Archive pour la catégorie ‘Politique culturelle’

Urbanisme, villes créatives, Abu Dabi

Dimanche 5 septembre 2010

La revue Urbanisme (n° 373, juillet-août 2010, http://www.urbanisme.fr/issue/report.php?code=373&code_menu=149#article711) consacre un dossier au thème : « Villes créatives ?« 

On lira à ce propos l’éditorial du directeur, Thierry Paquot, « Villes créatives ? Un cocktail aux ingrédients subtils » : http://www.urbanisme.fr/issue/report.php?code=373&code_menu=EDITO#article709.

Voici le sommaire de la revue :

La ville créative pour qui ?

C’est dans son best-seller académique The Rise of the Creative Class que Richard Florida pose les fondements d’un modèle de développement territorial dont nombre d’élus nord-américains se réclameront durant la première décennie du XXIe siècle. L’universitaire – devenu “consultant” – y défend l’idée que le dynamisme économique des villes états-uniennes est directement lié à leur capacité d’accueil des populations qu’il qualifie de “créatives”. Ludovic Halbert, chercheur au CNRS, université Paris-Est, LATTS, propose un bilan critique et s’interroge : est-ce une idée neuve, est-ce une idée utile, et surtout, comment dépasser les contradictions internes d’une ville construite pour la classe créative ?

Équipements culturels et villes créatives

Les nouveaux équipements culturels occupent une place singulière dans le positionnement de nombre de villes dans le monde. Ce sont rarement des bibliothèques, des conservatoires ou des centres d’archives, plus généralement des salles de spectacles et surtout des musées.

Jean-Michel Tobelem, directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture, analyse la place de ces équipements culturels dans le développement des villes, dans un contexte où la notion de “créativité” – dont il convient d’apprécier la portée véritable – semble jouer désormais un rôle prépondérant.

Le musée Soulages à Rodez : une révolution culturelle ?

Pour Rodez, discrète préfecture de l’Aveyron, l’ouverture du musée Soulages fin 2012 – accompagnée de celle d’un multiplexe, puis du réaménagement du site de l’ancien hôpital – constituera un vrai bouleversement urbain, mais aussi l’occasion d’un repositionnement culturel et touristique.

Enquête d’Antoine Loubière.

Dole, l’attrait d’un patrimoine partagé

Avec ses 26 000 habitants, Dole, “ville d’art et d’histoire”, ne conçoit son avenir que dans le cadre de sa communauté d’agglomération (41 communes pour 50 000 habitants). Le plan d’aménagement Dole 2010-2025 couvre ainsi l’ensemble de ce territoire, du vaste secteur historique sauvegardé en centre-ville jusqu’aux quartiers de “seconde périphérie” , avec une grande attention portée à la qualité et au confort environnementaux. Une “ville éco-citoyenne”, selon la formule de son maire.

Reportage, par Annie Zimmermann, journaliste.

Cluny 2010

Ce programme de festivités et événements culturels, lancé dans le Jura en septembre 2009 et qui se terminera fin 2010, célèbre le 1 100e anniversaire de la création de l’abbaye de Cluny, à l’origine d’un mouvement réformateur initié en France puis étendu à plusieurs pays d’Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Suisse, Grande-Bretagne) avec un réseau total de 1 400 filiales. C’est en effet des monastères jurassiens de Baume-les-Messieurs et de Grigny que seraient partis, en 909-910, douze moines, pour fonder, sous l’autorité de l’abbé Bernon, la Maior Ecclesia. La Fédération des sites clunisiens est maître d’œuvre de cette manifestation d’envergure : visites, spectacles, concerts, expositions, ateliers, conférences, colloques, rencontres, marches, rallyes, etc. sont l’occasion de (re)découvrir la richesse du patrimoine clunisien, sous sa forme bâtie, artistique, culturelle et spirituelle.

Dis-moi qui est la plus créative…

Sous l’effet des politiques incitatives de l’Europe, l’économie créative s’invite aussi dans les capitales européennes de la culture. Tandis que la Ruhr l’érige en ressort exemplaire de sa mutation, les métropoles françaises oscillent entre l’acculturation, le zèle ou l’exploration de voies de soutien à la création plus inédites.

Enquête, par Françoise Moiroux, journaliste.

Les capitales européennes de la culture : des villes créatives ?

Une génération s’est écoulée depuis le lancement de la première “ville européenne de la culture”, Athènes, en 1985. Vingt-cinq ans après, comment et en quoi cette opération a-t-elle évolué, qu’apporte-t-elle aux villes sélectionnées et quel bilan peut-on en dresser ?

Historique et analyse par Boris Grésillon, maître de conférences en géographie (Université de Provence et UMR Telemme).

Signalons, dans le numéro précédent, notre article intitulé « Lire une image : Le Louvre à Abu Dabi » (http://www.urbanisme.fr/issue/magazine.php?code=372&section=INTER).

Pour finir, que pensez-vous de la notion d’industries, de régions et/ou de villes « créatives » ?

Montages public-privé

Samedi 28 août 2010

Montages public-privé & tourisme

Cahier Espaces n° 105, juin 2010, 150 pages

http://www.revue-espaces.com/librairie/7765/montages-public-prive-tourisme.html

Voici la présentation du dernier numéro des Cahiers Espaces consacré aux relations entre opérateurs publics et privés dans les secteurs du tourisme et de la culture, une large place étant accordée à la notion de « délégation de service public ».

Pas plus que l’on peut délocaliser le tourisme peut-on envisager de le développer sans soutien public, ne serait-ce que pour créer les infrastructures de transport ou pour valoriser le patrimoine (naturel ou culturel). Le tourisme est, en effet, un secteur dans lequel l’intervention publique est forte par nature.

La question se pose alors de savoir qui, du public ou du privé, est le mieux à même de gérer les équipements appartenant aux collectivités, avec des approches différentes selon que l’objet de ces équipements est strictement touristique (remontées mécaniques, campings, offices de tourisme…) ou qu’il ne l’est que partiellement (monuments historiques, musées, piscines sportives et ludiques, bases de plein air et de loisirs…).

Force est de constater que, plus qu’à des débats de fond opposant libéralisme à interventionnisme, on assiste à des « phénomènes de mode » en faveur de tel ou tel type de montage. Au-delà des tendances et inévitables effets de balancier en faveur de tel ou tel montage juridico-financier, la question du partenariat public-privé est complexe, et pas seulement sur le plan juridique ! Chaque cas est un cas particulier qui s’analyse en fonction des objectifs fixés à l’équipement, mais aussi en fonction de sa taille, de sa complexité, de la taille de la collectivité qui le soutient, de ses ressources humaines… Le dogmatisme en la matière n’a pas de sens. Ni en faveur d’une gestion publique, ni en faveur d’une gestion privée, ni d’ailleurs en faveur d’un montage mixte.


Sommaire

1. Partenariat public-privé • Une réflexion à mener

2. Montage juridique • L’embarras du choix

3. Gestion publique • Un mode d’exploitation performant

4. Gestion privée des équipements sportifs • Vingt ans d’expérience

5. Gestion privée des sites culturels • Un essor récent

Notre contribution est la suivante :

La gestion privée des sites culturels. Une fausse solution à des problèmes mal posés ?

En matière de sites et équipements culturels, un nombre croissant d’élus sont conduits à utiliser différentes formes d’implication du secteur privé, estimant que la gestion publique ne permet pas de faire face aux multiples impératifs auxquels ils sont confrontés.Si le statut juridique ne doit pas devenir un handicap pour le développement d’un site culturel ou touristique, le choix de ce dernier ne résout pas à lui seul tous les problèmes. La qualité du projet et de la vision stratégique, la compétence et la qualification des personnels, ainsi que l’efficacité du management et des instruments de gestion sont au cœur de la réussite. Une réussite qui n’est pas donc pas liée uniquement au mode de gestion.S’agissant de la gestion publique, il est possible, pour pallier les difficultés de la régie simple, d’autonomiser la gestion de l’équipement culturel en le dotant d’un budget, distinct de celui de la collectivité publique, voire de personnaliser sa gestion en lui conférant de surcroît la personnalité morale.

http://www.revue-espaces.com/librairie/7768/montage-public-prive-dsp-delegation-service-public.html

http://www.revue-espaces.com/carnet/1287.tobelem_jean-michel.html

Journées « Musées & coopération », 21 et 22 septembre 2010

Vendredi 20 août 2010
Musées & coopération, Enjeux et perspectives

Journées d’étude de l’OCIM, en partenariat avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, les 21 et 22 septembre 2010, Palais de la Porte dorée, Paris

