Quelle politique en matière de patrimoine ?

20 mai 2012

Dans le dernier numéro de la revue des Vieilles Maisons Françaises (n° 243, mai 2012), la journaliste Sophie Flouquet interroge deux observateurs du monde patrimonial.

Professeur au collège de France et historien de l’art, Roland Recht affirme :

  • Nous avons amorcé un changement profond depuis une trentaine d’année déjà, et le processus général s’étirera encore longtemps. C’est ce processus-là qui a de quoi nous inquiéter. La politique libérale de l’État est bel et bien amorcée dans ce domaine et les cas de désengagements douloureux vont se multiplier.
  • La « longue durée » réclame une réflexion approfondie des experts et elle est, par nature, à l’opposé des éphémérides que produit le monde politique. Il y a là une incompatibilité de durées qu’on ne peut lever qu’en créant l’équivalent d’un Conseil d’État pour le patrimoine.
  • Il n’y a plus de recours possible qui se situerait entre des élus locaux prix dans des logiques électoralistes et de gestion économique, et des techniciens qui ne jouent plus leur rôle de véritable office de veille.
  • Une commission permanente de sages, mêlant experts du patrimoine et politiques, doit dessiner les grandes perspectives et examiner les situations propres aux différentes formes de patrimoines monumentaux. Elle doit aussi avoir la capacité de proposer des affectations nouvelles pour tel ou tel édifice. L’État peut transférer la gestion de certains monuments, mais pas en totalité. Enfin, une gestion intelligente de la politique patrimoniale pourrait constituer un formidable élan nouveau donné à des métiers liés au patrimoine.

Pour sa part, la sociologue Nathalie Heinich déclare :

  • Que les différentes administrations intéressées, au niveau national ou local, aient du mal à en assumer les charges, quoi de plus prévisible, surtout en période de crise ? Même s’il faut bien sûr veiller à ce que les transferts de responsabilité ne se fassent pas au détriment de la sauvegarde et de la mise en valeur.
  • Tout ne peut pas devenir patrimoine, mais de plus en plus d’éléments sont susceptibles d’être patrimonialisés.
  • L’extension est effective, mais cela ne signifie pas qu’elle soit potentiellement infinie !

 

Repérages

10 mai 2012

« Repérages » est un bulletin bibliographique mensuel proposant une sélection non exhaustive d’articles issus des parutions professionnelles (périodiques et monographies) dans le champ des musées, du patrimoine et de la culture scientifiques et techniques.

Ce nouveau bulletin bibliographique commenté est proposé par l’OCIM (http://outils.ocim.fr/infodoc/reperages/reperages_1_online.html).

 

 

En voici la présentation :

« Repérages » propose aux publics de l’OCIM une sélection mensuelle d’articles issus des parutions professionnelles dans le champ des musées, du patrimoine et de la culture scientifiques et techniques.

Comment sont sélectionnés les articles de « Repérages » ?

Disponibilité

Les articles doivent être obligatoirement disponibles au centre de documentation de l’OCIM ou sur Internet.

Intérêt

  • Prime aux sujets novateurs et/ou peu traités
  • Les articles doivent avoir une valeur documentaire suffisamment importante
  • Variété de contenus, de thèmes, d’approches et de types de publications

Équilibre

« Repérages » est une « fenêtre » ouverte sur le fonds documentaire de l’OCIM ; il doit donc être le reflet, dans la mesure du possible :

  • des thématiques traitées dans l’ensemble du fonds : conservation, restauration, médiation, publics, politiques culturelles, gestion des collections, patrimoine, gestion muséale, muséologie, législation, sécurité, science et société, exposition, muséographie, etc.
  • des types de contenus : articles de réflexion, articles techniques, articles pratiques, retours d’expériences, etc.
  • de la variété des auteurs : professionnels, chercheurs, universitaires, etc.
  • de la variété des courants de pensée : courant anglo-saxon, courant canadien, courant européen, courant français, etc.
  • de la variété des approches : pédagogique, culturelle, muséologique, sociologique, etc.

Type de ressource

  • Les articles peuvent faire être issus d’une parution périodique ou d’un ouvrage collectif.
  • « Repérages » signale également des ressources accessibles en ligne gratuitement.

La lettre de l’OCIM

La lettre de l’OCIM n’est volontairement pas présente dans ce produit.

Quelles parutions périodiques sont couvertes par « Repérages » ?

En plus des ouvrages collectifs, voici une liste des périodiques dont sont extraits les articles signalés dans « Repérages » :

  • L’archéologie industrielle en France
  • Actualité de la Scénographie
  • ASTC dimensions
  • Les cahiers de Culture et démocratie
  • Les cahiers du musée des confluences
  • Case studies
  • CeROArt
  • Collection forum
  • Conservation restauration des biens culturels
  • Coré
  • Culture et musées
  • Curator
  • Entreprises & mécénat
  • ICON news
  • International biodeterioration and biodegradation
  • International journal of intangible heritage
  • In situ
  • Journal of education in museums
  • Journal of the AIC
  • Les livrets de l’IFREE
  • Muse
  • Musées
  • Musées & collections publiques de France
  • Museum international
  • Museum management and curatorship
  • Museum news
  • Museum practice magazine
  • Museums.ch
  • Les nouvelles de l’ICOM
  • L’observatoire
  • Patrimoine de l’industrie
  • Patrimoines
  • Public understanding of science
  • Recherches en didactique des sciences et des technologies
  • Restaurator
  • Reviews in conservation
  • La revue des musées de France
  • Science in school
  • Studies in conservation
  • TECHNÈ
  • The geological curator
  • U-culture(s)

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Voici le sommaire du premier numéro.

