ces missions essentielles de l’AP-HP et pour contribuer à son rayonnement.

Sans oublier la cohésion interne, le brassage des professions administratives, para-médicales et médicales, l’implication des citoyens, le travail avec les associations de malades et… la politique de mécénat et de collecte de fonds.

Ayant eu à nous pencher récemment sur ce sujet, nous ne pouvons qu’encourager la direction de l’AP-HP à prendre connaissance dans la sérénité des propositions concrètes et réalistes qui lui ont été faites à cette occasion : sans tabou, toutes les hypothèses ont en effet été examinées (y compris… celle de la fermeture du musée ! pour l’écarter bien entendu après un examen approfondi de ses implications).

Notre conclusion : cet établissement – qui peut sans doute rechercher des partenaires pouvant accompagner son développement – est utile, nécessaire, voire indispensable à l’heure où la médecine et la santé posent des questions inédites au corps social.

S’agissant d’autres aspects de la question, nous renvoyons aux enquêtes de la Tribune de l’art (http://www.latribunedelart.com/musees-en-danger-4-le-musee-de-l-assistance-publique-article002700.html)

et du site Louvrepourtous (http://www.louvrepourtous.fr/Sauvons-le-musee-des-Hopitaux-de,577.html).

Et vous, comment réagissez-vous ?

PS : ce cas exemplaire constitue l’occasion de rappeler qu’une approche « managériale » des questions culturelles ne s’oppose nullement à la reconnaissance des « valeurs » (y compris touristiques, économiques, de communication et de contribution à la « politique de marque ») dont sont porteurs les musées et – d’une manière générale – les institutions culturelles. Puisse chacun en prendre rapidement conscience.

Location d’espace 1

Mardi 10 août 2010

Après un article du Journal du Dimanche (Marie Nicot, Les soirées privées dans les salles d’exposition se multiplient, 25 mars 2007) et du Parisien (Catherine Balle, Les musées parisiens se renflouent à coups de soirées privées, 22 janvier 2010), le Nouvel économiste consacre un article à la question de l’événementiel et de l’utilisation des espaces des équipements culturels lors de soirées privées (Valérie Auribault, Soirées privées, L’événement, pour créer du buzz mais aussi du lien, n° 1508, 11-17 février 2010 : http://www.nouveleconomiste.fr/s1508/DOS-Evenementiel.html).

Le point de départ de ces articles : les équipements culturels ont besoin d’argent et l’événementiel a le vent en poupe, à travers en particulier les soirées privées dans des lieux prestigieux.

De plus, certaines grandes institutions culturelles l’inscrivent dans une politique plus générale de mécénat, dans le cadre d’une plus grande autonomie de gestion issue du statut d’établissement public.

Les avantages pour les sites culturels qui louent des espaces sont de plusieurs ordres :

  • Une ressource propre supplémentaire
  • L’occasion de toucher de nouveaux publics
  • Un premier pas possible pour des entreprises tentées par le mécénat
  • Une inscription dynamique dans un territoire

Un an… déjà !

Dimanche 1 août 2010

Il y a un an, nous vous proposions un nouveau site de discussion, le blog d’Option Culture (http://option.culture.free.fr), consacré à la gestion et au développement des sites culturels.

Voici ce que nous disions alors.

Vous avez dit management des sites culturels ?

Eh oui, comme toute organisation, les musées, monuments, sites archéologiques, « maisons », centres de culture scientifique et autres centres d’interprétation ont besoin d’être gérés !

De là, deux possibilités : soit l’on considère que le mode de gestion qui peut trouver à s’y appliquer n’est guère différent de la gestion que l’on enseigne dans les écoles de commerce ou les instituts d’administration.

Soit – et le lecteur aura deviné que c’est notre position – l’on considère qu’il convient de développer une approche spécifique des institutions culturelles pour tenir compte de nature particulière de leurs missions (conservation, recherche, éducation, diffusion…).

Nous ferons donc part ici des réflexions issues de nos diverses expériences : consultant, chercheur et enseignant.

Bien entendu, loin de défendre une position dogmatique, celles-ci seront ouvertes à la discussion avec les lecteurs de ce blog !

Voici, à titre d’illustration, quelques-uns des sujets que nous aborderons dans les prochains « posts » : expositions, philanthropie, tarification, stratégie, mondialisation, marketing, formation, mécénat, financement, tourisme, architecture…

Un an après on peut constater que ces thèmes ont été abordés à travers une centaine de billets, mais d’autres sujets également, le tout formant un ensemble composite autour des questions relatives à l’évolution du monde de la culture.

C’est désormais le moment de s’adresser à vous, à l’écoute de vos remarques et de vos suggestions.

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (5)

Jeudi 22 juillet 2010

Pour clore cette série de billets, rappelons qu’à travers le concept d’« organisation culturelle de marché », nous avons souhaité montrer  :

  • que nombre de musées, de monuments et autres sites culturels ne sont pas seulement entrés dans une logique de modernisation et de rationalisation ;
  • que l’ensemble de l’organisation est concernée, en particulier – mais pas seulement – dans sa dimension gestionnaire ;
  • que c’est bien toute l’activité du site culturel qui est confrontée à la logique du marché, en tant que lieu de rencontre d’une offre et d’une demande : les visites, les expositions, les collections, la programmation, le financement, le personnel.

Cela signifie également qu’un rapprochement s’est opéré avec le monde du loisir, de la consommation et du divertissement ; mais que, pour autant, les sites culturels ne sont pas des entreprises commerciales, s’agissant d’institutions (publiques ou privées) à but non lucratif.

Outre la présentation du concept dans notre livre Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, réédition 2010), nous mentionnerons également un article (Les mutations du management des sites culturels, retour sur le concept d’ »organisation culturelle de marché ») paru dans l’ouvrage collectif Les nouveaux défis du manager public. Conduire le changement, maîtriser la gestion, dynamiser le territoire, coordonné par Henri Mahé de Boislandelle et Isabelle Bories-Azeau : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=30092.