Voici le texte de présentation de ces journées :

À l’occasion de son 25ème anniversaire, l’OCIM propose aux professionnels des musées de tous horizons culturels, d’art, de sciences et techniques, de société, des réflexions et des débats sur le sens et l’actualité de la coopération muséale.
Coopération ! Terme précisément choisi pour caractériser l’une des missions de l’OCIM lors de sa création en 1985, au service des muséums et établissements de culture scientifique. Ce mot a t-il encore un sens dans le monde des musées, à l’heure où un nombre de plus en plus significatif de ces établissements, comme toutes les institutions culturelles, est progressivement atteint par des impératifs de résultats, voire de rentabilité, ou au minimum par d’importantes difficultés budgétaires pouvant mettre à mal des principes qui s’étaient depuis longtemps établis dans la déontologie professionnelle ? Et, tout d’abord, que signifie « coopérer » ? Le mot est-il à ranger au rayon des utopies, ou constitue-t-il encore une réponse aux enjeux actuels des musées ? Comment revisiter aujourd’hui le principe coopératif et son incarnation dans les musées ? Quelles sont ses échelles et ses espaces ? Quels sont les impacts de ces principes et de ces valeurs sur le fonctionnement du musée ?
Ces rencontres ont pour ambition d’interroger le principe de coopération muséale en analysant son évolution passée et présente et ses perspectives, à travers les points de vue de professionnels, de chercheurs et d’acteurs, en rapprochant les parcours des individus, les institutions muséales et les réseaux.


Pour en savoir plus : http://www.ocim.fr/Journees-d-etudes-Musees-e

Un an… déjà !

Dimanche 1 août 2010

Il y a un an, nous vous proposions un nouveau site de discussion, le blog d’Option Culture (http://option.culture.free.fr), consacré à la gestion et au développement des sites culturels.

Voici ce que nous disions alors.

Vous avez dit management des sites culturels ?

Eh oui, comme toute organisation, les musées, monuments, sites archéologiques, « maisons », centres de culture scientifique et autres centres d’interprétation ont besoin d’être gérés !

De là, deux possibilités : soit l’on considère que le mode de gestion qui peut trouver à s’y appliquer n’est guère différent de la gestion que l’on enseigne dans les écoles de commerce ou les instituts d’administration.

Soit – et le lecteur aura deviné que c’est notre position – l’on considère qu’il convient de développer une approche spécifique des institutions culturelles pour tenir compte de nature particulière de leurs missions (conservation, recherche, éducation, diffusion…).

Nous ferons donc part ici des réflexions issues de nos diverses expériences : consultant, chercheur et enseignant.

Bien entendu, loin de défendre une position dogmatique, celles-ci seront ouvertes à la discussion avec les lecteurs de ce blog !

Voici, à titre d’illustration, quelques-uns des sujets que nous aborderons dans les prochains « posts » : expositions, philanthropie, tarification, stratégie, mondialisation, marketing, formation, mécénat, financement, tourisme, architecture…

Un an après on peut constater que ces thèmes ont été abordés à travers une centaine de billets, mais d’autres sujets également, le tout formant un ensemble composite autour des questions relatives à l’évolution du monde de la culture.

C’est désormais le moment de s’adresser à vous, à l’écoute de vos remarques et de vos suggestions.

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (5)

Jeudi 22 juillet 2010

Pour clore cette série de billets, rappelons qu’à travers le concept d’« organisation culturelle de marché », nous avons souhaité montrer  :

  • que nombre de musées, de monuments et autres sites culturels ne sont pas seulement entrés dans une logique de modernisation et de rationalisation ;
  • que l’ensemble de l’organisation est concernée, en particulier – mais pas seulement – dans sa dimension gestionnaire ;
  • que c’est bien toute l’activité du site culturel qui est confrontée à la logique du marché, en tant que lieu de rencontre d’une offre et d’une demande : les visites, les expositions, les collections, la programmation, le financement, le personnel.

Cela signifie également qu’un rapprochement s’est opéré avec le monde du loisir, de la consommation et du divertissement ; mais que, pour autant, les sites culturels ne sont pas des entreprises commerciales, s’agissant d’institutions (publiques ou privées) à but non lucratif.

Outre la présentation du concept dans notre livre Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, réédition 2010), nous mentionnerons également un article (Les mutations du management des sites culturels, retour sur le concept d’ »organisation culturelle de marché ») paru dans l’ouvrage collectif Les nouveaux défis du manager public. Conduire le changement, maîtriser la gestion, dynamiser le territoire, coordonné par Henri Mahé de Boislandelle et Isabelle Bories-Azeau : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=30092.

Manager public 2

En voici la présentation :

Cet ouvrage est né d’un colloque organisé à Montpellier par la Faculté d’Administration Économique et Sociale en 2006. L’objectif était de susciter une réflexion sur les nouveaux enjeux du management public en confrontant les approches d’universitaires et de praticiens autour de trois thématiques d’actualité : la conduite du changement dans les organisations publiques ; l’appropriation des outils de gestion par le manager public ; le territoire, nouvel enjeu du management public. Cet ouvrage propose ainsi une centration nouvelle et originale sur le manager public et notamment sur la responsabilisation des cadres dirigeants résultant de la logique managériale introduite par les réformes successives du secteur public.

Projets culturels et réforme des territoires

Jeudi 15 juillet 2010

Voici la présentation du cycle professionnel intitulé PROJETS CULTURELS ET TERRITOIRES par les organisateurs de la formation.

La réforme des collectivités territoriales s’apprête à bouleverser en profondeur le cadre de l’action publique sur les territoires intercommunaux, à proximité des centres urbains comme en zone rurale. Devenus des espaces ouverts à la créativité des artistes, en recherche d’une attractivité renforcée mais aussi d’un « mieux vivre ensemble », ces territoires sont aujourd’hui autant de lieux d’innovation pour les politiques culturelles.

Agents de développements des territoires, artistes, programmateurs, médiateurs et techniciens des collectivités sont appelés à y développer de nouvelles méthodes de travail partenariales. Porté sur l’innovation, ce Cycle professionnel national entend apporter des réponses concrètes aux attentes des professionnels sur le terrain.

Comment appréhender la réforme des collectivités territoriales en lien avec les problématiques de son territoire ? Comment cerner les priorités d’action culturelle sur un territoire ? Quelles sont les clés de réussite d’une résidence territoriale ? Sur quelles bases peut-on construire une politique culturelle de territoires, ouverte sur les arts vivants comme sur le patrimoine ? Comment nourrir un programme de médiation culturelle au contact de la population, dans un processus de co-construction ? Quelles méthodologies peut-on mettre en œuvre pour formaliser son projet et le défendre auprès des collectivités publiques ? De quels outils peut-on se doter pour initier une approche de développement durable pour les projets culturels de son territoire ?


Objectif
Le Cycle professionnel national «Projets culturels et territoires» apporte des repères et des éléments de méthodologie utiles au développement de projet culturels de spectacle vivant sur les territoires ruraux ou péri-urbains. Il permet de préciser les conditions de mise en œuvre d’un projet culturel sur le territoire, le développement d’une programmation et d’actions de médiation ainsi que la conduite d’un projet d’équipement structurant.

Programme – Présentation synthétique
Cadre et méthodologie de projet
• Appréhender la réforme des collectivités et la territorialisation des politiques culturelles
• Développer une approche raisonnée du diagnostic culturel d’un territoire
• Définir les enjeux d’un projet artistique et culturel dans le contexte des politiques publiques locales
• Inscrire ses projets culturels à l’échelle métropolitaine – enjeux et méthode
• Initier une stratégie de travail en réseau entre acteurs du territoire

Territoire, projet artistique et culturel
• Définir les enjeux posés par une résidence sur un territoire
• Mettre en œuvre un projet de résidence territoriale et de médiation culturelle
• Résidence : Construire la relation à la population et aux relais de l’action culturelle
• Développer un projet d’implantation artistique durable sur un territoire
• Élaborer et animer une programmation sur un territoire intercommunal

Structuration progressive d’un projet sur le territoire
• Transformer le territoire en lieu d’expérimentation de nouvelles relations aux publics
• Développer une démarche participative et la co-construction de projets artistiques
• Faire d’un festival un acteur du développement du territoire
• Construire et rédiger son projet culturel pour le territoire

Du projet à la politique culturelle de territoire
• Allier culture, tourisme et attractivité sur le territoire
• Développer une stratégie d’animation du patrimoine par les arts vivants
• Concilier culture et développement durable sur son territoire
• Initier un projet pour les musiques et les cultures émergentes en milieu rural
• Perspectives : du projet à l’équipement intercommunal

Direction pédagogique et intervenants
Cyrille Planson (Directeur pédagogique) • Jean-Louis BiardBruno de BeaufortPhilippe ChaudoirChantal LamarreHervé Fournier Richard FrancoPhilippe HenryXavier Kawa-ToporLuc ChohinJean-Marc SartoreJoël SimonCatherine ToussaintFrédéric TovanyJean-Michel TobelemAnne-Lise VinciguerraJean-Claude Wallach

Durée, dates et lieux
La formation se déroule sur quatre semaines, soit 20 jours de formation. Les semaines sont réparties durant l’année. Le calendrier a été conçu pour être compatible avec
l’exercice d’une activité professionnelle.
La promotion 2010-2011 est organisée selon le calendrier suivant :
• 1ère semaine, du 11 au 15 octobre 2010 à Nantes ;
• 2ème semaine, du 6 au 10 décembre 2010 à Nantes ;
• 3ème semaine, du 31 janvier au 4 février 2011 à Paris ;
• 4ème semaine, du 4 au 8 avril 2011 à Nantes.