 

Culture & musées
vol. 55 n° 1 (jan. 2012)
© Actes sud
Le récit dans la médiation des sciences et des techniques
Le récit de témoignage sur les usages comme reconstruction du sens des objets
GELLEREAU Michèle (pp. 75-97)
Le processus de patrimonialisation des objets techniques produit différents récits tout au long de son déroulement. En analysant des narrations associées à des objets témoins de la Première Guerre mondiale, l’auteure démontre que la médiation repose sur la matérialité de ces récits qui créée des liens entre l’objet et son utilisateur.Technique et récit : éléments d’une critique de la raison narrative
NGUYEN Céline ; FAUCHEUX Michel ; CHOUTEAU Marianne (pp. 23-45)
L’analyse de la place du récit dans le domaine des sciences et techniques révèle que les liens qu’ils tissent ensemble sont particuliers. En effet, loin de n’être qu’un miroir et un outil de représentation, le récit appliqué à la science et à la technique est un élément de connaissance à part entière. retourUn ou plusieurs articles vous intéressent ? Faites votre demande en ligne
Curator
vol. 55, n° 1 (jan. 2012)
© California Academy of sciences
Communities and museums
Curating a Bhopal people’s movement : an opportunity for indian museums
LAKSHMI Rama (pp. 35-50)
Pour résister à un projet gouvernemental considéré comme illégitime, les victimes de la catastrophe industrielle de Bhopal (Inde, 1984) ont réalisé leur propre exposition itinérante sur cet événement. Le choix de cette thématique peut ouvrir la voie des expositions de société aux autres musées indiens, traditionnellement nationalistes.Searching for « community » : making english rural history collections relevant today
SMITH Rhianedd (pp. 51-63)
En Angleterre, les communautés locales ont joué un grand rôle dans le développement des musées ruraux avant d’en être écartées. Pourtant leurs connaissances du terroir en font des acteurs indispensables pour l’étude des collections et l’ancrage sociétal de ces musées. Explications et retours d’expériences destinées à susciter la participation du public local.Engaging Islam : working with muslim communities in a multicultural society
SHATANAWI Mirjam (pp. 65-79)
Une étude menée au Tropenmuseum d’Amsterdam (musée d’ethnographie) analyse les relations entre les publics et les communautés musulmanes dans le contexte de débat public autour de l’Islam. Cette recherche interroge la pertinence du développement d’une approche communautaire qui tenterait de refléter la diversité culturelle de la société européenne.The digitalization of pacific cultural collections : consulting with pacific diasporic communities and museum experts
BLAKE Meredith ; SINGH Supriya (pp. 95-105)
Les communautés indigènes du Pacifique souhaitent être associées aux projets de numérisation de leur patrimoine, notamment pour les objets secrets et/ou sacrés. Retour sur une expérience australienne mêlant consultation des populations et consultation d’experts.retourUn ou plusieurs articles vous intéressent ? Faites votre demande en ligne
Entreprises & mécénat
n° 136 (fév. 2012)
© ADMICAL
Les bons comptes du mécénat
Association pour le développement du mécénat industriel et commercial (ADMICAL) (pp. 13-16)
Les pratiques et problématiques des acteurs du mécénat d’entreprise évoluent rapidement. Enquête sur ses méthodes de fonctionnement : analyse des budgets, utilisation des avantages fiscaux et des contreparties, typologie des soutiens et motivations des entreprises mécènes.Mécénat de compétences à forte valeur ajoutée
TAILLE RIVERO Marthe (de la) ; FOX RIGAUX Dominique (pp. 17-22)
Intégrer le savoir-faire de salariés au cœur d’une action d’intérêt général est une démarche volontaire que 21 % d’entreprises mécènes de toutes tailles pratiquent. Pourtant elles sont bien plus nombreuses à s’y intéresser. Mais le projet peut s’avérer complexe. Explications. retourUn ou plusieurs articles vous intéressent ? Faites votre demande en ligne
Muse
vol. 30 n° 1 (janv-fév. 2012)
© Association des musées canadiens
Stages dans les musées – Des programmes profitables pour tous
LANZA-KADUCE Kendra ; ARNER Amanda (pp. 32-49)
Dossier sur les stages en milieu muséal. Destinés aux lycéens et aux étudiants, ces stages peuvent être profitables à la fois aux musées, qui souffrent souvent d’une pénurie de personnel, et aux jeunes, qui ont l’occasion d’acquérir de l’expérience professionnelle. Retour sur l’expérience des musées canadiens et portraits de quelques-uns de ces jeunes.
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Museum management and curatorship
vol. 27, n° 1 (fév. 2012)
© Routledge
Museum finances : challenges beyond economic crises
LINDQVIST Katja (pp. 1-15)
Même si la majorité des fonds n’en dépend pas directement, les changements structurels induits par la crise économique impactent la gestion financière muséale. Analyse des différentes sources de financement des musées et de la vulnérabilité de chacune d’elles aux fluctuations économiques.Do open day events develop art museum audiences ?
QUELHAS BRITO Pedro ; BARBOSA Belem (pp. 17-33)
Dans les musées, les stratégies de développement de la fréquentation prescrivent d’organiser des événements de type porte-ouverte pour faire venir de nouveaux publics ou fidéliser ses visiteurs. Cette hypothèse se vérifie-t-elle ?Making museum tours better : understanding what a guided tour really is and what a tour guide really does
BEST Katie (pp. 35-52)
En s’appuyant sur l’étude de plusieurs cas de visites guidées, l’auteure analyse les effets de ce type de médiation sur les publics. Elle en profite pour faire le point sur les professionnels de la visite guidée et sur ses dispositifs multimédias de type visioguide.Young children developing meaning-making practices in a museum: the role of boundary objects
WAITAI Maiangi ; THOMAS Rebecca ; BEER Alison ; CLARKIN-PHILLIPS Jeanette ; CARR Margaret (pp. 53-66)
Pour utiliser les collections muséales dans un but pédagogique, les enfants vont développer des compétences interdisciplinaires et des pratiques de signification associées à des objets-frontières (boundaries objects). Démonstration et présentation de certains de ces objets.Realising the potential of multimedia visitor guides : practical experiences of developing Mi-guide
HOLGATE Robin ; WEBB Pauline ; HEATLEY Louise ; PARSONS David ; BOOTH Kate ; BATES Duncan ; LINGE Nigel (pp. 67-82)
En dépit de leur usage répandu et des innovations technologiques, la conception de visioguides pose toujours des difficultés. Retour sur l’expérience de conception du musée des sciences et de l’industrie de Manchester qui a développé l’outil Mi-guide : aspects techniques et ergonomiques, contenus et travail en équipe.
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Musées & collections publiques de France
n° 263 (2011)
© AGCCPF
Quels financements pour les musées ?
Financement des musées publics : les nouveaux défis
TOBELEM Jean-Michel (pp. 8-10)
Dans les musées, la crise des finances publiques impacte le personnel scientifique qui voit ses compétences de gestion remises en cause par l’adjonction d’une direction au profil de manager. Présentation de quelques pistes de financement à explorer, de leurs avantages et inconvénients puis analyse de la situation des conservateurs.

