Archive pour la catégorie ‘Management’

Montages public-privé

Samedi 28 août 2010

Montages public-privé & tourisme

Cahier Espaces n° 105, juin 2010, 150 pages

http://www.revue-espaces.com/librairie/7765/montages-public-prive-tourisme.html

Voici la présentation du dernier numéro des Cahiers Espaces consacré aux relations entre opérateurs publics et privés dans les secteurs du tourisme et de la culture, une large place étant accordée à la notion de « délégation de service public ».

Pas plus que l’on peut délocaliser le tourisme peut-on envisager de le développer sans soutien public, ne serait-ce que pour créer les infrastructures de transport ou pour valoriser le patrimoine (naturel ou culturel). Le tourisme est, en effet, un secteur dans lequel l’intervention publique est forte par nature.

La question se pose alors de savoir qui, du public ou du privé, est le mieux à même de gérer les équipements appartenant aux collectivités, avec des approches différentes selon que l’objet de ces équipements est strictement touristique (remontées mécaniques, campings, offices de tourisme…) ou qu’il ne l’est que partiellement (monuments historiques, musées, piscines sportives et ludiques, bases de plein air et de loisirs…).

Force est de constater que, plus qu’à des débats de fond opposant libéralisme à interventionnisme, on assiste à des « phénomènes de mode » en faveur de tel ou tel type de montage. Au-delà des tendances et inévitables effets de balancier en faveur de tel ou tel montage juridico-financier, la question du partenariat public-privé est complexe, et pas seulement sur le plan juridique ! Chaque cas est un cas particulier qui s’analyse en fonction des objectifs fixés à l’équipement, mais aussi en fonction de sa taille, de sa complexité, de la taille de la collectivité qui le soutient, de ses ressources humaines… Le dogmatisme en la matière n’a pas de sens. Ni en faveur d’une gestion publique, ni en faveur d’une gestion privée, ni d’ailleurs en faveur d’un montage mixte.


Sommaire

1. Partenariat public-privé • Une réflexion à mener

2. Montage juridique • L’embarras du choix

3. Gestion publique • Un mode d’exploitation performant

4. Gestion privée des équipements sportifs • Vingt ans d’expérience

5. Gestion privée des sites culturels • Un essor récent

Notre contribution est la suivante :

La gestion privée des sites culturels. Une fausse solution à des problèmes mal posés ?

En matière de sites et équipements culturels, un nombre croissant d’élus sont conduits à utiliser différentes formes d’implication du secteur privé, estimant que la gestion publique ne permet pas de faire face aux multiples impératifs auxquels ils sont confrontés.Si le statut juridique ne doit pas devenir un handicap pour le développement d’un site culturel ou touristique, le choix de ce dernier ne résout pas à lui seul tous les problèmes. La qualité du projet et de la vision stratégique, la compétence et la qualification des personnels, ainsi que l’efficacité du management et des instruments de gestion sont au cœur de la réussite. Une réussite qui n’est pas donc pas liée uniquement au mode de gestion.S’agissant de la gestion publique, il est possible, pour pallier les difficultés de la régie simple, d’autonomiser la gestion de l’équipement culturel en le dotant d’un budget, distinct de celui de la collectivité publique, voire de personnaliser sa gestion en lui conférant de surcroît la personnalité morale.

http://www.revue-espaces.com/librairie/7768/montage-public-prive-dsp-delegation-service-public.html

http://www.revue-espaces.com/carnet/1287.tobelem_jean-michel.html

Un an… déjà !

Dimanche 1 août 2010

Il y a un an, nous vous proposions un nouveau site de discussion, le blog d’Option Culture (http://option.culture.free.fr), consacré à la gestion et au développement des sites culturels.

Voici ce que nous disions alors.

Vous avez dit management des sites culturels ?

Eh oui, comme toute organisation, les musées, monuments, sites archéologiques, « maisons », centres de culture scientifique et autres centres d’interprétation ont besoin d’être gérés !

De là, deux possibilités : soit l’on considère que le mode de gestion qui peut trouver à s’y appliquer n’est guère différent de la gestion que l’on enseigne dans les écoles de commerce ou les instituts d’administration.

Soit – et le lecteur aura deviné que c’est notre position – l’on considère qu’il convient de développer une approche spécifique des institutions culturelles pour tenir compte de nature particulière de leurs missions (conservation, recherche, éducation, diffusion…).