  • http://www.lesformations-act.com/act9.html
  • http://www.lesformations-act.com/plaquettes/act9.pdf

Contact

ART CULTURE TRANSMISSION
11, rue des Olivettes – BP 41805
44018 Nantes Cedex 1 – France
Tél. : 02 40 20 60 29 – – Fax : 02 40 84 01 32
contact@lesformations-act.com
www.lesformations-act.com

Le coût de la fin de la gratuité des musées à Caen

Mercredi 30 juin 2010

On reste interrogatif devant les arguments avancés par la municipalité de Caen (Calvados) pour justifier la fin de la gratuité des musées municipaux de la ville de Caen (musée des Beaux-Arts et musée de Normandie), alors même que l’entrée du Mémorial de la Paix reste fixée à… 17,50 euros !

  • Premier point, ce n’est pas une affaire d’argent selon le maire, qui déclare à ce sujet : « On ne fait pas ça pour récupérer de l’argent, mais pour mettre en place une politique publique efficace, agir sur le fond des choses » (Virginie Jamin, Ouest France, 5 juin 2010). Mais comme le souligne le journaliste de Libération Samuel Madar : « Difficile d’imaginer [en effet] que ceux qui ne venaient pas au musée lorsque celui-ci était gratuit s’y rendront quand il sera payant. » (http://www.liberation.fr/culture/0101640532-caen-les-musees-redeviennent-payants)
  • Deuxième point, la mesure serait peu efficace. Pourtant, la fréquentation des collections permanentes du musée des Beaux-Arts est passé de 39 334 visiteurs en 2004 à 45 007 en 2009 et celle du musée de Normandie de 40 122 à 62 871 !
  • Troisième point, selon la mairie « les recettes générées devraient être de 30 à 40 000 euros. Elles permettront de mettre en place une politique publique d’accès à la culture plus solidaire et de développer des actions de médiation pour aller au devant des publics les plus éloignés de la culture. » Autrement dit, les mesures de médiation et d’aide à la visite que doit prendre toute institution muséale en application de la loi sur les Musées de France sont conditionnées… aux recettes de billetterie !
  • Quatrième point, la mairie indique que la gratuité « favorisait surtout la fréquentation des touristes mais n’a pas permis d’élargir sociologiquement le public des visiteurs caennais », mais elle n’indique pas sur quels éléments d’évaluation elle fonde son appréciation…

Le communiqué de presse accompagnant la mesure suggère à cet égard une interprétation erronée des résultats de l’expérimentée conduite par le ministère de la Culture dans 14 musées et monuments en 2009 en laissant entendre que « la gratuité a d’abord constitué un effet d’aubaine pour les publics les plus favorisés et pour les touristes ».

Car la réalité est toute différente, comme l’indiquent les citations suivantes extraites des résultats de cette expérimentation (http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cetudes-09_2.pdf) :

  • « Qu’il s’agisse du public déjà familier des musées et plus encore des primo-visiteurs, l’effet accélérateur sur la démocratisation de l’accès aux institutions muséales est manifeste.»
  • « Des résultats peu équivoques attestent d’une portée sociale de la mesure de gratuité, démontrent son succès auprès des catégories dont les pratiques culturelles sont peu ou moyennement importantes, mettent en lumière l’effet de levier de la gratuité sur la formation de la familiarité avec les musées et monuments. »
  • « La gratuité a d’abord mobilisé les étudiants et les visiteurs des catégories populaires, ceux dont les liens avec la culture sont relativement distendus et la familiarité avec les musées et monuments peu considérables. »
  • « Les visiteurs les moins familiers estiment que cette mesure a été un déclencheur de leur visite. »

Conclusion : la mairie de Caen, en revenant sur la décision de la précédente municipalité, n’a sans doute pas conscience du coût – culturel, mais aussi financier – de cette mesure.

En se privant d’un instrument efficace de politique culturelle (à des conditions que nous avons eu l’occasion d’exposer à plusieurs reprises ; cf. http://www.louvrepourtous.fr/La-gratuite-des-musees-vue-par,241.html, ou http://www.herodote.net/agenda/actu_gratuite_musees_Tobelem.pdf, ou encore http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/tout-a-t-il-ete-dit-concernant-la-43916), elle néglige le fait que certaines personnes vont renoncer à leur visite et d’autres en réduiront la fréquence, sans oublier que cette mesure aura un coût sur le plan administratif, organisationnel et des ressources humaines !

Enfin, la venue d’un nombre plus important de visiteurs avait l’avantage d’offrir l’occasion d’un développement des recettes à la boutique et à la cafétéria, sans négliger les autres sources de recettes que sont le mécénat et la location d’espace…

Et vous, comment réagissez-vous de votre côté ?

Tarification solidaire

Vendredi 25 juin 2010

A la suite de la journée d’étude organisée dans le cadre du Cycle Professionnel « Contrôleur de gestion » le 4 février 2010 à l’ENACT d’Angers (sous l’égide de Danièle Ehrmann), une journée portant sur le même sujet a été organisé à Strasbourg le 9 mars 2010 pour le compte de l’ENA et de l’INET.

En voici la présentation par Thierry GEVAUDAN, administrateur territorial hors classe, ancien élève de l’Institut national des études territoriales et directeur général des services de la ville de Saint-Herblain.

ENTRE USAGERS ET CONTRIBUABLES : COMMENT DÉTERMINER UNE JUSTE TARIFICATION DU SERVICE PUBLIC LOCAL ?

La définition d’une politique tarifaire des services publics locaux soulève de nombreuses questions essentielles. Qu’il s’agisse de démocratiser l’accès à la culture ou à tout autre domaine, ou bien de déterminer un « juste prix », la tarification exprime d’abord les objectifs politiques poursuivis par les élus, voire leur volontarisme. A cet égard, la question de la solidarité fiscale occupe d’emblée une place centrale.

En effet, la différence arithmétique entre le coût du service et le prix de la prestation correspond à la charge que l’on entend faire assumer par la solidarité fiscale, et si l’usager est le plus souvent un contribuable, le contribuable n’est pas forcément un usager… Un des aspects essentiels réside ici dans la détermination précise du coût réel du service « offert », en y intégrant l’ensemble des coûts directs et indirects (généralement occultés), étape trop souvent négligée, alors qu’elle permet d’identifier la répartition de la charge qu’on entend faire porter sur l’usager et sur le contribuable.

Il s’agit ensuite d’un enjeu non négligeable au plan économique. Les ressources fiscales des collectivités territoriales représentent en moyenne la moitié de leurs recettes de fonctionnement, pour une large part assises sur les ménages. Les produits des services (découlant de la politique tarifaire) avoisinent quant à eux 10 % de ces recettes. Ainsi, à périmètre constant, toute baisse du prix devra être compensée par une hausse des taux d’imposition… ou par des économies substantielles.

Au plan social, la définition d’une politique tarifaire doit également intégrer la notion de « charge supportable » pour l’usager et doit tenir compte de la réalité sociodémographique du territoire (ne serait-ce que pour limiter les risques d’impayés et la multiplication des créances irrécouvrables) ; elle peut s’accompagner d’une réflexion sur l’accompagnement individualisé des usagers.