Manager public 2

En voici la présentation :

Cet ouvrage est né d’un colloque organisé à Montpellier par la Faculté d’Administration Économique et Sociale en 2006. L’objectif était de susciter une réflexion sur les nouveaux enjeux du management public en confrontant les approches d’universitaires et de praticiens autour de trois thématiques d’actualité : la conduite du changement dans les organisations publiques ; l’appropriation des outils de gestion par le manager public ; le territoire, nouvel enjeu du management public. Cet ouvrage propose ainsi une centration nouvelle et originale sur le manager public et notamment sur la responsabilisation des cadres dirigeants résultant de la logique managériale introduite par les réformes successives du secteur public.

Le coût de la fin de la gratuité des musées à Caen

Mercredi 30 juin 2010

On reste interrogatif devant les arguments avancés par la municipalité de Caen (Calvados) pour justifier la fin de la gratuité des musées municipaux de la ville de Caen (musée des Beaux-Arts et musée de Normandie), alors même que l’entrée du Mémorial de la Paix reste fixée à… 17,50 euros !

  • Premier point, ce n’est pas une affaire d’argent selon le maire, qui déclare à ce sujet : « On ne fait pas ça pour récupérer de l’argent, mais pour mettre en place une politique publique efficace, agir sur le fond des choses » (Virginie Jamin, Ouest France, 5 juin 2010). Mais comme le souligne le journaliste de Libération Samuel Madar : « Difficile d’imaginer [en effet] que ceux qui ne venaient pas au musée lorsque celui-ci était gratuit s’y rendront quand il sera payant. » (http://www.liberation.fr/culture/0101640532-caen-les-musees-redeviennent-payants)
  • Deuxième point, la mesure serait peu efficace. Pourtant, la fréquentation des collections permanentes du musée des Beaux-Arts est passé de 39 334 visiteurs en 2004 à 45 007 en 2009 et celle du musée de Normandie de 40 122 à 62 871 !
  • Troisième point, selon la mairie « les recettes générées devraient être de 30 à 40 000 euros. Elles permettront de mettre en place une politique publique d’accès à la culture plus solidaire et de développer des actions de médiation pour aller au devant des publics les plus éloignés de la culture. » Autrement dit, les mesures de médiation et d’aide à la visite que doit prendre toute institution muséale en application de la loi sur les Musées de France sont conditionnées… aux recettes de billetterie !
  • Quatrième point, la mairie indique que la gratuité « favorisait surtout la fréquentation des touristes mais n’a pas permis d’élargir sociologiquement le public des visiteurs caennais », mais elle n’indique pas sur quels éléments d’évaluation elle fonde son appréciation…

Le communiqué de presse accompagnant la mesure suggère à cet égard une interprétation erronée des résultats de l’expérimentée conduite par le ministère de la Culture dans 14 musées et monuments en 2009 en laissant entendre que « la gratuité a d’abord constitué un effet d’aubaine pour les publics les plus favorisés et pour les touristes ».

Car la réalité est toute différente, comme l’indiquent les citations suivantes extraites des résultats de cette expérimentation (http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cetudes-09_2.pdf) :

  • « Qu’il s’agisse du public déjà familier des musées et plus encore des primo-visiteurs, l’effet accélérateur sur la démocratisation de l’accès aux institutions muséales est manifeste.»
  • « Des résultats peu équivoques attestent d’une portée sociale de la mesure de gratuité, démontrent son succès auprès des catégories dont les pratiques culturelles sont peu ou moyennement importantes, mettent en lumière l’effet de levier de la gratuité sur la formation de la familiarité avec les musées et monuments. »
  • « La gratuité a d’abord mobilisé les étudiants et les visiteurs des catégories populaires, ceux dont les liens avec la culture sont relativement distendus et la familiarité avec les musées et monuments peu considérables. »
  • « Les visiteurs les moins familiers estiment que cette mesure a été un déclencheur de leur visite. »

Conclusion : la mairie de Caen, en revenant sur la décision de la précédente municipalité, n’a sans doute pas conscience du coût – culturel, mais aussi financier – de cette mesure.

En se privant d’un instrument efficace de politique culturelle (à des conditions que nous avons eu l’occasion d’exposer à plusieurs reprises ; cf. http://www.louvrepourtous.fr/La-gratuite-des-musees-vue-par,241.html, ou http://www.herodote.net/agenda/actu_gratuite_musees_Tobelem.pdf, ou encore http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/tout-a-t-il-ete-dit-concernant-la-43916), elle néglige le fait que certaines personnes vont renoncer à leur visite et d’autres en réduiront la fréquence, sans oublier que cette mesure aura un coût sur le plan administratif, organisationnel et des ressources humaines !

Enfin, la venue d’un nombre plus important de visiteurs avait l’avantage d’offrir l’occasion d’un développement des recettes à la boutique et à la cafétéria, sans négliger les autres sources de recettes que sont le mécénat et la location d’espace…

Et vous, comment réagissez-vous de votre côté ?

Inaliénabilité des collections

Mardi 15 juin 2010

Notre billet du 12 août 2009 (Peut-on vendre les œuvres des musées ?) annonçait le colloque organisé par musée de Mariemont (Belgique) : http://www.musee-mariemont.be/accueil/activites/colloques/linalienabilite_des_collections.

Nous disposons aujourd’hui d’une publication issue de cette journée d’étude : L’inaliénabilité des collections de musée en question, actes du colloque tenu au musée royal de Mariemont le 28 avril 2009, édités par François Mairesse, éditions du musée de Mariemont (http://www.dessinoriginal.com/2814-l-inalienabilite-des-collections-de-musee-en-question.html).