Nous ferons donc part ici des réflexions issues de nos diverses expériences : consultant, chercheur et enseignant.

Bien entendu, loin de défendre une position dogmatique, celles-ci seront ouvertes à la discussion avec les lecteurs de ce blog !

Voici, à titre d’illustration, quelques-uns des sujets que nous aborderons dans les prochains « posts » : expositions, philanthropie, tarification, stratégie, mondialisation, marketing, formation, mécénat, financement, tourisme, architecture…

Un an après on peut constater que ces thèmes ont été abordés à travers une centaine de billets, mais d’autres sujets également, le tout formant un ensemble composite autour des questions relatives à l’évolution du monde de la culture.

C’est désormais le moment de s’adresser à vous, à l’écoute de vos remarques et de vos suggestions.

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (5)

Jeudi 22 juillet 2010

Pour clore cette série de billets, rappelons qu’à travers le concept d’« organisation culturelle de marché », nous avons souhaité montrer  :

  • que nombre de musées, de monuments et autres sites culturels ne sont pas seulement entrés dans une logique de modernisation et de rationalisation ;
  • que l’ensemble de l’organisation est concernée, en particulier – mais pas seulement – dans sa dimension gestionnaire ;
  • que c’est bien toute l’activité du site culturel qui est confrontée à la logique du marché, en tant que lieu de rencontre d’une offre et d’une demande : les visites, les expositions, les collections, la programmation, le financement, le personnel.

Cela signifie également qu’un rapprochement s’est opéré avec le monde du loisir, de la consommation et du divertissement ; mais que, pour autant, les sites culturels ne sont pas des entreprises commerciales, s’agissant d’institutions (publiques ou privées) à but non lucratif.

Outre la présentation du concept dans notre livre Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, réédition 2010), nous mentionnerons également un article (Les mutations du management des sites culturels, retour sur le concept d’ »organisation culturelle de marché ») paru dans l’ouvrage collectif Les nouveaux défis du manager public. Conduire le changement, maîtriser la gestion, dynamiser le territoire, coordonné par Henri Mahé de Boislandelle et Isabelle Bories-Azeau : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=30092.

Manager public 2

En voici la présentation :

Cet ouvrage est né d’un colloque organisé à Montpellier par la Faculté d’Administration Économique et Sociale en 2006. L’objectif était de susciter une réflexion sur les nouveaux enjeux du management public en confrontant les approches d’universitaires et de praticiens autour de trois thématiques d’actualité : la conduite du changement dans les organisations publiques ; l’appropriation des outils de gestion par le manager public ; le territoire, nouvel enjeu du management public. Cet ouvrage propose ainsi une centration nouvelle et originale sur le manager public et notamment sur la responsabilisation des cadres dirigeants résultant de la logique managériale introduite par les réformes successives du secteur public.

Gérer un musée municipal

Vendredi 28 mai 2010

Dans Le courrier des maires et des élus locaux (n° 234, avril 2010), Sophie Flouquet consacre un dossier à la question de la gestion d’un musée municipal (http://www.courrierdesmaires.fr/items/Archives%20%28Couvs%20-%20Sommaires%29/cdm234-sommairep04-05.pdf), en interrogeant trois maires à ce sujet :

  • André Rossinot (Nancy), autour de la question du tourisme culturel
  • René Vandierendonck (Roubaix), au sujet du développement urbain
  • et André Laignel (Issoudun), à propos de la mutualisation des équipements

On trouvera également un dossier réalisé par Caroline Lefebvre sur le thème suivant : Médiathèques, comment rester à la page ?

Trois grands questionnements servent de repères :

  • Les pratiques changent, les priorités aussi
  • Lieux de culture, lieux de vie
  • A la conquête de nouveaux publics

S’agissant des mutations des bibliothèques, on se réfèrera utilement au dossier réalisé par Hélène Girard dans La Gazette des communes (n° 24, 15 juin 2009) sous le titre : Bibliothèques, les nouveaux usages bousculent les traditions.

Autrement dit, la gestion des équipements culturels de toute nature est complexe et s’opère dans un environnement en rapide évolution !

Stock options (suite)

Samedi 1 mai 2010

Rassurons les lecteurs candides ou ceux peu familiers de la tradition des canulars et autres plaisanteries du 1er avril : il n’y avait rien de vrai (espérons-le du moins…) dans notre billet portant sur les stock options dans le secteur culturel !