Enfin, au plan éthique, la détermination de tarifs justes et équitables passe aujourd’hui, pour de nombreuses collectivités, par l’instauration d’une tarification dégressive selon la composition du foyer, ou par la fixation de quotients familiaux progressifs en fonction des charges et revenus des familles. Il en résulte parfois des systèmes d’une assez grande complexité technique.

Peut-on faire, dès lors, l’économie d’une réflexion sur la lisibilité des dispositifs et sur la responsabilisation des usagers ?

Plusieurs intervenants ont présenté leur vision de cette question lors de la table-ronde animée par Thierry GEVAUDAN.

  • La redevance pour service rendu : élément modulable de tarification du Service Public (Martine LONG, université d’Angers)
  • La nouvelle tarification de la restauration collective des collégiens de Meurthe-et-Moselle (Danielle EHRMANN, Stratégie et Gestion Publiques – Christophe LAFOUX, Conseil général de Meurthe-et-Moselle)
  • Les enjeux liés à la gratuité dans les sites culturels (Jean-Michel TOBELEM, Option Culture)
  • La nouvelle tarification des transports urbains de la communauté urbaine de Strasbourg (Alain FONTANEL, adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg)

Favorisez-vous également une approche globale de la tarification des services publics ?

Quelle diplomatie d’influence ?

Dimanche 20 juin 2010

Policultures, La lettre des politiques culturelles et artistiques (n° 144, avril 2010), consacre sous ce titre un dossier à la question de la diplomatie culturelle de notre pays, en contrepoint de l’exemple de la Russie et de l’Espagne (http://www.policultures.fr).

Selon son responsable, le journaliste Philippe Pujas, ce dossier vise à répondre aux questions suivantes :

  • Une diplomatie pour quelle influence ?
  • La place de la France dans le monde, son économie, pour laquelle l’image (les images) compte tant ?
  • La défense d’une langue que la France semble négliger quelque peu ?
  • Et vers où chercher de l’influence, alors que l’Europe est délaissée ?

Voir à ce sujet :

et

On y trouvera également une présentation du rapport rédigé par Bernard Plasait pour le compte du Conseil économique, social et environnemental, « Améliorer l’image de la France« , adopté le 9 mars 2010.

Selon Philippe Pujas, « La France s’endort sur des lauriers qui commencent à faner ».

Partagez-vous cette opinion ?

« Pompidou attendu comme le messie à Metz »

Jeudi 10 juin 2010

Tel est le titre quelque peu goguenard de l’article que le magazine Télérama (n° 3148, 12 mai 2010), sous la plume de Sophie Cachon, consacre aux grands projets muséaux en région, à l’occasion de l’ouverture du Centre Pompidou-Metz (http://www.telerama.fr/scenes/pompidou-attendu-comme-le-messie-a-metz,55763.php), qui vise une fréquentation de 200.000 visiteurs en vitesse de croisière (après le prévisible succès de son ouverture).

L’affaire paraît en effet entendue : « Grâce à son nouveau musée inauguré demain, Metz espère les mêmes retombées économiques que Bilbao avec le Guggenheim. Un rêve partagé par les villes de Lyon, Marseille et Lens, dont les projets peinent encore à sortir de terre. On ne récoltera vraiment les fruits de l’investissement que dans la seconde partie de la décennie. Pompidou, c’est d’abord ce que l’on en fera. »

C’est donc également l’occasion de faire le point sur les projets du Louvre-Lens, du musée des Confluences à Lyon et du MuCEM à Marseille.

Dans l’article de Nicolas Bastuck et Claire Guillot (« Le Centre Pompidou sera-t-il une manne pour la région ? »), paru dans le supplément du journal Le Monde du 11 mai 2010, une certaine prudence semble toutefois de mise.

  • Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz : « On ne vas faire la révolution économique et sociale à nous seuls. Après Bilbao, une cinquantaine de projets de ce genre ont fleuri dans le monde. Très peu ont réussi. »
  • Thierry Jean, président de l’agence de développement économique de l’agglomération messine : « Le  Centre Pompidou, en soi, est peu générateur de richesses. L’idée, c’est de s’appuyer sur lui pour augmenter l’attractivité de la ville. »
  • Jean-Pierre Masseret, président du Conseil régional de Lorraine : « Il s’agit de changer l’image d’une région qui évoque encore la crise de l’industrie, puis les restructurations militaires. »

Pour aller plus loin :

  • Pour une promenade architecturale, voir : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/actualite/703150-promenade-architecturale-au-centre-pompidou-de-metz.
  • Voir également : http://www.paris-art.com/art-culture-France/Pompidou-Metz:-un-musee-avec-la-vie/Rouille-Andre/315.html.
  • Ainsi que : http://www.louvrepourtous.fr/Centre-Pompidou-Metz-tout-savoir,505.html.
  • Et encore : http://www.latribunedelart.com/ouverture-du-centre-pompidou-metz-article002573.html.

La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs

Vendredi 4 juin 2010

Vient de paraître, sous la direction de Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier, l’ouvrage collectif La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs (L’Harmattan, 2010 ; http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no_revue=&no=30825 ; ISBN : 978-2-296-11324-4 • 226 pages).

L’ouvrage fait suite à un colloque organisé à l’université de Pau en juin 2008 sous le titre : Les deniers de la culture. Le mécénat, nouveau paradigme ?

Il comporte trois parties :

  • LES MUTATIONS DU MODÈLE CULTUREL FRANÇAIS
  • LA CULTURE, NOUVELLE TRIANGULATION, ÉTAT-COLLECTIVITÉS-ENTREPRISES
  • FONDS PRIVES, CONTRAINTES PUBLIQUES, QUELLES RENCONTRES ?

Mécénat 2010En voici la présentation :

La tradition du mécénat d’État a longtemps permis au secteur culturel d’échapper au secteur marchand.

La globalisation de l’économie, la place grandissante de la communication, la consommation culturelle de masse font que le modèle à direction publique est aujourd’hui concurrencé par le modèle de l’entreprise privée et le paradigme libéral.

Souvent confondu avec le parrainage ou avec les fondations, le mécénat avait mauvaise presse. Il pose de fait le délicat problème du statut des dons et de la nécessaire déontologie à observer dans la gestion des équipements culturels.

Ce livre montre que les pratiques commencent à évoluer. La loi de 2003 a aligné la France sur le niveau de ses voisins européens quant à la défiscalisation des dons. Surtout, le mécénat en région permet à de petites entreprises de se grouper pour soutenir des projets originaux.

Le présent ouvrage illustre le changement d’attitude des acteurs à travers trois questionnements :

  • les mutations du modèle culturel français (I),
  • la nouvelle trilogie État-collectivités-entreprises (II),
  • les rencontres inédites entre fonds privés et contraintes publiques (III).

Il concerne tant les professionnels du secteur culturel que les lecteurs attentifs à la mutation fondamentale qui affecte aujourd’hui la culture.

Le titre de notre article est le suivant : « Le modèle américain de financement de la culture est-il transposable à la France ? »

A lire, de Jean-Pierre Allinne : http://www.artclair.com/jda/archives/docs_article/64947/–s-inspirer-du-modele-anglais–.php

A lire, de Renaud Carrier : http://www.actu-cci.com/article/3366/

Gérer un musée municipal

Vendredi 28 mai 2010

Dans Le courrier des maires et des élus locaux (n° 234, avril 2010), Sophie Flouquet consacre un dossier à la question de la gestion d’un musée municipal (http://www.courrierdesmaires.fr/items/Archives%20%28Couvs%20-%20Sommaires%29/cdm234-sommairep04-05.pdf), en interrogeant trois maires à ce sujet :

  • André Rossinot (Nancy), autour de la question du tourisme culturel
  • René Vandierendonck (Roubaix), au sujet du développement urbain
  • et André Laignel (Issoudun), à propos de la mutualisation des équipements

On trouvera également un dossier réalisé par Caroline Lefebvre sur le thème suivant : Médiathèques, comment rester à la page ?

Trois grands questionnements servent de repères :

  • Les pratiques changent, les priorités aussi
  • Lieux de culture, lieux de vie
  • A la conquête de nouveaux publics

S’agissant des mutations des bibliothèques, on se réfèrera utilement au dossier réalisé par Hélène Girard dans La Gazette des communes (n° 24, 15 juin 2009) sous le titre : Bibliothèques, les nouveaux usages bousculent les traditions.

Autrement dit, la gestion des équipements culturels de toute nature est complexe et s’opère dans un environnement en rapide évolution !

Quels chiffres de fréquentation ?