En voici la présentation :

L’inaliénabilité : un principe indispensable ou à remettre en cause ? Vendre, céder ou détruire des collections de musée peut-il se concevoir ? Selon quelle procédure ? Avec quels bénéfices et quels risques ? Que faire du produit d’une possible vente ? Tous les objets sont-ils égaux face à l’aliénation ? Récemment, plusieurs projets visant à modifier le principe général d’inaliénabilité des collections de musée ont été mis à l’ordre du jour, en France et en Belgique notamment. La question interpelle ; elle rencontre, généralement, un refus catégorique de la part des professionnels de ces pays. En vertu du code de déontologie de l’ICOM pour les musées, le retrait d’un objet des collections, par la cession, la vente ou la destruction ne peut être envisagé que si cela ne porte aucun préjudice à la mission d’intérêt public confiée au musée. Ce principe connaît des applications nuancées d’un pays à l’autre. Ainsi, les textes relatifs aux collections publiques italiennes et espagnoles sont très restrictifs. Aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, les opérations de cession sont autorisées, bien qu’encadrées et limitées. Aliénation versus inaliénabilité, fondements juridiques et jurisprudence de la domanialité publique, expériences belges, néerlandaise et française, autant d’aspects évoqués dans ce volume, qui présente les actes d’un colloque organisé au Musée royal de Mariemont, au mois d’avril 2009, ainsi qu’un certain nombre d’études publiées à la suite de celui-ci.

Notons qu’un colloque s’est tenu au musée du quai Branly sur le même thème les 2 et 3 mars 2010 : L’inaliénabilité des collections publiques, performances et limites ? Le programme de la conférence se trouve à l’adresse suivante : http://www.cecoji.cnrs.fr/article.php3?id_article=206.

On lira également sur le sujet, provenant du blog Muséologique : http://museologique.blogspot.com/2010/05/remise-des-tetes-maories-vers-une.html.

Rappelons enfin l’avis de Didier Rykner sur ce sujet : http://www.latribunedelart.com/une-loi-dangereuse-pour-l-inalienabilite-adoptee-par-le-parlement-article002563.html.

Et vous, quelle est votre position à ce propos ?

Dialogues transatlantiques en histoire de l’art

Mardi 18 mai 2010

Dialogues transatlantiques en histoire de l’art / Paris, 20 – 21 mai 2010

L’Institut national d’histoire de l’art, l’Ecole normale supérieure et l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense organisent, en collaboration avec la Terra Foundation for American Art, des journées d’études sur le thème des dialogues transatlantiques en histoire de l’art. Elles  réuniront des chercheurs européens et américains étudiant divers aspects de l’art et la culture des Etats-Unis. La discipline de l’histoire de l’art opère souvent dans un cadre national, et plus encore lorsqu’il s’agit du domaine de l’histoire de l’art américain. Le but de cet événement est d’ouvrir le dialogue sur les manières dont les échanges interculturels se manifestent aussi bien dans la culture que dans la recherche. Autour d’une série de présentations et de discussions informelles, ces journées d’études créeront une plateforme d’échanges sur la recherche et les méthodologies actuelles qui mettent en avant les dialogues internationaux.

Renseignements : 01 43 20 67 01

Jeudi 20 Mai – Institut national d’histoire de l’art, Salle Vasari – 2, rue Vivienne, 75002 Paris

10:00–10:15     Introduction

Jody Patterson, Terra Foundation Teaching Fellow in American Art, Institut national d’histoire de l’art, Ecole Normale Supérieure, and Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, Paris

10:15–10:45      Opening Remarks

Eric de Chassey, Director, Académie de France à Rome – Villa Medici

10:45–11:15       Anglo-American: American Art and British Art Studies

David Peters Corbett, York University

11:15–11:45        Crossing the Interval with Pendant Paintings

Wendy Ikemoto, Terra Foundation Teaching Fellow in American Art, Courtauld Institute of Art, London

11:45–12:15        New International Perspectives on ‘The Family of Man’

Kristen Gresh, PhD, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

12:15–13:00      Discussion

13:00-14:00      Lunch

Cafeteria, Institut national d’histoire de l’art

14:00–14:30     The German Connection: Expressionism in Germany and the U.S. Before World War I

Angela Miller, University of Washington, St Louis, and Terra Foundation Visiting Professor in American Art, Institut national d’histoire de l’art

14:30–15:00     Paris-Berlin-New York: A Three-Way Collaboration Against War in April 1917

David Lubin, Wake Forest University, Terra Foundation Visiting Professor in American Art, John F. Kennedy-Institute, Freie Universität Berlin

15:00–15:15       Coffee

15:15–15:45        Pop macht frei! American Pop Art and the German People

Catherine Dossin, Purdue University, West Lafayette, Indiana

15:45–16:15       Discussion

Vendredi 21  mai  – Terra Foundation for American Art Europe – 29, rue des Pyramides, 75001 Paris

10:00–10:30    Opening Remarks

Philippe Bordes, Directeur du département des études et la recherche, Institut national de l’histoire de l’art

10:30–11:00     L’artiste-économiste, une perspective transatlantique

Sophie Cras, Ecole Normale Supérieure

11:00–11:30      Art and Politics: The Great Divide?

Warren Carter, University College London

11:30–12:00     The Wall as Painting. Mark Rothko’s Italian Journeys

Riccardo Venturi, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense

12:00–12:30     Paris art dealers and the American market: cultural misunderstandings (1945-1970)

Julie Verlaine, Université de Caen Basse-Normandie

12:30–13:00     Discussion

13:00–14:30     Lunch

Cafeteria, Institut national d’histoire de l’art

14:30–15:00     Expatriate Art Historian; Negotiating National Identities

Katherine Bourguignon, Terra Foundation for American Art Europe

15:00–15:30     What to do with Design? Transatlantic Perspectives in Museum Display

Jennifer A. Donnelly, doctoral student, Université Paris Diderot -– Paris 7

15:30–16:00     La France et les Etats-Unis, quelles relations muséales ?

Le Louvre-Atlanta et le FRAME : deux cas distincts d’échanges

Grichka Redjala, masters student, Université Sorbonne Nouvelle -– Paris 3

16:00–16:30    Généalogie du postmodernisme (USA -Europe) : la question des échanges manqués

Annie Claustres, Université Lumière Lyon 2

16:30–17:30      Discussion

17:30 Reception

L’art dans la mondialisation

Mercredi 5 mai 2010

La revue Questions internationales (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303331600428/) consacre son dernier numéro à la question de la mondialisation de l’art et de la culture, à travers un recueil de contributions comportant nombre d’illustrations et de tableaux bienvenus.