Mais si cette annonce a été prise au sérieux par certains, de même que les poissons d’avril de La Tribune de l’art (http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html) ou du Louvrepourtous (http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html), on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là quelque chose d’inquiétant concernant l’avenir des musées et des monuments dans notre pays.

Sur le mode de la boutade, nous touchons par conséquent au sujet sensible d’institutions culturelles qui sont progressivement placées au centre d’enjeux économiques, politiques, diplomatiques… et de pouvoir.

En effet, comme l’indique Sophie Flouquet dans le Journal des Arts (n° 322, 2-16 avril 2010), « les établissements publics culturels sont aujourd’hui l’enjeu de luttes de pouvoir inimaginables il y a encore une dizaine d’années ».

Qui l’eût dit, qui l’eût cru ?

Quelles ressources pour le patrimoine ?

Lundi 26 avril 2010

Récemment visité sous la conduite de son directeur, Olivier Rousseau (par ailleurs docteur du muséum national d’Histoire naturelle), le château d’Andrézieux-Bouthéon (http://www.chateau-boutheon.com) offre l’occasion de réfléchir aux ressources des musées et des monuments.

Le domaine de Bouthéon, dans le département de la Loire, a la chance de pouvoir se développer depuis quelques années dans un environnement favorable du point de vue concurrentiel et des bassins de chalandise, en dépit d’une accessibilité réduite du fait de sa situation en centre-ville.

Le fait de proposer une offre aux multiples composantes, s’adressant à des publics aux intérêts divers et répondant aux attentes des différents membres de la famille constitue dans ce cas un avantage : des animaux pour les enfants, un centre d’interprétation et un aquarium pour toute la famille, un parc et un jardin pour les amoureux de la nature, des expositions et de nombreuses manifestations événementielles pour susciter des visites régulières de la population résidante.

Parvenir à susciter un niveau raisonnable de ressources propres suppose de combiner plusieurs sources de financement, en particulier les recettes de billetterie et celles provenant de la boutique (nous y reviendrons dans de prochains billets).

Le domaine d’Andrézieux-Bouthéon a quant à lui l’avantage de pouvoir proposer en outre une offre très développée de location de salles pour des séminaires, réunions et autres rassemblements d’entreprises ou d’associations, ce qui se justifie du fait de la présence d’une importante zone industrielle et de la proximité de grandes agglomérations (Saint-Étienne en particulier).

Reste à proposer une offre de restauration, légère et limitée à la haute saison éventuellement, pour répondre à la fois aux besoins des publics et créer de nouvelles sources de revenus. Cela s’impose en particulier lorsque les visiteurs peuvent rester plusieurs heures dans un site et qu’il n’est pas commode de sortir du domaine pour s’offrir un rafraîchissement ou une friandise… voire plus.

Notre suggestion, pour finir : veiller à une certaine forme d’authenticité pour ce qui a trait au patrimoine (restauration du bâti ancien et implantation de constructions vernaculaires) et… prévoir un change-bébé !

Les stock options autorisées pour les directeurs d’institutions culturelles !

Jeudi 1 avril 2010

De sources concordantes généralement bien informées, proches des services de la présidence, nous apprenons que le gouvernement s’apprête à autoriser – sous conditions – le versement de stock options (ou « options sur titres ») pour des directeurs d’institutions culturelles.

Plusieurs exigences seraient toutefois prévues :

  • le montant des stock options ne pourra excéder un million d’euros au total
  • leur versement ne sera pas autorisé avant une période de 5 ans
  • la somme versée sera bien sûr soumise aux impôts (y compris l’ISF) et aux cotisations sociales

Dans la pratique, pourront prétendre au versement de ces stock options les directeurs d’institutions culturelles (théâtres, maisons d’opéra, musées, bibliothèques, centres d’archives, etc.) qui auront fait progresser la fréquentation de plus de 10% par an pendant trois ans, n’auront connu aucun conflit social et auront accru leurs ressources propres (billetterie, locations de salle, mécénat…) de 5% en moyenne chaque année.

L’objectif, bien entendu, est d’accroître la performance des institutions culturelles, d’intéresser leurs responsables aux résultats obtenus et d’encourager la poursuite du rapprochement entre le monde de la culture et celui des entreprises.