Vendredi 21 mai 2010

L’importance démesurée prise par les chiffres de fréquentation des grandes institutions culturelles conduit parfois leurs responsables à faire preuve d’une certaine « créativité » (comme on le dit dans le domaine comptable ou financier) à l’égard de leurs résultats dans ce domaine.

C’est alors à celui qui publiera le communiqué de presse le plus enthousiaste.

Problème : les sources sont obscures, l’origine des données n’est pas indiquée, la part des entrées gratuites est imprécise…

Dans ce contexte, le fait que les rapports annuels d’activité ne sont pas publiés ou bien sont retirés après avoir été en ligne pendant de nombreuses années ne laisse pas de créer un certain trouble.

Est-ce le témoignage de l’importance croissante prise par la communication (au sens institutionnel et non pas des actions de médiation), à l’heure où il s’agit de négocier des engagements budgétaires avec les tutelles et de séduire les mécènes ?

Toujours est-il qu’un peu de transparence serait la bienvenue dans ce domaine !

L’absence de recul historique fait en outre perdre de leur crédibilité à nombre de commentaires.

  • A la fin de son mandat, l’ancien directeur d’un musée national s’attribuait ainsi le mérite d’avoir fait franchir un seuil de fréquentation… déjà atteint à deux reprises dans le passé.
  • La fréquentation de l’exposition « Picasso et les maîtres » – 783.000 visiteurs – a été saluée comme un record (ce qui représente bien sûr un grand succès en nombre de visiteurs) alors même que l’exposition Renoir a attiré 793.000 visiteurs en… 1985 !
  • Dans un autre domaine, on crédite le Futuroscope (http://www.futuroscope.com) d’un « spectaculaire redressement » (Les Echos, 4 mai 2010, p. 28), avec 1,7 million de visites en 2009 (un chiffre non négligeable en effet), alors qu’il recevait 2,3 millions de personnes en 2000, il y a 10 ans, et 2,9 millions en 1997 (source, ministère du Tourisme).

C’était le sens de l’article de Léo Pajon (« La guerre des chiffres ») paru dans le numéro d’octobre 2009 d’Arts Magazine (www.artsmag.fr), « Dans cette logique du chiffre, il faut simplement rivaliser avec les cris de triomphe d’établissements concurrents. »

On se référera enfin aux contributions suivantes : http://louvrepourtous.fr/La-frequentation-siliconee-du,479.html et http://www.louvrepourtous.fr/Chateau-de-Versailles-une,496.html.

Vu de votre institution, qu’en pensez-vous ?

Dialogues transatlantiques en histoire de l’art

Mardi 18 mai 2010

Dialogues transatlantiques en histoire de l’art / Paris, 20 – 21 mai 2010

L’Institut national d’histoire de l’art, l’Ecole normale supérieure et l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense organisent, en collaboration avec la Terra Foundation for American Art, des journées d’études sur le thème des dialogues transatlantiques en histoire de l’art. Elles  réuniront des chercheurs européens et américains étudiant divers aspects de l’art et la culture des Etats-Unis. La discipline de l’histoire de l’art opère souvent dans un cadre national, et plus encore lorsqu’il s’agit du domaine de l’histoire de l’art américain. Le but de cet événement est d’ouvrir le dialogue sur les manières dont les échanges interculturels se manifestent aussi bien dans la culture que dans la recherche. Autour d’une série de présentations et de discussions informelles, ces journées d’études créeront une plateforme d’échanges sur la recherche et les méthodologies actuelles qui mettent en avant les dialogues internationaux.

Renseignements : 01 43 20 67 01

Jeudi 20 Mai – Institut national d’histoire de l’art, Salle Vasari – 2, rue Vivienne, 75002 Paris

10:00–10:15     Introduction

Jody Patterson, Terra Foundation Teaching Fellow in American Art, Institut national d’histoire de l’art, Ecole Normale Supérieure, and Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, Paris

10:15–10:45      Opening Remarks

Eric de Chassey, Director, Académie de France à Rome – Villa Medici

10:45–11:15       Anglo-American: American Art and British Art Studies

David Peters Corbett, York University

11:15–11:45        Crossing the Interval with Pendant Paintings

Wendy Ikemoto, Terra Foundation Teaching Fellow in American Art, Courtauld Institute of Art, London

11:45–12:15        New International Perspectives on ‘The Family of Man’

Kristen Gresh, PhD, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

12:15–13:00      Discussion

13:00-14:00      Lunch

Cafeteria, Institut national d’histoire de l’art

14:00–14:30     The German Connection: Expressionism in Germany and the U.S. Before World War I

Angela Miller, University of Washington, St Louis, and Terra Foundation Visiting Professor in American Art, Institut national d’histoire de l’art

14:30–15:00     Paris-Berlin-New York: A Three-Way Collaboration Against War in April 1917

David Lubin, Wake Forest University, Terra Foundation Visiting Professor in American Art, John F. Kennedy-Institute, Freie Universität Berlin

15:00–15:15       Coffee

15:15–15:45        Pop macht frei! American Pop Art and the German People

Catherine Dossin, Purdue University, West Lafayette, Indiana

15:45–16:15       Discussion

Vendredi 21  mai  – Terra Foundation for American Art Europe – 29, rue des Pyramides, 75001 Paris

10:00–10:30    Opening Remarks

Philippe Bordes, Directeur du département des études et la recherche, Institut national de l’histoire de l’art

10:30–11:00     L’artiste-économiste, une perspective transatlantique

Sophie Cras, Ecole Normale Supérieure

11:00–11:30      Art and Politics: The Great Divide?

Warren Carter, University College London

11:30–12:00     The Wall as Painting. Mark Rothko’s Italian Journeys

Riccardo Venturi, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense

12:00–12:30     Paris art dealers and the American market: cultural misunderstandings (1945-1970)

Julie Verlaine, Université de Caen Basse-Normandie

12:30–13:00     Discussion

13:00–14:30     Lunch

Cafeteria, Institut national d’histoire de l’art

14:30–15:00     Expatriate Art Historian; Negotiating National Identities

Katherine Bourguignon, Terra Foundation for American Art Europe

15:00–15:30     What to do with Design? Transatlantic Perspectives in Museum Display

Jennifer A. Donnelly, doctoral student, Université Paris Diderot -– Paris 7

15:30–16:00     La France et les Etats-Unis, quelles relations muséales ?

Le Louvre-Atlanta et le FRAME : deux cas distincts d’échanges

Grichka Redjala, masters student, Université Sorbonne Nouvelle -– Paris 3

16:00–16:30    Généalogie du postmodernisme (USA -Europe) : la question des échanges manqués

Annie Claustres, Université Lumière Lyon 2

16:30–17:30      Discussion

17:30 Reception

Les bibliothèques peuvent-elles générer des ressources ?

Lundi 10 mai 2010

Bibliothèques, et si on parlait d’argent ?

Tel est l’intitulé – quelque peu provoquant en ces temps troublés concernant l’avenir du financement des activités culturelles – du congrès annuel de l’association des bibliothécaires de France (http://www.abf.asso.fr).

Le colloque, qui se déroulera à Tours du 20 au 23 mai 2010, propose sept conférences en relation avec le thème général de l’économie :

  • les marchés publics et la règlementation ;
  • le marché des bibliothèques pour les librairies ;
  • le point de vue des prestataires informatiques ;
  • la part des dépenses de personnel dans le budget des bibliothèques ;
  • bénévoles, précaires et autres métiers ;
  • la documentation électronique : impact et conséquences économiques ;
  • les bibliothèques peuvent-elles générer des ressources ?

Par ailleurs, huit ateliers sont programmés, à partir des expériences régionales : marchés et libraires ; usages et tarifs ; les partenariats, une nécessité pour l’action culturelle ; dons et désherbage ; les partenariats pour le développement de la lecture chez les jeunes ; blogs collaboratifs et réseaux associatifs, quelle cohabitation ? L’économie dans les collections : politique documentaire et mise en valeur ; la dématérialisation des documents sonores : quel coût ?

L’ensemble du programme se trouve à l’adresse suivante : http://www.abf.asso.fr/fichiers/PROGRAMME%20TOURS%20FINAL.PDF.

Nous participerons à la table-ronde portant sur le thème suivant : Les bibliothèques peuvent-elles générer des ressources ?

MODÉRATEUR

Gilles Eboli : directeur, bibliothèques municipales de Marseille

INTERVENANTS

  • Louis Burle : directeur, médiathèque de l’agglomération troyenne
  • Chantal Fontaines : directrice, Accolad, agence de coopération de Franche-Comté
  • Gérard Pardessus : directeur des affaires culturelles de la ville de Nantes
  • Jean-Michel Tobelem : cabinet Option Culture

Voir également http://infos.lagazettedescommunes.com/38860/en-congres-a-partir-du-20-mai-a-tours-les-bibliothecaires-veulent-parler-dargent.