Les fonds de dotation – Les principales caractéristiques du fonds de dotation : simplicité, souplesse, liberté, attractivité et responsabilité
REBEYROL Pierre (pp. 11-13)
Point sur le fonds de dotation : le fonctionnement de ce statut juridique, les raisons de son succès et la description du rôle du comité stratégique.La privatisation des espaces : l’exemple du muséum d’Orléans
GUILLET Philippe (pp. 54-55)
Retour sur l’expérience de location d’espaces du muséum d’Orléans. Présentation des différents lieux à privatiser et du fonctionnement de ce système.
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L’observatoire
n° 39 (hiver 2011-2012)
© OPC
Élections présidentielles – État, collectivités territoriales, Europe : les défis à venir pour les politiques culturelles
SAEZ Jean-Pierre ; PIGNOT Lisa (pp. 3-19)
Entretien croisé avec cinq élus de diverses sensibilités politiques impliqués dans les affaires culturelles. Les échanges portent sur l’avenir des politiques culturelles : les compétences publiques et leur répartition, une loi d’orientation, la création et l’économie, la participation citoyenne, etc. Essai de prospective.Intégrer davantage de réflexivité dans la conduite de l’action publique – L’exemple de l’observatoire des politiques culturelles de la fédération Wallonie-Bruxelles
MARTIN Cécile (pp. 20-22)
La crise économique et sociale repose la question de la capacité des observatoires territoriaux de la culture à aider les pouvoirs publics à orienter leurs politiques en faveur de la culture. Qu’en est-il réellement ? Entretien avec Michel Guérin, directeur de l’observatoire des politiques culturelles de la fédération Wallonie-Bruxelles. retourUn ou plusieurs articles vous intéressent ? Faites votre demande en ligne
Public understanding of science
vol. 21 n° 2 (fév. 2012)
© Sage
Who is willing to pay for science ? On the relationship between public perception of science and the attitude to public funding of science
LUJAN José-Louis ; MORENO Carolina ; MUNOZ Ana (pp. 242-253)
Critique des indicateurs utilisés habituellement pour mesurer l’opinion publique dans le cadre d’une étude de la relation entre la culture scientifique de la population et son opinion sur le financement public de la recherche en Espagne.retourUn ou plusieurs articles vous intéressent ? Faites votre demande en ligne
Science in school
n° 22 (2012)
© EIROForum
Bad science : learning from science in the media
WALSH Ed (pp. 23-28)
Expliquer ce qu’est une démarche scientifique peut aider les jeunes à différencier l’information scientifique de l’information pseudoscientifique parue dans les médias. Proposition d’une activité pédagogique autour du traitement médiatique de l’alimentation et de la santé.retourUn ou plusieurs articles vous intéressent ? Faites votre demande en ligne

 

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36 rue Chabot Charny
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Tél. 03 80 58 98 50
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Maison de l’histoire de France. Enquête critique (6)

1 mai 2012

Voici la présentation de « Maison de l’histoire de France ». Enquête critique (http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-etudes/Maison-de-l-histoire-de-France-.-Enquete-critique), le nouvel ouvrage d’Isabelle Backouche et Vincent Duclert, après Quel musée d’histoire pour la France ? (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=3620).