Alors que certaines voix s’élèvent déjà pour dénoncer l’existence de « parachutes dorés », il s’agirait – selon les sources citées qui souhaitent rester anonymes – d’un élément de motivation supplémentaire pour les directeurs d’institutions et en aucun cas du symbole d’une « marchandisation de la culture ».

Un décret du ministère de la Culture devrait venir préciser dans les jours à venir les modalités d’application de la mesure.

Qu’en pensez-vous ?

PS : deux nouvelles surprenantes nous parviennent, à lire aux adresses suivantes.

  • http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html
  • http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html

Cluny et la transformation des musées

Lundi 8 mars 2010

Un entretien intéressant avec la directrice du musée de Cluny – musée national du Moyen Âge (Paris) dans le Journal des Arts n° 309 (18 septembre – 1er octobre 2009).

Cluny

Son chef d’établissement établit plusieurs constats :

  • Le statut d’établissement public n’est pas adapté à tous les types de musées et, en tout état de cause, il constitue un moyen pour faciliter leur développement et non une finalité (« Le statut du musée doit être un outil, pas une fin en soi« ) ;
  • La multiplication des établissements publics a pour conséquence d’intensifier la concurrence entre musées (et – ajoutons – d’affaiblir la Réunion des musées nationaux) ; en effet, « même si le statut d’EP a eu pour heureuse conséquence de doter les grands musées de nouveaux moyens, cela a contribué à casser le réseau scientifique et patrimonial des musées nationaux, instaurant entre eux une sorte de système de concurrence. Cela a été très dommageable« .
  • Il convient enfin d’être particulièrement prudent dans l’utilisation des collections pour lever des fonds (« Ne pas trop glisser sur la pente de la circulation à tous crins« )…

Partagez-vous les observations de cette conservatrice générale du patrimoine ?

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (4)

Vendredi 5 mars 2010

Bien que partageant certains points communs avec les musées « super-stars », qui ne concernent par définition qu’un très petit nombre d’établissements dans le monde, les OCM se caractérisent avant tout par la dépendance du site culturel à l’égard du marché, ce qui peut concerner un musée ou un monument dont l’audience n’est pas nécessairement internationale mais davantage régionale.

De plus, les OCM ne se rapportent pas exclusivement – au contraire des musées « superstars » – aux grands musées d’art (et en particulier de peinture), mais peuvent tout aussi bien concerner des musées de science, d’ethnologie ou d’histoire.

Enfin, cette proposition de définition exclut des institutions célèbres mais dont la plus faible dépendance à l’égard du marché conduit à ne pas les ranger dans la catégorie des OCM.

On peut citer à cet égard les grands sites culturels qui sont dotés d’une confortable dotation en capital (ou endowment) ; de même que les équipements qui peuvent choisir – volontairement – de rester à l’écart des phénomènes de la communication de masse, à l’instar d’institutions de grande réputation mais prioritairement tournées vers l’étude, la recherche et les publications.

Suite et fin au prochain billet !

Faut-il avoir peur de la gestion ?

Lundi 22 février 2010

L’orientation gestionnaire est fréquemment rendue responsable d’un éloignement des grandes institutions culturelles de leurs missions artistiques, scientifiques, sociales ou pédagogiques.

C’est peut-être aller un peu vite en besogne !

Nul ne peut nier qu’une priorité accordée aux logiques managériales puisse parfois s’effectuer en contradiction avec la vocation culturelle et éducative de quelques grands établissements.

Mais cela supposerait que l’on confonde les fins avec les moyens.

En effet, un grand établissement doit nécessairement être « géré », si l’on entend par là qu’il doit être fait un usage pertinent et efficient des fonds publics, d’une part ; et que, d’autre part, les évolutions du monde contemporain imposent à ces établissements de nouvelles responsabilités : gestion des ressources humaines, recherche de financements, animation des partenariats, encadrement juridique des opérations, démarche stratégique, etc.

Autrement dit, il n’est pas imaginable de négliger la fonction gestionnaire des établissements culturels, mais cette dernière doit nécessairement être placée au service de leurs fonctions scientifiques et éducatives.

Partagez-vous ce point de vue ?

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (3)

Lundi 15 février 2010

C’est pour rendre compte du fait que les sites culturels sont des organisations (mais pas des entreprises au sens commercial du terme) ; que ces organisations relèvent du champ culturel ; et que leur fonctionnement est de plus en plus dépendant du marché – que nous avons proposé le concept d’« organisation culturelle de marché » (OCM) ; cf. nos deux billets précédents portant sur ce thème.