Stock options (suite)

Samedi 1 mai 2010

Rassurons les lecteurs candides ou ceux peu familiers de la tradition des canulars et autres plaisanteries du 1er avril : il n’y avait rien de vrai (espérons-le du moins…) dans notre billet portant sur les stock options dans le secteur culturel !

Mais si cette annonce a été prise au sérieux par certains, de même que les poissons d’avril de La Tribune de l’art (http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html) ou du Louvrepourtous (http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html), on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là quelque chose d’inquiétant concernant l’avenir des musées et des monuments dans notre pays.

Sur le mode de la boutade, nous touchons par conséquent au sujet sensible d’institutions culturelles qui sont progressivement placées au centre d’enjeux économiques, politiques, diplomatiques… et de pouvoir.

En effet, comme l’indique Sophie Flouquet dans le Journal des Arts (n° 322, 2-16 avril 2010), « les établissements publics culturels sont aujourd’hui l’enjeu de luttes de pouvoir inimaginables il y a encore une dizaine d’années ».

Qui l’eût dit, qui l’eût cru ?

Patrimoines en mouvement 3

Lundi 12 avril 2010

Le numéro 231 (mars 2010) de la revue des Vieilles maisons françaises (www.vmfpatrimoine.org) consacre un article au riche patrimoine de la ville de Toulouse, candidate naturelle aux courts séjours (ou city breaks).

Le tourisme urbain se nourrit en effet de monuments, mais aussi de musées, d’événements culturels et sportifs, d’hôtels de caractère, de boutiques rares ou insolites, de restaurants  typiques, de quartiers vivants et d’une pointe de modernité… sans oublier les attraits de la vie nocturne !

VMF Toulouse

Quant à Sophie Flouquet, elle analyse les raisons pour lesquelles les entrées de villes sont devenues « un fléau français » en raison d’une législation insuffisante, mais aussi d’une réglementation peu appliquée.

Sa conclusion : « Les tristes entrées de villes risquent donc d’avoir encore de beaux jours devant elles ! »

Comme s’interrogent du reste les VMF, « est-il cohérent de protéger – parfois de surprotéger – les centres-villes et de se désintéresser de leur développement en périphérie ? Le premier regard sur une ville n’est-il pas porté à partir de ses entrées, trop souvent abandonnées à la spéculation publicitaire et commerciale ? »

Sur le même thème, on pourra également lire l’article de Xavier de Jarcy et Vincent Remy dans le numéro 3135 de Télérama : http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php.

Télérama 1

René Rizzardo, in memoriam

Jeudi 8 avril 2010

Avis de décès de René Rizzardo,

fondateur de l’Observatoire des politiques culturelles,

survenu dans sa soixante-neuvième année.

http://www.observatoire-culture.net

http://www.ledauphine.com/culture-il-fut-l-adjoint-d-hubert-dubedout-rene-rizzardo-est-mort-@/index.jspz?comnumcom=38185&article=286420

http://www.micheldestot.fr/grenoble/rene-rizzardo-etait-un-homme-dexception-constamment-tourne-vers-les-autres-et-vers-lavenir

http://www.culture.gouv.fr/mcc/Actualites/A-la-une/Rene-Rizzardo-nous-a-quitte

http://infos.lagazettedescommunes.com/35829/deces-de-rene-rizzardo/

http://maisonjeanvilar.org/public/03_activites/rencontres/2009/le-ministere-de-la-culture-a-50-ans.html#

http://www.genevieve-fioraso.fr/Hommage-a-Rene-Rizzardo_a426.html

http://www.liberation.fr/culture/0101629216-rene-rizzardo-fin-d-un-utopiste-modele

http://observatoire-culture.net/hommage

Les stock options autorisées pour les directeurs d’institutions culturelles !

Jeudi 1 avril 2010

De sources concordantes généralement bien informées, proches des services de la présidence, nous apprenons que le gouvernement s’apprête à autoriser – sous conditions – le versement de stock options (ou « options sur titres ») pour des directeurs d’institutions culturelles.

Plusieurs exigences seraient toutefois prévues :

  • le montant des stock options ne pourra excéder un million d’euros au total
  • leur versement ne sera pas autorisé avant une période de 5 ans
  • la somme versée sera bien sûr soumise aux impôts (y compris l’ISF) et aux cotisations sociales

Dans la pratique, pourront prétendre au versement de ces stock options les directeurs d’institutions culturelles (théâtres, maisons d’opéra, musées, bibliothèques, centres d’archives, etc.) qui auront fait progresser la fréquentation de plus de 10% par an pendant trois ans, n’auront connu aucun conflit social et auront accru leurs ressources propres (billetterie, locations de salle, mécénat…) de 5% en moyenne chaque année.

L’objectif, bien entendu, est d’accroître la performance des institutions culturelles, d’intéresser leurs responsables aux résultats obtenus et d’encourager la poursuite du rapprochement entre le monde de la culture et celui des entreprises.

Alors que certaines voix s’élèvent déjà pour dénoncer l’existence de « parachutes dorés », il s’agirait – selon les sources citées qui souhaitent rester anonymes – d’un élément de motivation supplémentaire pour les directeurs d’institutions et en aucun cas du symbole d’une « marchandisation de la culture ».

Un décret du ministère de la Culture devrait venir préciser dans les jours à venir les modalités d’application de la mesure.

Qu’en pensez-vous ?

PS : deux nouvelles surprenantes nous parviennent, à lire aux adresses suivantes.

  • http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html
  • http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (4)

Vendredi 5 mars 2010

Bien que partageant certains points communs avec les musées « super-stars », qui ne concernent par définition qu’un très petit nombre d’établissements dans le monde, les OCM se caractérisent avant tout par la dépendance du site culturel à l’égard du marché, ce qui peut concerner un musée ou un monument dont l’audience n’est pas nécessairement internationale mais davantage régionale.

De plus, les OCM ne se rapportent pas exclusivement – au contraire des musées « superstars » – aux grands musées d’art (et en particulier de peinture), mais peuvent tout aussi bien concerner des musées de science, d’ethnologie ou d’histoire.

Enfin, cette proposition de définition exclut des institutions célèbres mais dont la plus faible dépendance à l’égard du marché conduit à ne pas les ranger dans la catégorie des OCM.

On peut citer à cet égard les grands sites culturels qui sont dotés d’une confortable dotation en capital (ou endowment) ; de même que les équipements qui peuvent choisir – volontairement – de rester à l’écart des phénomènes de la communication de masse, à l’instar d’institutions de grande réputation mais prioritairement tournées vers l’étude, la recherche et les publications.

Suite et fin au prochain billet !

Faut-il avoir peur de la gestion ?

Lundi 22 février 2010

L’orientation gestionnaire est fréquemment rendue responsable d’un éloignement des grandes institutions culturelles de leurs missions artistiques, scientifiques, sociales ou pédagogiques.

C’est peut-être aller un peu vite en besogne !

Nul ne peut nier qu’une priorité accordée aux logiques managériales puisse parfois s’effectuer en contradiction avec la vocation culturelle et éducative de quelques grands établissements.

Mais cela supposerait que l’on confonde les fins avec les moyens.

En effet, un grand établissement doit nécessairement être « géré », si l’on entend par là qu’il doit être fait un usage pertinent et efficient des fonds publics, d’une part ; et que, d’autre part, les évolutions du monde contemporain imposent à ces établissements de nouvelles responsabilités : gestion des ressources humaines, recherche de financements, animation des partenariats, encadrement juridique des opérations, démarche stratégique, etc.

Autrement dit, il n’est pas imaginable de négliger la fonction gestionnaire des établissements culturels, mais cette dernière doit nécessairement être placée au service de leurs fonctions scientifiques et éducatives.

Partagez-vous ce point de vue ?

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (3)

Lundi 15 février 2010

C’est pour rendre compte du fait que les sites culturels sont des organisations (mais pas des entreprises au sens commercial du terme) ; que ces organisations relèvent du champ culturel ; et que leur fonctionnement est de plus en plus dépendant du marché – que nous avons proposé le concept d’« organisation culturelle de marché » (OCM) ; cf. nos deux billets précédents portant sur ce thème.