 

Le 12 septembre 2010, Nicolas Sarkozy annonce sa volonté de créer une « Maison de l’histoire de France ». Dès lors le projet avance à marche forcée, soutenu par une forte communication et étouffant les controverses légitimes. Les auteurs de cette enquête critique en livrent une analyse minutieuse.

Envisagée dès le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la décision officielle de créer la « Maison de l’histoire de France » et de l’installer dans le périmètre des Archives nationales à Paris (hôtels de Soubise et de Rohan) a été annoncée le 12 septembre 2010 par le président de la République.

Nicolas Sarkozy a fait de ce projet une des ambitions phares de sa présidence.

Des moyens importants – voire très importants en période de repli des finances publiques – ont été alloués à la « Maison de l’histoire de France ».

De l’Elysée à la rue de Valois au ministère de la Culture, une priorité politique et administrative s’est dégagée.

Une communication de forte intensité a dominé les débats et a étouffé les controverses légitimes.

Présenté comme évident, nécessaire et naturel, ce projet de contenu très critiquable a été imposé sans discussion à la communauté nationale et aux sociétés étrangères qui s’interrogent sur la France.

Rendue nécessaire par l’état du dossier de « Maison de l’histoire de France » et l’absence de document de référence sur le sujet, comme par les méthodes d’instruction de ce projet public et l’impuissance du Comité d’orientation scientifique censé en garantir la qualité, cette « enquête critique » l’est à double titre.

Elle repose effectivement sur la méthode critique des sciences sociales – et de l’histoire notamment – que mobilisent les deux auteurs pour la connaissance et la compréhension du projet.

Mais leur enquête est critique aussi parce qu’elle établit une réalité inquiétante, problématique, celle d’une opération idéologique, superficielle, autoritaire à de nombreux titres.

Cette conclusion mais aussi les moyens pour y parvenir sont portés à la connaissance de tous.

A situation critique méthode critique.

Il s’agit d’engager un processus permettant de rétablir de la connaissance et de la raison dans un dossier dominé par les affects et les egos, les procédés de communication et la propagande politique, le refus du dialogue et la fuite en avant.

Il n’est pas tolérable qu’à l’heure actuelle l’information et la décision soient confisquées par un groupe partisan.

En rédigeant cette enquête critique, fruit d’un minutieux travail d’étude et d’analyse du projet de la « Maison de l’histoire de France » mais aussi des contextes généralement niés par les responsables, ses auteurs obéissent à un devoir professionnel et moral, celui de restituer l’horizon des savoirs à l’esprit public et à l’action politique.

Cette étude critique démontre comment une idée juste, et nécessaire depuis la mort programmée du Musée de l’histoire de France aux Archives nationales, a été le prétexte d’une opération politique au service d’ambitions partisanes.

L’histoire et les historiens ont été instrumentalisés, l’Etat et ses institutions détournés, l’opinion publique abusée.

La raison et l’idéal exigent de mettre fin à ce projet dangereux, menaçant même pour ce qu’il s’est donné comme mission de transmettre, l’histoire de France, et de reprendre le fil d’une large réflexion sur les grands projets intellectuels que la France, ouverte à l’Europe et au monde, est capable de porter.

Annexes :

- Bibliographie (pdf – 219,11 ko)
- travaux_de_recherche (pdf – 233,77 ko)
- Chronologie_du_projet (pdf – 253,13 ko)

 

Le Royal Ontario Museum rectifie le tir en matière tarifaire

20 avril 2012

Nous avions eu l’occasion d’interroger le Royal Ontario Museum (ROM) lors de notre visite à Toronto, surpris par des prix inédits, y compris en Amérique du nord et pour un musée de cette importance, en demandant si cela ne pouvait pas avoir un impact négatif sur la venue de l’ensemble des catégories de visiteurs, en particulier populaires.

Nous constatons avec intérêt que le ROM a décidé de modifier profondément sa politique tarifaire, en proposant une baisse significative de ses prix d’entrée : voilà qui devrait peut-être faire réfléchir d’autres institutions…

Ticket Types

General Admission

Maya + General Admission

Adult

$15 (previously $24)

$25 (previously $31)

Senior (65+ years)

$13.50 (previously $21)

$22.50 (previously $28)

Student (15 – 25 years, with ID)

$13.50 (previously $21)

$22.50 (previously $28)

Child (4 – 14 years)

$12 (previously $16)

$17 previously $19.50)

Infant (3 years & under)

Free

Free

Members

Free

Free

Voici comment cette mesure est présentée sur le site Internet du musée (http://www.rom.on.ca).

« THERE’S NEVER BEEN A BETTER TIME TO VISIT THE ROM

It now costs much less to visit the Royal Ontario Museum. Beginning October 27 [2011], we significantly reduced admission prices because we believe everyone belongs at the ROM. We’ll still be able to create remarkable exhibitions and events, and support our world renowned curators and research programs, because now more people will be able to visit. By visiting the ROM, you’re helping to sustain one of Ontario’s essential educational and cultural destinations.

We know it’s a difficult economic time, especially for families, and our new, lower admission costs respond to this. We’ve also expanded our student ticket category from 15 to 17 years old, to 15 to 25 years old, with student ID.