Mondialisation

En voici le sommaire :

- Ouverture. L’art au prisme de la mondialisation (Serge Sur)
- L’évolution du concept d’œuvre d’art (Jean Galard)
- L’extension des lieux de l’art de l’Europe au reste du monde (Thierry Laurent)
- Les grands musées, acteurs des relations internationales ? (Jean-Michel Tobelem)
- La place de Paris dans le marché mondial de l’art et des enchères (Entretien avec François Curiel)
- Le marché de l’art : une mondialisation en trompe-l’œil (Alain Quemin)
- La structure et le fonctionnement du marché mondial de l’art (Muriel De Vrièse)
- Le trafic international des œuvres d’art (Pierre Tabel)
- Les enjeux internationaux liés à la restitution et au retour des œuvres d’art (Édouard Planche)
Questions européennes
- Les nouveaux horizons de la diplomatie turque (Dorothée Schmid)
Regards sur le monde
- Le secrétaire général des Nations Unies : un mode d’élection opaque et contesté (Thérèse Gastaut)
- La guerre économique, du concept à la réalité (Pascal Gauchon et Frédéric Munier)
Histoires de Questions internationales
- Art et diplomatie en Europe : de la Renaissance à la Révolution française (Lucien Bély)
Document de référence
- Vivant Denon et les restitutions de 1815 (extraits)

Questions internationales, L’art dans la mondialisation (n° 42 mars-avril 2010), La Documentation française.

Réf. : 3303331600428, 128 pages, 19×25 cm, ISSN : 1761-714.

Voici, pour nos amis anglophones, le résumé en anglais de notre article proposé par la revue :

Globalisation has radically changed the role played by the world’s great museums. All these cultural institutions have a significant international dimension, whether in the circulation of art works, their legal or financial framework or their communication policies. The developpment of major museum projects abroad is becoming a decisive element in their influence worldwide. The complexity of the cultural, financial, and – often diplomatic – implications of the projects is nonetheless often pointed out and demands greater convergence in the strategy of these players.

Vos réactions concernant ce dossier sont attendues.

Stock options (suite)

Samedi 1 mai 2010

Rassurons les lecteurs candides ou ceux peu familiers de la tradition des canulars et autres plaisanteries du 1er avril : il n’y avait rien de vrai (espérons-le du moins…) dans notre billet portant sur les stock options dans le secteur culturel !

Mais si cette annonce a été prise au sérieux par certains, de même que les poissons d’avril de La Tribune de l’art (http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html) ou du Louvrepourtous (http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html), on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là quelque chose d’inquiétant concernant l’avenir des musées et des monuments dans notre pays.

Sur le mode de la boutade, nous touchons par conséquent au sujet sensible d’institutions culturelles qui sont progressivement placées au centre d’enjeux économiques, politiques, diplomatiques… et de pouvoir.

En effet, comme l’indique Sophie Flouquet dans le Journal des Arts (n° 322, 2-16 avril 2010), « les établissements publics culturels sont aujourd’hui l’enjeu de luttes de pouvoir inimaginables il y a encore une dizaine d’années ».

Qui l’eût dit, qui l’eût cru ?

Quelles ressources pour le patrimoine ?

Lundi 26 avril 2010

Récemment visité sous la conduite de son directeur, Olivier Rousseau (par ailleurs docteur du muséum national d’Histoire naturelle), le château d’Andrézieux-Bouthéon (http://www.chateau-boutheon.com) offre l’occasion de réfléchir aux ressources des musées et des monuments.

Le domaine de Bouthéon, dans le département de la Loire, a la chance de pouvoir se développer depuis quelques années dans un environnement favorable du point de vue concurrentiel et des bassins de chalandise, en dépit d’une accessibilité réduite du fait de sa situation en centre-ville.

Le fait de proposer une offre aux multiples composantes, s’adressant à des publics aux intérêts divers et répondant aux attentes des différents membres de la famille constitue dans ce cas un avantage : des animaux pour les enfants, un centre d’interprétation et un aquarium pour toute la famille, un parc et un jardin pour les amoureux de la nature, des expositions et de nombreuses manifestations événementielles pour susciter des visites régulières de la population résidante.

Parvenir à susciter un niveau raisonnable de ressources propres suppose de combiner plusieurs sources de financement, en particulier les recettes de billetterie et celles provenant de la boutique (nous y reviendrons dans de prochains billets).

Le domaine d’Andrézieux-Bouthéon a quant à lui l’avantage de pouvoir proposer en outre une offre très développée de location de salles pour des séminaires, réunions et autres rassemblements d’entreprises ou d’associations, ce qui se justifie du fait de la présence d’une importante zone industrielle et de la proximité de grandes agglomérations (Saint-Étienne en particulier).

Reste à proposer une offre de restauration, légère et limitée à la haute saison éventuellement, pour répondre à la fois aux besoins des publics et créer de nouvelles sources de revenus. Cela s’impose en particulier lorsque les visiteurs peuvent rester plusieurs heures dans un site et qu’il n’est pas commode de sortir du domaine pour s’offrir un rafraîchissement ou une friandise… voire plus.

Notre suggestion, pour finir : veiller à une certaine forme d’authenticité pour ce qui a trait au patrimoine (restauration du bâti ancien et implantation de constructions vernaculaires) et… prévoir un change-bébé !

Patrimoines en mouvement 3

Lundi 12 avril 2010

Le numéro 231 (mars 2010) de la revue des Vieilles maisons françaises (www.vmfpatrimoine.org) consacre un article au riche patrimoine de la ville de Toulouse, candidate naturelle aux courts séjours (ou city breaks).

Le tourisme urbain se nourrit en effet de monuments, mais aussi de musées, d’événements culturels et sportifs, d’hôtels de caractère, de boutiques rares ou insolites, de restaurants  typiques, de quartiers vivants et d’une pointe de modernité… sans oublier les attraits de la vie nocturne !

VMF Toulouse

Quant à Sophie Flouquet, elle analyse les raisons pour lesquelles les entrées de villes sont devenues « un fléau français » en raison d’une législation insuffisante, mais aussi d’une réglementation peu appliquée.