Si la plupart des sites culturels sont concernés par les mécanismes du marché, trois grandes dimensions permettent cependant de spécifier cette notion :

  • la prise en compte prioritaire des publics
  • une approche stratégique visant à agir de façon plus « proactive » que réactive
  • et un mode d’organisation visant efficacité managériale et réactivité à l’environnement du site

S’agissant des publics, l’OCM recherche un ajustement de son offre aux besoins perçus de la demande au moyen de sa programmation culturelle, des services proposés aux visiteurs et d’une insertion croissante dans les politiques touristiques territoriales.

Dès lors que les sites culturels cherchent à adapter leur offre scientifique, culturelle et pédagogique aux mutations de leur environnement, ils sont conduits à se placer dans le cadre d’une démarche stratégique (définissant des objectifs au service de leur mission) et à évaluer le résultat de leurs actions.

De même, l’organisation du site culturel n’est pas considérée comme une donnée intangible ; elle peut être reconfigurée en fonction des moyens permettant d’accomplir au mieux la mission de l’institution.

Nous approfondirons cette approche dans un prochain billet.

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (2)

Lundi 25 janvier 2010

Comme indiqué dans un précédent billet, les évolutions que connaissent les sites culturels suggèrent une intégration croissante de ces derniers dans des mécanismes de marché :

  • marché de la consommation avec la recherche d’une augmentation de la fréquentation et la vente de produits dérivés ;
  • marché des œuvres avec la circulation des collections à l’échelle internationale dans des expositions « blockbusters » (voire même avec la location d’œuvres) ;
  • marché de l’image avec les publications, les produits multimédias et les sites Internet ;
  • marché de l’éducation avec l’essor des visites scolaires, de la formation continue et des programmes éducatifs en ligne ;
  • marché du don avec les politiques de collecte de fonds en direction des entreprises, des fondations et des particuliers, à l’échelle nationale et internationale ;
  • marché du travail et de la main d’œuvre avec la recherche de professionnels talentueux et expérimentés, mais également de bénévoles ;
  • marché politique avec les négociations relatives aux implantations hors les murs de ces institutions.

C’est de ces transformations que visent à rendre compte le concept d’« organisation culturelle de marché », comme nous le développerons dans un prochain billet.

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (1)

Vendredi 8 janvier 2010

Depuis que nous avons forgé le concept d’organisation culturelle de marché (OCM), à l’occasion d’une thèse de doctorat en sciences de gestion, ce terme a été parfois mal compris ou mal interprété. Il ne semble donc pas inutile d’y revenir.

L’origine du concept provient des transformations des sites culturels, marquées par les phénomènes suivants : diversification des missions, impératifs financiers croissants, transformation des structures juridiques, complexité organisationnelle grandissante, responsabilité accrue à l’égard des fonds publics, apparition de nouvelles stratégies, exigences d’ouverture à de nouveaux publics, développement des procédures de contractualisation et d’évaluation, renforcement des contrôles, essor des activités commerciales (http://www.espacestemps.net/document1878.html).

Pour autant, les musées ou les monuments sont avant tout des institutions sans but lucratif, ce qui interdit – en toute rigueur – de parler d’« entreprises » à leur sujet, même si elles font une place grandissante à une démarche « entrepreneuriale ».

Au-delà d’un déplacement des frontières entre secteur marchand et non marchand, il semble par conséquent nécessaire de proposer un concept capable de décrire des institutions hybrides évoluant entre le service du public et l’insertion dans le marché, comme nous le préciserons dans un prochain billet.

Dérives commerciales : les musées marchands

Mardi 15 décembre 2009

Sous la plume de la journaliste Marion Rousset, le mensuel Regards (n° 67, décembre 2009) publie un article sur l’évolution de certains grands établissements culturels 

(http://www.regards.fr/archive/issue/?id=91).