In order to offer significant price reductions to all of our visitors, every day of the week, the two-hour free period on Wednesdays has been discontinued. In keeping with the ROM’s commitment to access, we’re greatly expanding ROMCAN – the Museum’s access initiative to support disadvantaged communities throughout the Province – to deliver 75,000 free tickets annually. »

Janet Carding, Director & CEO, Royal Ontario Museum

Voir également : http://www.rom.on.ca/news/releases/public.php?mediakey=om3l6q1v0k.

Qu’en pensez-vous ?

La culture et le projet du Grand Paris

10 avril 2012

Daniel Janicot, conseiller d’Etat et président de la « Vallée de la Culture », a été chargé par le Président de la République d’une mission de réflexion sur la dimension culturelle du Grand Paris.

Le rapport analyse les éléments qui concourent à la dynamique culturelle du territoire francilien, à son rayonnement et à son attractivité internationale, « dans un contexte de concurrence accrue entre les grandes métropoles culturelles du monde » (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics//124000057/0000.pdf).

Voici quelques-unes des (innombrables… au risque de la dilution) recommandations de ce rapport.

Consolider le rayonnement international du Grand Paris culturel

  • Relancer la vie nocturne parisienne
  • Créer de nouvelles zones touristiques sur le territoire du Grand Paris
  • Renforcer l’hospitalité et l’ouverture à la diversité culturelle du Grand Paris
  • Organiser un carnaval des cultures métissées
  • Améliorer les conditions d’octroi de visas aux artistes et créateurs
  • Renforcer la présence culturelle de la Chine
  • Créer un centre des cultures africaines contemporaines
  • Conforter l’activité des centres culturels étrangers à Paris

Faire du Grand Paris une vitrine de la création et de la créativité

  • Créer une Cité internationale d’artistes
  • Mettre en œuvre le projet de réhabilitation de la Tour Utrillo à Clichy–Montfermeil
  • Établir un grand plan en faveur des industries culturelles franciliennes
  • Étendre la création de clusters
  • Fixer un quota obligatoire de résidences et d’ateliers d’artistes ou de pépinières de jeunes entreprises innovantes
  • Établir un schéma directeur du Grand Paris numérique
  • Créer un Grand Paris virtuel

Encourager l’événementiel et la convivialité sur le territoire métropolitain

  • Consolider le festival de « l’Oh »
  • Renforcer le rôle fédérateur du festival d’Automne
  • Créer un festival des idées, interdisciplinaire
  • Renforcer la vocation culturelle de l’Axe Majeur, des Tuileries aux Terrasses de Nanterre
  • Accueillir, avec l’ensemble des villes françaises, une « exposition nationale »

 

 

Construire une identité forte pour le Grand Paris

  • Doter le Grand Paris d’une identité visuelle et graphique unique
  • Créer une chaîne de télévision (TNT) du Grand Paris
  • Repenser le mobilier urbain
  • Renommer les villes du Grand Paris

Dynamiser les lieux du « vivre-ensemble »

  • Renforcer le lien entre culture et université
  • Réunir un groupe de travail consacré à la valorisation culturelle de la Seine, du Havre à Paris
  • Revitaliser le réseau d’équipements culturels de proximité

Améliorer la gouvernance culturelle du Grand Paris

  • Initier une politique d’optimisation institutionnelle
  • Préparer des schémas directeurs de la culture pour chacun des 8 départements de l’IDF et les consolider dans un schéma directeur d’ensemble
  • Créer un office de tourisme du Grand Paris
  • Créer une Agence pour le Développement Culturel du Grand Paris

A consulter : http://www.ateliergrandparis.com.

Le blog de Daniel Janicot sur l’actualité culturelle du Grand Paris se trouve à l’adresse suivante : http://danieljanicot.wordpress.com.

NB : on trouvera mentionné dans la bibliographie du rapport Janicot l’ouvrage coordonné par Corinne Berneman et Benoît Meyronin Culture et attractivité des territoires : nouveaux enjeux, nouvelles perspectives, publié dans la collection « Gestion de la culture » (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=3020).

Artiste… et manager !

1 avril 2012

Il fallait s’y attendre : le ministère de la Culture, sur la pression semble-t-il des services du ministère de l’Économie et des Finances, vient d’annoncer que tous les dirigeants de grandes institutions culturelles devront obligatoirement disposer d’un diplôme en management.

Sans attendre, les directeurs des principales universités de gestion et de grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, etc.) ont indiqué qu’elles étaient prêtes à proposer des modules de formation conçus spécialement à cette fin.

Ces derniers devront toutefois recevoir l’agrément du ministère de la Culture pour être reconnus comme des diplômes permettant l’accès à la direction d’établissements culturels de premier plan, qu’il s’agisse de théâtres, de centres d’art, de bibliothèques, de musées, de centres culturels ou encore de monuments.

Les associations professionnelles concernées n’ont – pour l’instant du moins – pas fait connaître leur opposition à ce projet gouvernemental, dans la mesure où il peut leur apparaître comme un moindre mal face à l’arrivée d’administrateurs qui revendiquent à présent la direction d’institutions culturelles et artistiques.

Quant aux écoles d’application telles que l’ENSSIB ou l’INP, elles étaient au pied du mur s’agissant de la dimension gestionnaire de leurs enseignements, car les personnels qu’elles forment n’accèdent plus automatiquement à la direction des bibliothèques ou des institutions patrimoniales.