Sa conclusion : « Les tristes entrées de villes risquent donc d’avoir encore de beaux jours devant elles ! »

Comme s’interrogent du reste les VMF, « est-il cohérent de protéger – parfois de surprotéger – les centres-villes et de se désintéresser de leur développement en périphérie ? Le premier regard sur une ville n’est-il pas porté à partir de ses entrées, trop souvent abandonnées à la spéculation publicitaire et commerciale ? »

Sur le même thème, on pourra également lire l’article de Xavier de Jarcy et Vincent Remy dans le numéro 3135 de Télérama : http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php.

Télérama 1

Les stock options autorisées pour les directeurs d’institutions culturelles !

Jeudi 1 avril 2010

De sources concordantes généralement bien informées, proches des services de la présidence, nous apprenons que le gouvernement s’apprête à autoriser – sous conditions – le versement de stock options (ou « options sur titres ») pour des directeurs d’institutions culturelles.

Plusieurs exigences seraient toutefois prévues :

  • le montant des stock options ne pourra excéder un million d’euros au total
  • leur versement ne sera pas autorisé avant une période de 5 ans
  • la somme versée sera bien sûr soumise aux impôts (y compris l’ISF) et aux cotisations sociales

Dans la pratique, pourront prétendre au versement de ces stock options les directeurs d’institutions culturelles (théâtres, maisons d’opéra, musées, bibliothèques, centres d’archives, etc.) qui auront fait progresser la fréquentation de plus de 10% par an pendant trois ans, n’auront connu aucun conflit social et auront accru leurs ressources propres (billetterie, locations de salle, mécénat…) de 5% en moyenne chaque année.

L’objectif, bien entendu, est d’accroître la performance des institutions culturelles, d’intéresser leurs responsables aux résultats obtenus et d’encourager la poursuite du rapprochement entre le monde de la culture et celui des entreprises.

Alors que certaines voix s’élèvent déjà pour dénoncer l’existence de « parachutes dorés », il s’agirait – selon les sources citées qui souhaitent rester anonymes – d’un élément de motivation supplémentaire pour les directeurs d’institutions et en aucun cas du symbole d’une « marchandisation de la culture ».

Un décret du ministère de la Culture devrait venir préciser dans les jours à venir les modalités d’application de la mesure.

Qu’en pensez-vous ?

PS : deux nouvelles surprenantes nous parviennent, à lire aux adresses suivantes.

  • http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html
  • http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (4)

Vendredi 5 mars 2010

Bien que partageant certains points communs avec les musées « super-stars », qui ne concernent par définition qu’un très petit nombre d’établissements dans le monde, les OCM se caractérisent avant tout par la dépendance du site culturel à l’égard du marché, ce qui peut concerner un musée ou un monument dont l’audience n’est pas nécessairement internationale mais davantage régionale.

De plus, les OCM ne se rapportent pas exclusivement – au contraire des musées « superstars » – aux grands musées d’art (et en particulier de peinture), mais peuvent tout aussi bien concerner des musées de science, d’ethnologie ou d’histoire.

Enfin, cette proposition de définition exclut des institutions célèbres mais dont la plus faible dépendance à l’égard du marché conduit à ne pas les ranger dans la catégorie des OCM.

On peut citer à cet égard les grands sites culturels qui sont dotés d’une confortable dotation en capital (ou endowment) ; de même que les équipements qui peuvent choisir – volontairement – de rester à l’écart des phénomènes de la communication de masse, à l’instar d’institutions de grande réputation mais prioritairement tournées vers l’étude, la recherche et les publications.

Suite et fin au prochain billet !

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (3)

Lundi 15 février 2010

C’est pour rendre compte du fait que les sites culturels sont des organisations (mais pas des entreprises au sens commercial du terme) ; que ces organisations relèvent du champ culturel ; et que leur fonctionnement est de plus en plus dépendant du marché – que nous avons proposé le concept d’« organisation culturelle de marché » (OCM) ; cf. nos deux billets précédents portant sur ce thème.

Si la plupart des sites culturels sont concernés par les mécanismes du marché, trois grandes dimensions permettent cependant de spécifier cette notion :

  • la prise en compte prioritaire des publics
  • une approche stratégique visant à agir de façon plus « proactive » que réactive
  • et un mode d’organisation visant efficacité managériale et réactivité à l’environnement du site

S’agissant des publics, l’OCM recherche un ajustement de son offre aux besoins perçus de la demande au moyen de sa programmation culturelle, des services proposés aux visiteurs et d’une insertion croissante dans les politiques touristiques territoriales.

Dès lors que les sites culturels cherchent à adapter leur offre scientifique, culturelle et pédagogique aux mutations de leur environnement, ils sont conduits à se placer dans le cadre d’une démarche stratégique (définissant des objectifs au service de leur mission) et à évaluer le résultat de leurs actions.

De même, l’organisation du site culturel n’est pas considérée comme une donnée intangible ; elle peut être reconfigurée en fonction des moyens permettant d’accomplir au mieux la mission de l’institution.

Nous approfondirons cette approche dans un prochain billet.

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (2)

Lundi 25 janvier 2010

Comme indiqué dans un précédent billet, les évolutions que connaissent les sites culturels suggèrent une intégration croissante de ces derniers dans des mécanismes de marché :

  • marché de la consommation avec la recherche d’une augmentation de la fréquentation et la vente de produits dérivés ;
  • marché des œuvres avec la circulation des collections à l’échelle internationale dans des expositions « blockbusters » (voire même avec la location d’œuvres) ;
  • marché de l’image avec les publications, les produits multimédias et les sites Internet ;
  • marché de l’éducation avec l’essor des visites scolaires, de la formation continue et des programmes éducatifs en ligne ;
  • marché du don avec les politiques de collecte de fonds en direction des entreprises, des fondations et des particuliers, à l’échelle nationale et internationale ;
  • marché du travail et de la main d’œuvre avec la recherche de professionnels talentueux et expérimentés, mais également de bénévoles ;
  • marché politique avec les négociations relatives aux implantations hors les murs de ces institutions.

C’est de ces transformations que visent à rendre compte le concept d’« organisation culturelle de marché », comme nous le développerons dans un prochain billet.

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (1)

Vendredi 8 janvier 2010

Depuis que nous avons forgé le concept d’organisation culturelle de marché (OCM), à l’occasion d’une thèse de doctorat en sciences de gestion, ce terme a été parfois mal compris ou mal interprété. Il ne semble donc pas inutile d’y revenir.