Si la plupart des sites culturels sont concernés par les mécanismes du marché, trois grandes dimensions permettent cependant de spécifier cette notion :

  • la prise en compte prioritaire des publics
  • une approche stratégique visant à agir de façon plus « proactive » que réactive
  • et un mode d’organisation visant efficacité managériale et réactivité à l’environnement du site

S’agissant des publics, l’OCM recherche un ajustement de son offre aux besoins perçus de la demande au moyen de sa programmation culturelle, des services proposés aux visiteurs et d’une insertion croissante dans les politiques touristiques territoriales.

Dès lors que les sites culturels cherchent à adapter leur offre scientifique, culturelle et pédagogique aux mutations de leur environnement, ils sont conduits à se placer dans le cadre d’une démarche stratégique (définissant des objectifs au service de leur mission) et à évaluer le résultat de leurs actions.

De même, l’organisation du site culturel n’est pas considérée comme une donnée intangible ; elle peut être reconfigurée en fonction des moyens permettant d’accomplir au mieux la mission de l’institution.

Nous approfondirons cette approche dans un prochain billet.

Time to break the taboo about financing US culture

Samedi 30 janvier 2010

Pour nos amis anglophones, un article publié précédemment sur le site Culture virale (http://culturevirale.free.fr), qui prend une nouvelle actualité avec la crise économique.

Certain observers of American museums (see for instance A. Ellis, The Art Newspaper, March 2004) have made the recommendation that American museums, based on their current financial situations, loosen rules on deaccessioning (a concept foreign to European cultural organisations; in France, for example, a museum’s ownership of the works of art in its collections is inalienable and indefeasible; museums are not allowed to sell or to give away a work, nor to let it be taken away.)  But doesn’t this suggestion open a Pandora’s Box, giving way to a series of potentially major consequences that are difficult to foresee?

Inarguably, it is necessary to think creatively about ways of diversifying museums’ income. Their expenses are increasing, while sources of revenue – earned income, public funding and private donations – remain stable or decrease. However, doesn’t Mr. Ellis’ proposal reinforce the temptation faced by museum trustees to find a new source of revenue by selling a part, albeit tiny, of the collections that their institutions hold in public trust? Above all, does this focus on deaccessioning not neglect the consideration of other solutions that might be equally worth exploring?

Drapeau US

We could, for example, think about increasing public funding, not only from the federal government, but also from local government, i.e. cities and states, which in the United States is currently very low compared to European standards.

Our point is not to discuss the respective merits of cultural industries, private philanthropy and the free market to optimize the creation, conservation and distribution of cultural goods. Let’s simply recall that in France there is such a thing as a “public service of culture,” embodied by the Ministry of Culture and by a strong commitment at the various levels of local government to improve access to cultural heritage and new artistic productions -  a purpose worthy of government intervention.

Europeans and Americans hold diverging views of what constitutes the general interest, a difference which has enormous implications for the public funding of culture. However, the American public should be aware that an example such as the size of California’s cultural budget, consisting of only a few million dollars, is viewed with disbelief by European politicians, civil servants and cultural leaders, considering that California is the seventh richest “state” in the world and a massive exporter of creative industries.

Europeans recognize and admire the excellence and prestige of American museums, so they are all the more sorry when they see American museums obliged to reduce their programmes and cut staff facing difficult economic climates. The objections raised by American professionals of culture can easily be foreseen: public funding of cultural activities seems to present dangers of censorship and increased bureaucracy.

These risks do exist, but public funding in the US is currently so low that it seems unlikely that they could pose a serious threat in the foreseeable future. On the contrary, would not such an influx of funding encourage risk-taking by artists and foster new artistic creation? After all, a significant number of American musicians, dancers, and artists in the visual and performing arts have found a temporary or permanent home in Europe in response to lack of adequate support in their own country.

As has frequently been demonstrated, Europe and the US undoubtedly have a lot to learn from each other. Now, with examples of deaccessioning on the rise, it may be time to question the taboo of public funding of the arts in the US and to explore new sources of funding by the government. In our view, this option would better preserve what ultimately justifies museums’ existence – the objects and works of art that they present to the public.

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (2)

Lundi 25 janvier 2010

Comme indiqué dans un précédent billet, les évolutions que connaissent les sites culturels suggèrent une intégration croissante de ces derniers dans des mécanismes de marché :

  • marché de la consommation avec la recherche d’une augmentation de la fréquentation et la vente de produits dérivés ;
  • marché des œuvres avec la circulation des collections à l’échelle internationale dans des expositions « blockbusters » (voire même avec la location d’œuvres) ;
  • marché de l’image avec les publications, les produits multimédias et les sites Internet ;
  • marché de l’éducation avec l’essor des visites scolaires, de la formation continue et des programmes éducatifs en ligne ;
  • marché du don avec les politiques de collecte de fonds en direction des entreprises, des fondations et des particuliers, à l’échelle nationale et internationale ;
  • marché du travail et de la main d’œuvre avec la recherche de professionnels talentueux et expérimentés, mais également de bénévoles ;
  • marché politique avec les négociations relatives aux implantations hors les murs de ces institutions.

C’est de ces transformations que visent à rendre compte le concept d’« organisation culturelle de marché », comme nous le développerons dans un prochain billet.

L’événementiel autour des expositions

Mercredi 20 janvier 2010

Cette rencontre a lieu dans le cadre du « Séminaire de muséologie » organisé conjointement par la Cité des sciences et de l’industrie, le Musée des arts et métiers, le Muséum National d’Histoire naturelle et le Palais de la découverte.

Programme

Jeudi 28 janvier 2010 de 14h30 à 17h

Musée des arts et métiers – Cnam – Salle de conférence – 60 rue Réaumur – 75 003 Paris

Accès libre sur inscription (anne.chanteux@cnam.fr)

 L’événementiel autour des expositions

L’objectif est de questionner une pratique qui n’est pas nouvelle mais devient plus visible et qui consiste à accompagner l’ouverture d’une nouvelle exposition de différents événements de durée variable tels que concerts, parades, installations artistiques, spectacles…

 

CNAM

Jean-Michel TOBELEM, directeur d’Option Culture, docteur en gestion, auteur notamment de « Musées et culture, le financement à l’américaine » et « Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion ».

L’événementiel dans les musées : enjeux et perspectives

Le développement des manifestations événementielles autour des expositions soulève plusieurs types d’interrogation : quelles en sont les raisons ? Comment cela influe-t-il sur l’organisation du musée ? Quelles en sont les conséquences prévisibles sur l’image et sur le développement des institutions muséales ? Enfin, au-delà des aspects positifs que représente l’essor de l’événementiel, peut-on mettre en évidence un certain nombre de facteurs de risque ?

André DUBUC, directeur du Centre historique minier de Lewarde

La programmation événementielle comme une cerise sur le gâteau

Si la mission essentielle des musées et des centres de culture scientifique est de donner du sens à des collections et/ou d’apporter au public un éclairage le plus objectif possible sur des questionnements scientifiques, cette mission se concrétise généralement sous forme d’expositions permanentes ou temporaires. C’est ce à quoi le public s’attend d’abord ; c’est son gâteau. Si on lui offre en plus la surprise d’un autre regard, plus subjectif, celui d’un artiste : comédien, danseur, plasticien, musicien… le questionnement peut alors s’enrichir d’un élément nouveau, l’émotion, qui peut elle-même donner un nouvel élan à la réflexion ; c’est la cerise sur le gâteau.

Cécile DUMOULIN, responsable du service de la médiation et de l’accueil, adjointe au directeur des publics, musée du quai Branly, Paris

Créer l’événement : du musée à la cité culturelle

Depuis la fin du XXe siècle, les musées cherchent à entrer en contact avec un public de plus en plus vaste, de plus en plus divers et nombreux, par ailleurs sollicité par une offre de loisir croissante. Dans ce contexte, créer l’événement devient pour ces institutions un enjeu majeur, soulevant de nombreuses questions qui seront explorées à l’aune des expériences tentées par le musée du quai Branly depuis son ouverture : comment concilier communication et médiation ? Une politique événementielle entraîne-t-elle forcément la désacralisation du lieu muséal, et quelles en sont les conséquences ? Les événements sont- ils réellement une manière de « démocratiser » davantage les musées ?

Discussion avec la salle.

Crise de la culture américaine

Vendredi 15 janvier 2010

Depuis le déclenchement de la crise mondiale, le secteur culturel est particulièrement touché aux Etats-Unis d’Amérique : pourquoi ?