Elles devront donc « muscler » leurs enseignements dans ce domaine pour pouvoir bénéficier elles aussi de l’agrément du ministère de la Culture pour les modules de formation continue qu’elles seront sans doute appelées à mettre en place ; l’objectif étant de ne pas céder trop de terrain aux écoles et autres facultés de management dans ce domaine stratégique.

Notons que cette mesure n’entrera pas en vigueur du jour au lendemain.

S’agissant des nouvelles nominations, les institutions concernées auront 3 ans pour s’y conformer.

S’agissant des personnels de direction en place, ils pourront soit suivre les formations correspondantes, soit bénéficier d’une validation des acquis de l’expérience (VAE) selon des conditions qui seront prochainement précisées par un arrêté ministériel.

Enfin, dans 5 ans, toutes les grandes institutions culturelles subventionnées à hauteur de plus de 50% par le ministère de la Culture devront avoir à leur tête un directeur (ou une directrice) détenteur (détentrice) d’un diplôme de gestion agréé.

Une révolution en perspective donc !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Qui devrait diriger les grandes institutions culturelles ? Who should manage major cultural institutions?

20 mars 2012

Au moment où s’affrontent, par presse interposée, le président du Centre Georges Pompidou et le président de la Centre Pompidou Foundation, il semble utile de revenir sur les conflits de légitimité qui naissent de la décision de confier à un « non spécialiste » la direction de grandes institutions culturelles françaises : domaine national de Versailles, château de Fontainebleau, cité de l’Architecture et du Patrimoine, centre Georges Pompidou, musée du quai Branly, etc.

Voici le début de notre tribune, qui fait écho à un précédent billet (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=4387), à retrouver à l’adresse suivante : http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/societe/autres/221144301/devrait-diriger-grandes-institutions-culturelles.

La version anglaise, pour nos amis anglophones.

Who should manage major cultural institutions?

At this moment, when the president of the Centre Georges Pompidou and the president of the Centre Pompidou Foundation are crossing swords via the press, it seems useful to consider again the conflicts of legitimacy that arise from the decision to entrust the management of major French cultural institutions to a “non-specialist”: Versailles and its park, Fontainebleau castle, the Cité de l’Architecture et du Patrimoine, the Georges Pompidou center, the quai Branly museum, etc.

With hindsight, it now seems evident that the actions of these managers, who exercise an executive function which is not limited to “presiding” over these institutions, i.e., representing them, finding partners, and fundraising, leads to a number of consequences which should be reflected on without polemic.

These consequences are on several levels, even if they are not necessarily present cumulatively in the institutions in question: excessive communication exposure, personalization of management in the president alone, increasing weight of special events, lack of transparency, taking liberties with the curators’ deontology for lending works and special exhibitions, obsession with the number of visitors, lack of vigilance in relations with donors, and increasing entry prices.

This last point is especially worrisome, as the “Cour des comptes” underlined in its report on national museums, because it leads to reducing for a growing number of people access to a cultural offering which is in principle intended for the greatest number.

Real management skills?

As far as the ability to manage, which is the least one should expect from “managers”, these skills are far from universally present, be they skills in human resources management, ability to set priorities and to make strategic choices, or even to deal efficiently with problems caused by a large number of visitors: increasing visitor satisfaction, presenting and interpreting the collections, managing people waiting in line, cultural mediation, relations with local and regional government and with stake holders…

It is true that certain of these same traits can be found in institutions managed by conservation and heritage specialists.

Nevertheless, a cultural institution has a higher probability of realizing its full artistic potential and optimizing its operation when it is managed by a person whose prestige, widely-known reputation, intellectual authority, charisma and leadership abilities are uncontested, and who possesses – in addition – real management skills by virtue of his professional experience.

For an optimized allocation of roles

Contrary to what is sometimes said, the most current research in the management field demonstrates that the most important aspect in terms of managing an institution resides in the ability to define a unique “vision”, flowing from the institution’s missions and which is approved and supported by employees, governing bodies and partners.

Individuals who are immersed in a given discipline (architecture, history, sciences, ethnology, art history) have the greatest possibility of developing such a vision. This accepted principle of management, which shows that a different approach heads to a less than optimal situation in terms of the institution’s influence, is consistent with the approach taken by the world’s largest cultural institutions, which entrust to managers the role for which they are best suited: that of associates of a highly-respected scientific or artistic figure. This is management’s highest calling: to contribute to the realization of artistic projects in coherence with the cultural manager’s vision. This state of mind, characterized by a healthy humility, should never have been forgotten by certain managers.

To conclude with a concrete proposal: an international call for candidacies should be organized for the next round of nominations to lead major cultural institutions. But will the choice fall on an “advisor to the prince”?

Que pensez-vous de cette analyse ?

A lire également :

PS : voici par ailleurs ce que nous écrivions à ce sujet il y a quelques années, sur le blog « Culture virale » (28 novembre 2007).

Le prestigieux poste de directeur de la National Gallery de Londres vient d’être confié à l’historien de l’art Nicholas Penny. Ce dernier, après avoir été conservateur dans ce même musée, travaillait ces dernières années à la National Gallery de Washington.