L’origine du concept provient des transformations des sites culturels, marquées par les phénomènes suivants : diversification des missions, impératifs financiers croissants, transformation des structures juridiques, complexité organisationnelle grandissante, responsabilité accrue à l’égard des fonds publics, apparition de nouvelles stratégies, exigences d’ouverture à de nouveaux publics, développement des procédures de contractualisation et d’évaluation, renforcement des contrôles, essor des activités commerciales (http://www.espacestemps.net/document1878.html).

Pour autant, les musées ou les monuments sont avant tout des institutions sans but lucratif, ce qui interdit – en toute rigueur – de parler d’« entreprises » à leur sujet, même si elles font une place grandissante à une démarche « entrepreneuriale ».

Au-delà d’un déplacement des frontières entre secteur marchand et non marchand, il semble par conséquent nécessaire de proposer un concept capable de décrire des institutions hybrides évoluant entre le service du public et l’insertion dans le marché, comme nous le préciserons dans un prochain billet.

Politiques tarifaires et gratuité : où en sommes-nous ?

Lundi 4 janvier 2010

L’université de Franche-Comté/Université de Bourgogne organise, ce jeudi 7 janvier 2010, une journée d’étude concernant la question des politiques tarifaires et de la gratuité, de 9h30 à 16h30 à la salle des fêtes de Dole (salle en mezzanine), dans le cadre d’un séminaire commun de l’Université de Bourgogne/IUP Denis Diderot et de l’Université de Franche-Comté/Licence Professionnelle Développement et protection du patrimoine culturel (METI).

Selon ses organisateurs, « cette journée se propose de revenir avec sérénité sur la question de la gratuité à partir de l’analyse de résultats d’études – après la phase d’expérimentation conduite en 2008 dans les musées nationaux et l’enquête réalisée par Jacqueline Eidelman et Benoît Ceroux pour la Direction des Musées de France – et de discuter des effets supposés en termes de démocratisation ».

Dole

 Le programme de la journée est le suivant :

  • Sociologie de la gratuité des musées et monuments : la mobilisation des visiteurs français – Jacqueline Eidelman (Professeur, Université de Paris Descartes)
  • La gratuité du côté des publics – Dominique Bourgeon-Renault (Professeur, Université de Bourgogne)
  • La gratuité, un parcours libre entre le droit, la dette et le devoir – Claude Fourteau (ancienne responsable des services des publics du Centre Pompidou/Musée du Louvre)
  • Le droit d’entrée dans la perspective du don - François Mairesse (Directeur du musée Royal de Mariemont – Belgique)
  • Economie de la gratuité et enjeux de développement - Jean-Michel Tobelem (directeur d’Option Culture, ingénierie culturelle et touristique)

Modérateurs et intervenants témoins :

  • Serge Chaumier (Professeur à l’Université de Bourgogne)
  • Olivier Thévenin (Maître de Conférences à l’Université de Franche-Comté)
  • Alain Chevenez (Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne)

Si vous souhaitez obtenir de plus amples renseignements relatifs au programme de cette journée et des éléments d’information à caractère pratique (déplacements, plan de la ville de Dole…) vous pouvez vous rendre sur le site Internet Publics de la Culture.Com http://www.publicsdelaculture.com.

Contacts organisateurs : olivier.thevenin@univ-fcomte.fr et alexis.hajdukiewicz@club-internet.fr, Université de Franche-Comté, UFR SLHS ; 32, Rue Mégevand 25030 Besançon Cedex, Université de Bourgogne / IUP Denis Diderot Université de Franche-Comté Licence Professionnelle Développement et protection du patrimoine culturel (METI).

Patrimoines en mouvement 2

Mercredi 23 décembre 2009

La revue des vieilles maisons françaises (VMF) consacre son numéro de décembre 2009 au Jura, à travers un dossier portant notamment sur Salins-les-Bains, Château-Chalon, Dole ou encore la villa de Syam.

Dépaysement assuré !

On lira également des articles sur le budget du patrimoine, sur la ville de Vichy ou encore sur les archives privées.

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Ce billet nous donne l’occasion de mentionner la refonte du site Internet de l’association (http://www.vmfpatrimoine.org) et de rappeler son rôle.

Créée en 1958 et reconnue d’utilité publique en 1963, elle poursuit trois objectifs :

  • Sauvegarder les patrimoines de qualité, grands et petits, bâtis et paysagers
  • Regrouper les défenseurs de ces patrimoines
  • Encourager la transmission des savoir-faire et la formation des jeunes

Elle dispose pour cela de :

  • près de 20 000 adhérents, propriétaires de demeures anciennes, professionnels du patrimoine et amateurs d’architecture
  • 22 délégations régionales
  • 95 délégations départementales
  • des délégations VMF Jeunes

Dérives commerciales : les musées marchands

Mardi 15 décembre 2009

Sous la plume de la journaliste Marion Rousset, le mensuel Regards (n° 67, décembre 2009) publie un article sur l’évolution de certains grands établissements culturels 

(http://www.regards.fr/archive/issue/?id=91).

Voici son texte d’introduction : 

« Musées et monuments historiques usent et abusent de pratiques commerciales éprouvées dans le privé. Une tendance qui puise aussi sa source dans les contraintes politiques qui pèsent sur eux. Enquête sur les formes contemporaines du management culturel. »

Regards

Parmi les questions abordées :

  • les tarifs
  • les expositions
  • les activités commerciales

A ce propos, le début de la chronique d’Olivier Cena dans l’édition du 16 décembre 2009 de l’hebdomadaire Télérama mérite d’être cité :

« L’entrée en force de l’art (requalifié pour l’occasion de plastique) dans l’industrie culturelle et le développement de cette dernière créent de nouveaux appétits entraînant parfois de nouvelles pratiques. On sait les musées arc-boutés sur les chiffres de fréquentation comme de vulgaires chaînes de télévision, et les expositions de plus en plus spectaculaires et de moins en moins scientifiques qui en découlent. On sait moins les procédés plus discutables consistant, pour les institutions les moins fortunées, à appâter l’amateur par un titre ronflant et deux ou trois oeuvres vedettes (on pourrait dire, comme au cinéma, bankable), cachant en réalité des manifestations très modestes. »