Comme nous l’avons montré dans notre ouvrage sur le modèle américain de financement de la culture (Musées et culture, le financement à l’américaine, PUL), le système fonctionne bien en période de prospérité mais tous les voyants virent au rouge en même temps en période de récession :

  • les financements publics, déjà très faibles, sont menacés ;
  • les revenus des fondations diminuent ;
  • les dons des entreprises sont réduits ; 
  • quant aux ressources propres des institutions culturelles, elles souffrent également d’une réduction du nombre de visiteurs ou de spectacteurs et d’une baisse des dépenses effectuées par ces derniers dans les boutiques et les restaurants ;
  • enfin – et nous y reviendrons – les  »endowments » (dotations en capital) voient également leur pouvoir d’achat diminuer… 

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De quoi faire réfléchir n’est-ce pas, même s’il ne s’agit pas de nier par ailleurs le réel dynamisme des institutions culturelles des Etats-Unis d’Amérique ?

Musée et Cie : bas les masques et tous aux abris !

Mardi 12 janvier 2010

Nous avons annoncé dans notre billet du 17 novembre 2009 la publication du livre de l’Américain Paul Werner : Musée et Cie : globalisation de la culture (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=29955).

À lire d’urgence, cet ouvrage – précédemment publié en anglais – constitue une véritable bombe dans le monde des musées.

Comme un boxeur survolté, mais avec une bonne dose d’humour et une verve rafraîchissante, le dialecticien érudit Werner frappe fort… et ça fait mal à tous les coups !

Et si, nous avertit l’auteur, le musée Guggenheim ne représentait au fond que le dévoilement de la face cachée du musée d’art d’aujourd’hui, pris dans la tourmente des marchés, des flux financiers et des mouvements de capitaux ?

Alors, tous aux abris ou tous prêts à engager une salutaire réflexion sur la signification et les buts des musées contemporains ? Ce sera au lecteur d’en décider.

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Plaçant son entreprise de démolition et de déconstruction à l’épicentre des mondes de l’art et du capitalisme, de l’économie et de la philosophie, de la politique et de la sociologie, Paul Werner – en bon disciple de (Groucho) Marx – fait certes trembler le musée sur ses bases.

Mais c’est parce qu’au fond il le place à la hauteur de ses rêves et qu’il n’accepte pas de voir livré cet instrument démocratique aux appétits des affairistes, des spéculateurs et autres pharisiens.

Pour entrer dans le débat, à vos plumes !

Politiques tarifaires et gratuité : où en sommes-nous ?

Lundi 4 janvier 2010

L’université de Franche-Comté/Université de Bourgogne organise, ce jeudi 7 janvier 2010, une journée d’étude concernant la question des politiques tarifaires et de la gratuité, de 9h30 à 16h30 à la salle des fêtes de Dole (salle en mezzanine), dans le cadre d’un séminaire commun de l’Université de Bourgogne/IUP Denis Diderot et de l’Université de Franche-Comté/Licence Professionnelle Développement et protection du patrimoine culturel (METI).

Selon ses organisateurs, « cette journée se propose de revenir avec sérénité sur la question de la gratuité à partir de l’analyse de résultats d’études – après la phase d’expérimentation conduite en 2008 dans les musées nationaux et l’enquête réalisée par Jacqueline Eidelman et Benoît Ceroux pour la Direction des Musées de France – et de discuter des effets supposés en termes de démocratisation ».

Dole

 Le programme de la journée est le suivant :

  • Sociologie de la gratuité des musées et monuments : la mobilisation des visiteurs français – Jacqueline Eidelman (Professeur, Université de Paris Descartes)
  • La gratuité du côté des publics – Dominique Bourgeon-Renault (Professeur, Université de Bourgogne)
  • La gratuité, un parcours libre entre le droit, la dette et le devoir – Claude Fourteau (ancienne responsable des services des publics du Centre Pompidou/Musée du Louvre)
  • Le droit d’entrée dans la perspective du don - François Mairesse (Directeur du musée Royal de Mariemont – Belgique)
  • Economie de la gratuité et enjeux de développement - Jean-Michel Tobelem (directeur d’Option Culture, ingénierie culturelle et touristique)

Modérateurs et intervenants témoins :

  • Serge Chaumier (Professeur à l’Université de Bourgogne)
  • Olivier Thévenin (Maître de Conférences à l’Université de Franche-Comté)
  • Alain Chevenez (Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne)

Si vous souhaitez obtenir de plus amples renseignements relatifs au programme de cette journée et des éléments d’information à caractère pratique (déplacements, plan de la ville de Dole…) vous pouvez vous rendre sur le site Internet Publics de la Culture.Com http://www.publicsdelaculture.com.

Contacts organisateurs : olivier.thevenin@univ-fcomte.fr et alexis.hajdukiewicz@club-internet.fr, Université de Franche-Comté, UFR SLHS ; 32, Rue Mégevand 25030 Besançon Cedex, Université de Bourgogne / IUP Denis Diderot Université de Franche-Comté Licence Professionnelle Développement et protection du patrimoine culturel (METI).

Cinquante ans du ministère français de la Culture

Lundi 30 novembre 2009

Malgré la qualité des intervenants au colloque international du Cinquantenaire sur les politiques culturelles publiques, c’est une célébration plutôt morose qui s’est déroulée (les 13, 14 et 15 octobre 2009 à l’Opéra comique) sur fond de crise et de RGPP (la fameuse « révision générale des politiques publiques »).

Manque de vision, de moyens et d’ambition, tels sont les qualificatifs fréquemment accolés à l’action du ministère de la Culture et de la Communication ces dernières années, où les préoccupations liées aux enjeux industriels de la culture ont semblé prendre le pas sur l’impératif de démocratisation culturelle et de vitalisation des territoires par les arts et la création.

Il convient toutefois de ne pas tomber dans plusieurs écueils.

  • Les reculs observés en matière d’accès aux équipements culturels (soulignés par la dernière enquête sur les Pratiques culturelles de Français) ne sauraient servir de prétexte pour « baisser la garde » dans ce domaine.
  • La progression de l’Internet, l’essor des pratiques amateurs et l’approfondissement de la décentralisation doivent au contraire constituer des instruments pour corriger les inégalités d’accès à la culture dans notre pays (voir sur ce sujet notre article dans la revue Espaces, n°274, octobre 2009, http://www.revue-espaces.com).
  • Sans oublier, bien sûr, l’indispensable développement de l’éducation à l’histoire des arts à l’école.

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Face au danger d’un repli de la fréquentation des institutions culturelles sur des publics « acquis » (cf. le recul, par exemple, des concerts de musique classique), il ne paraît pas très judicieux par ailleurs de poursuivre dans la voie d’une augmentation déraisonnable des tarifs dans les lieux de visite, au moment même où se produit une stagnation, voire un recul, du pouvoir d’achat des Français (un billet d’entrée à 15 euros par exemple pour l’exposition d’automne sur Louis XIV au château de Versailles ; ou, dans un autre domaine, une entrée à 17,50 euros au Mémorial de la Paix à Caen).

Reste que l’action des pouvoirs publics (au premier rang desquels les collectivités territoriales) dans les domaines du cinéma, des arts plastiques, du livre et de la lecture, des enseignements artistiques ou encore de la valorisation des patrimoines permet à notre pays de disposer d’une offre culturelle riche et diversifiée.

Dès lors, faisons attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain !

Et vous, qu’attendez-vous du ministère de la Culture pour les cinquante prochaines années ?

Quel devenir pour les grands équipements touristico-culturels ?

Jeudi 5 novembre 2009

Nombre d’équipements conçus pour attirer une large fréquentation, jouer un rôle structurant en termes de développement touristique et susciter des retombées économiques fortes ne tiennent malheureusement pas leurs promesses dans la durée.

Quelles peuvent en être les raisons ?

  • Les prévisions de fréquentation sont parfois inconsidérément optimistes, le « bassin de clientèle » ne permettant tout simplement pas de parvenir aux chiffres annoncés de façon imprudente.
  • La certitude de proposer un équipement attractif au public conduit dans certains cas à fixer à un niveau trop élevé le prix d’entrée, ce qui conduit à une réduction de la demande potentielle et à une diminution du taux de renouvellement des visites. Or, la fidélisation des visiteurs (notamment le public de proximité) constitue un point clé des facteurs de réussite.
  • Enfin, une attention insuffisante est fréquemment accordée à l’implantation territoriale : travail en réseau avec les acteurs du tourisme et de la culture, inscription dans les politiques locales, mutualisation des efforts de promotion et de communication.

Partagez-vous ces éléments d’analyse ?