Voici son texte d’introduction : 

« Musées et monuments historiques usent et abusent de pratiques commerciales éprouvées dans le privé. Une tendance qui puise aussi sa source dans les contraintes politiques qui pèsent sur eux. Enquête sur les formes contemporaines du management culturel. »

Regards

Parmi les questions abordées :

  • les tarifs
  • les expositions
  • les activités commerciales

A ce propos, le début de la chronique d’Olivier Cena dans l’édition du 16 décembre 2009 de l’hebdomadaire Télérama mérite d’être cité :

« L’entrée en force de l’art (requalifié pour l’occasion de plastique) dans l’industrie culturelle et le développement de cette dernière créent de nouveaux appétits entraînant parfois de nouvelles pratiques. On sait les musées arc-boutés sur les chiffres de fréquentation comme de vulgaires chaînes de télévision, et les expositions de plus en plus spectaculaires et de moins en moins scientifiques qui en découlent. On sait moins les procédés plus discutables consistant, pour les institutions les moins fortunées, à appâter l’amateur par un titre ronflant et deux ou trois oeuvres vedettes (on pourrait dire, comme au cinéma, bankable), cachant en réalité des manifestations très modestes. »

On mentionnera également l’article consacrée par la journaliste Clarisse Fabre (Le Monde du 4 décembre 2009) au Centre Georges Pompidou. Un conservateur déclare :

« Il y a quelques années, la règle était que les expositions à l’étranger devaient être neutres financièrement. Désormais, elles doivent rapporter de l’argent. D’où des opérations blockbuster au Japon ou en Corée, avec des Matisse et des Picasso pour doper les recettes (…) Avant, les expositions grand public [au Centre Pompidou] servaient à programmer des événements plus difficiles d’accès, et à soutenir des artistes émergents. Peu importait, alors, le nombre de visiteurs. Aujourd’hui, on nous pose systématiquement la question : quel potentiel d’entrées ? »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Le rôle du consultant 3

Samedi 5 décembre 2009

On connaît le refrain : les maîtres d’ouvrage estiment que les consultants utilisent les mêmes « recettes » et les consultants constatent (c’est le charme du métier !) qu’ils sont chaque fois conduits à faire du « sur-mesure »…

C’est probablement que la réalité se situe entre les deux !

Les consultants reconnus ne « plaquent » pas des solutions toutes faites (ce n’est ni pertinent ni stimulant intellectuellement).

En revanche, l’expérience de configurations plus ou moins analogues leur permet de mobiliser des références pertinentes destinées à éclairer une situation spécifique.

Comme toujours, tout est une question d’équilibre !

Est-ce également votre sentiment ?

Quel devenir pour les grands équipements touristico-culturels ?

Jeudi 5 novembre 2009

Nombre d’équipements conçus pour attirer une large fréquentation, jouer un rôle structurant en termes de développement touristique et susciter des retombées économiques fortes ne tiennent malheureusement pas leurs promesses dans la durée.

Quelles peuvent en être les raisons ?

  • Les prévisions de fréquentation sont parfois inconsidérément optimistes, le « bassin de clientèle » ne permettant tout simplement pas de parvenir aux chiffres annoncés de façon imprudente.
  • La certitude de proposer un équipement attractif au public conduit dans certains cas à fixer à un niveau trop élevé le prix d’entrée, ce qui conduit à une réduction de la demande potentielle et à une diminution du taux de renouvellement des visites. Or, la fidélisation des visiteurs (notamment le public de proximité) constitue un point clé des facteurs de réussite.
  • Enfin, une attention insuffisante est fréquemment accordée à l’implantation territoriale : travail en réseau avec les acteurs du tourisme et de la culture, inscription dans les politiques locales, mutualisation des efforts de promotion et de communication.

Partagez-vous ces éléments d’analyse ?

Projet et démarche stratégique

Dimanche 25 octobre 2009

Signalons la dernière livraison de la Lettre de l’OCIM (http://www.ocim.fr/La-Lettre-de-l-OCIM-Sommaire-du,2256) consacrée à la notion de projet dans les musées, abordée à travers plusieurs contributions de professionnels.

Remarquons que les concepteurs de ce numéro, Serge Chaumier et Marie Bachy, n’utilisent pas le concept de « stratégie » à  propos des Projets scientifiques et culturels (PSC), ce qui soulève des interrogations.

OCIM 124

Y aurait-il donc une telle césure entre la démarche de projet et la logique stratégique ?

Le mot lui-même fait-il peur dans le monde de la culture, dans la mesure où il serait par trop lié aux sciences de la gestion ?

Il semble pourtant que le concept de stratégie puisse constituer un bon outil à la disposition des acteurs culturels pour provoquer l’adhésion des tutelles, des partenaires et des parties prenantes à leurs projets de développement.