Nicholas Penny

Contrairement à ce qu’affirment certains bons esprits, la direction des musées devrait ainsi continuer à privilégier l’expertise dans le domaine concerné par leurs collections respectives, plutôt que de répondre aux (seules) sirènes du management.

Ayant largement – et depuis des années – insisté sur l’importance des qualités de gestion et de leadership demandées aujourd’hui aux directeurs de musées, nous ne saurions être suspecté de négliger cet aspect – crucial – de la direction d’un grand établissement muséal (cf. Le Journal des Arts n° 268 du 2 au 15 novembre 2007).

Il est vrai que l’intérêt modéré des conservateurs pour ces sujets leur a peut-être été fatal, sauf à provoquer une réaction salutaire de leur part dans les plus brefs délais. On constate en effet que des grands établissements publics, des fondations, des musées d’association, des sociétés d’économie mixte, des établissements publics de coopération culturelle et même des musées municipaux n’hésitent plus désormais à écarter la candidature de conservateurs du patrimoine au profit de personnes aux profils non scientifiques.

Si les conservateurs se sentent « menacés » par le rôle croissant des administrateurs et des médiateurs, il leur reste à établir (comme aux États-Unis d’Amérique par exemple, qui continuent à confier la direction de leurs grands musées à des conservateurs, bien sûr entourés d’équipes spécialisées) que leurs connaissances scientifiques font d’eux les personnes les plus aptes à proposer une vision stratégique du développement de leur établissement.

Et ce, tout en démontrant une réelle aptitude à maîtriser les dimensions gestionnaires associées à la direction d’une grande institution muséale (qu’elles soient financières, juridiques ou de ressources humaines).

Faute de quoi, ils conserveront sans doute formellement une place éminente dans l’organigramme des musées, mais le pouvoir véritable leur échappera, ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle d’un point de vue scientifique, artistique, social et éducatif.

Lettre ouverte au ministre de la Culture sur la photo au musée

10 mars 2012

Nous reproduisons ci-après une lettre collective adressée à M. Frédéric Mitterrand pour demander que soient organisées, sous l’égide du ministère de la Culture, des réunions de réflexion sur la pratique photographique au musée.

Elle a été rédigée par Serge Chaumier, Julien Dorra, Bernard Hasquenoph, Rémi Mathis et Jean-Michel Raingeard.

« Paris, le 20 février 2012

Monsieur le Ministre,

Nous nous permettons d’interpeller le ministère de la Culture au sujet de la pratique photographique et filmique des visiteurs dans les musées et monuments.

Compte tenu des avancées technologiques continues, de la miniaturisation des appareils, de leur intégration dans les téléphones portables et de la généralisation de leur utilisation parmi la population, les établissements patrimoniaux se retrouvent confrontés à des manières de visiter où la prise de vue prend de plus en plus d’ampleur.

Ces comportements nouveaux peuvent parfois générer des problèmes dans les établissements les plus fréquentés, en terme de gestion des flux, de respect entre visiteurs, de confort de travail pour les personnels tout en soulevant des questions quant à la diffusion des images ensuite sur Internet.

Certaines réactions visent à interdire toute pratique, comme des musées sont actuellement tentés de le faire. D’autres institutions y voient au contraire une vraie pratique culturelle et un formidable outil de médiation. Elles l’utilisent comme mode d’appropriation, de partage, et de diffusion d’œuvres notamment du domaine public. C’est, qui plus est, un outil puissant de visibilité et de promotion pour les établissements.

Afin d’inventer ensemble des dispositifs et des aménagements qui intégreraient au mieux ces pratiques à la visite de musées et monuments, et préoccupés par l’hétérogénéité des règles selon les établissements, nous souhaiterions pouvoir organiser des réunions sous l’égide de votre ministère entre acteurs concernés : publics, amis des musées, associatifs, sociologues et chercheurs.

Pour que la rencontre soit profitable, il est bien entendu indispensable qu’y soient conviés des représentants de musées, directions comme personnels.

Nous serions heureux d’y voir associés des représentants aussi bien du Musée d’Orsay qui a interdit la pratique depuis 2010, que du Musée du Louvre qui après l’avoir partiellement interdite l’a à nouveau autorisée suite à une étude, ou encore du Château de Versailles qui est à l’initiative de plusieurs concours photos, et du Muséum de Toulouse, pionnier dans le domaine de l’intégration des pratiques photographique des visiteurs.

Persuadés que vous serez sensible à notre démarche, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération. »

Signataires :
- Serge Chaumier, muséologue, professeur des universités
- Julien Dorra, OrsayCommons. co-organisateur de Museomix
- Bernard Hasquenoph, Louvre pour tous, OrsayCommons
- Rémi Mathis, président de Wikimedia France
- Jean-Michel Raingeard, président de la Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées (FFSAM)

Copie mail à :
- Philippe Bélaval, directeur général des patrimoines
- Marie-Christine Labourdette directrice adjointe chargée des musées
- Isabelle Maréchal, chef du service du patrimoine
- Jacqueline Eidelman, chef du­ département de la politique des publics
- François Muller, chef du département de la communication de la direction générale du patrimoine
- David Richard, responsable du Département information communication
- Christophe Vital, président de l’Association Générale des Conservateurs (AGCPF).

Que pensez-vous de cette initiative ?

Mise à jour du 6 mai 2012 : http://www.louvrepourtous.fr/Le-ministere-de-la-Culture-dit-oui,734.html.