On mentionnera également l’article consacrée par la journaliste Clarisse Fabre (Le Monde du 4 décembre 2009) au Centre Georges Pompidou. Un conservateur déclare :

« Il y a quelques années, la règle était que les expositions à l’étranger devaient être neutres financièrement. Désormais, elles doivent rapporter de l’argent. D’où des opérations blockbuster au Japon ou en Corée, avec des Matisse et des Picasso pour doper les recettes (…) Avant, les expositions grand public [au Centre Pompidou] servaient à programmer des événements plus difficiles d’accès, et à soutenir des artistes émergents. Peu importait, alors, le nombre de visiteurs. Aujourd’hui, on nous pose systématiquement la question : quel potentiel d’entrées ? »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Heritage, Creation & Tourism (3rd International ACME Workshop)

Dimanche 13 décembre 2009

La chaire Arts, Culture et Management en Europe organise son 3ème workshop international intitulé « Creative Regions 1 : Heritage, Creation & Tourism ».

Autrement dit, c’est la question des relations entre patrimoine, création et tourisme qui sera au coeur des débats.

Le colloque se tiendra à BEM (Bordeaux Ecole de Management / Bordeaux Management School) les 17 et et 18 décembre prochains.

bem

Pour télécharger le programme : http://www.bem.edu/Zones-contextuelles/Actualites/2009/Novembre-Decembre/3rd-International-ACME-Workshop

Claude Origet du Cluzeau et nous-même présenterons l’ouvrage Culture, tourisme et développement. Les voies d’un rapprochement (http://www.revue-espaces.com/librairie/7578/culture-tourisme-developpement-voies-rapprochement.html).

Rendez-vous à Bordeaux !

Culture O Centre

Mardi 10 novembre 2009

Les ateliers de développement culturel de l’agence régionale Culture O Centre (www.cultureocentre.fr) ont récemment organisé une série de débats sur le thème « Patrimoine et action artistique » :

  • le 15 octobre au château de Maintenon (Définir un projet artistique pour un lieu de patrimoine),
  • le 16 octobre à Chaumont-sur-Loire (Public et médiation, tourisme et action artistique),
  • et le 21 octobre à la maison George Sand de Nohant-Vic (Réseau, partenariat, inscription sur le territoire).

cultureocentre

La rencontre de Chaumont accueillait deux intervenants, sous la direction de Marie-Christine Duréault Thoméré (directrice déléguée de l’observatoire de la culture en région Centre) :

  • Patricia Laigneau, propriétaire du château du Riveau qui développe une offre artistique singulière dans un Val de Loire où les châteaux abondent et où la concurrence entre eux est rude (ce qui n’exclut nullement les processus coopératifs, les démarches de mutualisation et la mise en réseau).
  • Michel Hallet-Eghayan, chorégraphe et auteur de spectacles fascinants, à la chapelle de Ronchamp, la célèbre construction de l’architecte Le Corbusier, notamment.

Rivau

Cette réunion a également été l’occasion de présenter les résultats de l’inventaire « Lieux du patrimoine et activités artistiques », réalisé par l’Observatoire de la culture en région Centre et auquel ont contribué plusieurs groupes de travail (y ont participé des villes, conseils généraux, associations de propriétaires, routes touristiques, CDT, CRT, mission Val de Loire, fondation du Patrimoine, Région et DRAC Centre).

Nous sommes intervenus pour notre part sur la question des publics du tourisme culturel et du rôle des événements artistiques dans les lieux de patrimoine.

Pour votre part, croyez-vous au croisement des publics du patrimoine et de la création artistique ?

Patrimoines en mouvement 1

Mardi 27 octobre 2009

Le numéro de septembre 2009 de la revue des Vieilles maison françaises (www.vmfpatrimoine.org) consacre un dossier au patrimoine viticole, aux paysages et aux châteaux du bordelais.

Une invitation à la découverte touristique, à la rencontre des arts et à la visite architecturale d’un territoire unique au monde.

VMF

On y trouve en outre une présentation du quartier résidentiel de Tamaris, à la Seyne-sur-Mer (Var), conçu à la fin du XIXème siècle par un personnage haut en couleur, Marius Michel, dit Michel Pacha.

Son architecture orientalisante (mais aussi suisse ou italienne…) mérite assurément d’être préservée, comme en témoigne l’Institut de biologie marine (de l’architecte suisse Paul Page, construit en 1900).

InstitutMichelPacha

La journaliste Sophie Flouquet s’interroge enfin sur le fait de savoir s’il faudrait supprimer les journées du patrimoine !

Plusieurs témoins, dont nous-même, y donnent leur avis :

  • Y a-t-il renouvellement des publics ?
  • Est-ce un instrument de démocratisation ?
  • Cette manifestation bien connue des Français peut-elle trouver un nouveau souffle ?

Tels sont quelques-uns de ses questionnements.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Allô la planète

Mardi 20 octobre 2009

Un entretien avec Eric Lange sur France Inter (http://sites.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?id=20), le 7 octobre 2009, dans l’émission Allô la planète (http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/allolaplanete/index.php?id=84007).

Et ce à l’occasion de la parution de l’ouvrage Culture, tourisme et développement, les voies d’un rapprochement (http://www.revue-espaces.com/librairie/7578/culture-tourisme-developpement-voies-rapprochement.html ; cf. notre billet du 12 septembre 2009).

Franceinter

Parmi les questions évoquées (rapidement bien sûr) :

  • les relations entre culture et tourisme
  • les impacts (positifs et négatifs du tourisme) sur les sites culturels
  • le rôle du tourisme dans le développement urbain
  • l’influence du tourisme dans les pays du sud

 Souhaitez-vous réagir à cette émission ?

Fréquentation des sites culturels

Jeudi 15 octobre 2009

La dernier numéro de la revue Espaces (n°274, octobre 2009, http://www.revue-espaces.com) est consacré à la fréquentation des sites culturels. Il est dirigé par la spécialiste française du tourisme culturel, Claude Origet du Cluzeau.