Voilà sans doute un objet de débat, pour lequel vos contributions sont les bienvenues !

Délégation de service public

Mercredi 7 octobre 2009

On parle aujourd’hui volontiers de partenariats public-privé, de gestion déléguée, d’économie mixte, de délégation de service public.

La gestion publique serait ainsi désignée comme peu à même de faire face aux mutations du secteur culturel et touristique.

Langeais

C’est sur ces questions que le colloque de Langeais se propose de faire le point, en présence du secrétaire d’Etat chargé du Tourisme (notamment), Hervé Novelli.

Nous aurons l’occasion de livrer notre point de vue sur le management des sites culturels, les formes de « rentabilité » des institutions culturelles et les retombées à en attendre.

Gérerlaculture

Plus précisément, nous ferons part de nos observations relatives à la place des questions scientifiques (collections, recherche, publications, conservation préventive…) dans le cas des délégations de service public, dans la lignée de notre contribution à l’ouvrage collectif dirigé par Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier Gérer la culture en région, les pratiques des collectivités territoriales en France (L’Harmattan).

La qualité de l’accueil dans les équipements culturels

Samedi 19 septembre 2009

La question de l’accueil constitue aujourd’hui un point décisif pour permettre à des sites culturels de répondre aux besoins des visiteurs et d’exister durablement dans une offre de lieux de visite devenue pléthorique.

Une prise de conscience de cet enjeu constitue assurément un préalable et ne conduit pas nécessairement à mettre en œuvre des moyens lourds et coûteux.

Accueil

Toutefois, deux conceptions peuvent être distinguées, sans être opposées pour autant.

La première consiste à énumérer un certain nombre de points qui donneront lieu à des enquêtes quantitatives auprès des visiteurs (qualité de l’information, services proposés, propreté des locaux, etc.). C’est une démarche encouragée à juste titre par les pouvoirs publics.

La seconde approche consiste à reconnaître l’importance des points précédents, mais aussi à souligner le rôle de la qualité de l’expérience globale de visite, qui résulte d’un ensemble de facteurs en partie intangibles : ambiance des lieux, gentillesse du personnel d’accueil (qui ne se contente pas de suivre des procédures standardisées mais est capable d’aller au-delà des indications fournies pour faire plaisir au visiteur), éléments de surprise dans le parcours de visite, convivialité des lieux, etc.

Ainsi, alors que l’on trouvera normal que le site de visite dispose des éléments de confort attendus d’un équipement recevant du public, le dévouement d’un membre du personnel qui aura devancé les attentes des visiteurs constituera un moment dont on se souviendra durablement.

Avez-vous des exemples allant dans ce sens ?

Musées en mutation

Lundi 17 août 2009

Retour sur un colloque consacré aux mutations contemporaines des musées qui a eu lieu à l’université de Toulouse en juin 2009 (http://www.musees-en-mutation.org/).

Musées en mutation

Organisé par Martine Regourd, il a réuni de nombreux chercheurs (jeunes et confirmés) autour de questions relatives à la communication, à la médiation et à la gestion dans le domaine des musées.

Toulouse 2009 

Rassurez-vous, la publication des actes est en préparation !

Un blog sur le management des sites culturels !

Samedi 1 août 2009

Vous avez dit management des sites culturels ?

Eh oui, comme toute organisation, les musées, monuments, sites archéologiques, « maisons », centres de culture scientifique et autres centres d’interprétation ont besoin d’être gérés !

De là, deux possibilités : soit l’on considère que le mode de gestion qui peut trouver à s’y appliquer n’est guère différent de la gestion que l’on enseigne dans les écoles de commerce ou les instituts d’administration.

Soit – et le lecteur aura deviné que c’est notre position – l’on considère qu’il convient de développer une approche spécifique des institutions culturelles pour tenir compte de nature particulière de leurs missions (conservation, recherche, éducation, diffusion…).

Nous ferons donc part ici des réflexions issues de nos diverses expériences : consultant, chercheur et enseignant.

Bien entendu, loin de défendre une position dogmatique, celles-ci seront ouvertes à la discussion avec les lecteurs de ce blog !

Voici, à titre d’illustration, quelques-uns des sujets que nous aborderons dans les prochains « posts » : expositions, philanthropie, tarification, stratégie, mondialisation, marketing, formation, mécénat, financement, tourisme, architecture…

De votre côté, avez-vous des suggestions ?