Plusieurs articles sont consacrés à la question de l’observation des flux et de la connaissance des visiteurs : comment – autrement – bâtir une politique efficace de développement des publics ?

Voici le texte de présentation du numéro :

L’observation de la fréquentation des sites et événements culturels (musées, châteaux, festivals…) constitue un enjeu tant touristique que culturel. Elle permet, en effet, d’évaluer l’attractivité touristique d’un territoire, ainsi que l’évolution de la demande. Elle est indispensable à la mise en œuvre de la politique de développement des publics de ces sites. Elle est utile, enfin, à leur bonne gestion, en ce qu’elle constitue un outil d’analyse comparée de la performance. Néanmoins, selon que l’on est acteur du tourisme ou acteur de la culture, selon que l’on intervient au niveau local, régional ou national, selon que l’on est gestionnaire de site, organisme de promotion touristique, service de développement économique…, on exprime des besoins différents en termes d’observation de la fréquentation. Pour autant, les systèmes d’observation doivent-ils se multiplier et s’empiler ? L’heure de la mise en place d’un système unique et partagé semble être venue.

Espaces fréquentation

En ce qui nous concerne, le titre de notre contribution est le suivant : « Développer la fréquentation des sites culturels, c’est possible ! »

Vos réactions à la lecture de ce dossier sont attendues avec le plus grand intérêt.

Délégation de service public

Mercredi 7 octobre 2009

On parle aujourd’hui volontiers de partenariats public-privé, de gestion déléguée, d’économie mixte, de délégation de service public.

La gestion publique serait ainsi désignée comme peu à même de faire face aux mutations du secteur culturel et touristique.

Langeais

C’est sur ces questions que le colloque de Langeais se propose de faire le point, en présence du secrétaire d’Etat chargé du Tourisme (notamment), Hervé Novelli.

Nous aurons l’occasion de livrer notre point de vue sur le management des sites culturels, les formes de « rentabilité » des institutions culturelles et les retombées à en attendre.

Gérerlaculture

Plus précisément, nous ferons part de nos observations relatives à la place des questions scientifiques (collections, recherche, publications, conservation préventive…) dans le cas des délégations de service public, dans la lignée de notre contribution à l’ouvrage collectif dirigé par Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier Gérer la culture en région, les pratiques des collectivités territoriales en France (L’Harmattan).

Quel musée pour l’histoire de France ?

Dimanche 4 octobre 2009

Le président de la République souhaite la création d’un musée d’Histoire de France, ce qui soulève plusieurs interrogations :

  • quel projet, au sens culturel et scientifique, et avec quelles collections ?
  • quelle localisation ?
  • quelle fonction pour structurer un réseau de musées existants (histoire locale, histoire régionale, histoire thématique…) ?
  • quelle forme d’animation d’une réflexion collective, pour un projet intéressant une grande partie de nos concitoyens ?

RDV Blois

Plusieurs éléments, parmi d’autres, à apporter au débat :

Nous aurons l’occasion quant à nous de donner notre point de vue sur ce sujet lors des Rendez-vous de l’histoire de Blois (8-11 octobre 2009), qui proposent un débat sur le thème :

Quel musée pour l’histoire de France ?

(http://www.rdv-histoire.com/fichiers/images/mus__eFrance-10-horsth__me.pdf).

Alors, prêts à donner votre avis ?

L’art et le marché

Jeudi 1 octobre 2009

Sans être pointilleux à l’excès, on ne peut manquer de souligner que l’une des plus importantes institutions patrimoniales françaises, le domaine national de Versailles, s’est lancée dans une politique d’exposition d’art contemporain… qui ne prévoit pour l’instant que de présenter un seul artiste français (Xavier Veilhan) sur les 4 premières expositions (consacrées pour le reste à Jeff Koons l’année dernière et prochainement à Takashi Murakami et Maurizio Cattelan) !

Voir à ce sujet le numéro 308 du Journal des Arts (4-17 septembre 2009).

Plutôt que de se plaindre de la faiblesse de la place réservée à nos artistes à l’étranger, si les institutions françaises commençaient par leur rendre leur juste place ?

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A ce titre, le château de Versailles s’est-il donné pour mission (avec l’accord explicite du ministère de la Culture ? En vue de renforcer sa communication planétaire ?) d’assurer la promotion des stars du marché de l’art international ?

Cela mérite pour le moins débat.

De nombreux observateurs ont par ailleurs noté qu’au moins 3 de ces artistes sont collectionnés par François Pinault, dont la fibre patriotique ne l’a pas empêché d’expatrier sa collection en Italie.

Qu’en pensez-vous ?

La qualité de l’accueil dans les équipements culturels

Samedi 19 septembre 2009

La question de l’accueil constitue aujourd’hui un point décisif pour permettre à des sites culturels de répondre aux besoins des visiteurs et d’exister durablement dans une offre de lieux de visite devenue pléthorique.

Une prise de conscience de cet enjeu constitue assurément un préalable et ne conduit pas nécessairement à mettre en œuvre des moyens lourds et coûteux.

Accueil

Toutefois, deux conceptions peuvent être distinguées, sans être opposées pour autant.

La première consiste à énumérer un certain nombre de points qui donneront lieu à des enquêtes quantitatives auprès des visiteurs (qualité de l’information, services proposés, propreté des locaux, etc.). C’est une démarche encouragée à juste titre par les pouvoirs publics.

La seconde approche consiste à reconnaître l’importance des points précédents, mais aussi à souligner le rôle de la qualité de l’expérience globale de visite, qui résulte d’un ensemble de facteurs en partie intangibles : ambiance des lieux, gentillesse du personnel d’accueil (qui ne se contente pas de suivre des procédures standardisées mais est capable d’aller au-delà des indications fournies pour faire plaisir au visiteur), éléments de surprise dans le parcours de visite, convivialité des lieux, etc.

Ainsi, alors que l’on trouvera normal que le site de visite dispose des éléments de confort attendus d’un équipement recevant du public, le dévouement d’un membre du personnel qui aura devancé les attentes des visiteurs constituera un moment dont on se souviendra durablement.

Avez-vous des exemples allant dans ce sens ?