 

Une interview de Robert Rubin

1 mars 2012

Dans le journal Le Monde du 25 février 2012, l’homme d’affaires et collectionneur américain Robert Rubin, également président de la Centre Pompidou Foundation (on en trouvera la présentation en anglais ci-après), est interrogé par le journaliste Michel Guerrin.

Voici quelques-uns de ses propos, qui ne manqueront pas de faire réagir.

  • « On demande aux lieux culturels de s’inspirer du modèle américain, de trouver de l’argent, mais sans avoir encore ni les armes, ni la mentalité, ni la culture pour y arriver. »
  • « Les riches américains ne sont pas plus généreux que les riches français, ils sont juste moins imposés ou, plus précisément, « fiscalement encouragés à donner ». »
  • « On a donné à Koons les clés de Versailles [en 2008], on lui a fait une publicité énorme, son principal collectionneur américain, Eli Broad, était impliqué dans l’exposition, François Pinault, son collectionneur français, aussi, et le monde muséal français n’en a pas profité pour lui demander quelque chose en retour. »
  • « Un musée français devrait concentrer ses efforts sur l’essentiel : imaginer des expositions de haut niveau, sans être tenu par la rentabilité. »
  • Au sujet de l’exposition « Paris-Delhi-Bombay » (2011) : « Le président du Centre a affaibli la crédibilité de l’institution. »
  • « Qu’un musée adopte comme règle de ne plus prêter une œuvre sans y joindre une facture me désole (…) Je trouve affligeant de voir les présidents de musées, devenus voyageurs de commerce, louer des expositions clés en main un peu partout dans le monde. »
  • « Les gens riches ne veulent pas être séduits par des comptables. Ils veulent être séduits par des gens qui connaissent l’art, qui sont au contact avec les artistes, peuvent leur parler de leurs expériences, faire une analyse esthétique… »
  • A la question « un responsable de musée doit-il être un conservateur ? », il répond : « Oui. C’est le cas dans les musées américains (…) Ils ont, sous leur autorité, un administrateur chargé de la gestion, qui accompagne les projets et a l’œil sur les comptes. Mais c’est le conservateur qui est responsable devant le board, sorte de conseil d’administration, qui n’a pas peur de confier les clés à un homme de l’art. Car il sait qu’il est plus facile à un conservateur d’apprendre la gestion qu’à un gestionnaire d’apprendre l’art (…) Un décideur issu du sérail politique de l’État peut avoir des priorités et un plan de carrière qui ne coïncident pas avec les besoins scientifiques d’un musée, surtout en temps de crise. »

The Centre Pompidou Foundation is an American foundation dedicated to supporting the Centre Pompidou in Paris (http://www.centrepompidoufoundation.org). The Foundation’s mission is to acquire and encourage major gifts of art and design for exhibition at the Museum. It fosters connoisseurship and a dynamic exchange of ideas through special events, exhibitions, and trips for art lovers that offer unprecedented access to artists, private collections, modern and contemporary architectural treasures, and world-class museums in the company of the Centre Pompidou curators of modern and contemporary art, architecture and design. The Foundation also publishes catalogues, translations, and other scholarly materials.

Vos commentaires sont les bienvenus !

Démocratisation culturelle. La gratuité ciblée des musées nationaux. A défaut de gratuité totale

25 février 2012

Démocratisation culturelle. La gratuité ciblée des musées nationaux. A défaut de gratuité totale.

Tel est le titre de l’article à lire dans le Nouvel économiste, sous la plume du journaliste Olivier Faure : http://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/art-de-vivre-et-culture-democratisation-culturelle-13719.

En voici l’introduction.

« Porté avec ferveur par André Malraux au cœur du débat public, le concept de démocratisation culturelle n’a toujours pas trouvé d’écho réellement efficace dans les politiques publiques. L’une des pistes pour s’en approcher réside dans l’instauration de la gratuité totale de l’ensemble des musées nationaux. Expérimentée en 2008, la mesure, quoiqu’efficace en termes de fréquentation, a été abandonnée au profit d’une gratuité ciblée. Un compromis moins coûteux pour l’Etat. Mais aussi efficace ? »

Quelle est votre opinion sur ce sujet ?

Revue française du marketing

15 février 2012

Dans son dernier numéro (http://www.adetem.org/fr/images_db/somm232.pdf), la Revue française de marketing (http://www.adetem.org/index.php?art=&th=159) publie notre article dont le titre est le suivant : « Le rôle des expositions temporaires dans les stratégies événementielles des musées. »

En voici le résumé.

Cet article analyse les conditions de l’essor actuel des manifestations événementielles dans les musées, institutions principalement vouées à la conservation de collections permanentes.

Il suggère que les expositions temporaires peuvent être analysées d’un point de vue managérial et met en évidence leur dimension stratégique pour les institutions muséales.

Elles peuvent en effet susciter la fidélisation et le renouvellement des visiteurs, l’accroissement de la notoriété des musées et l’amélioration de leur image, tout en leur assurant des ressources non négligeables.

Mais les avantages que procurent les expositions temporaires nécessitent une approche organisationnelle spécifique qui peut utilement s’appuyer sur les apports du marketing.

Les responsables du musée doivent enfin veiller à un équilibre entre la présentation de manifestations événementielles et la poursuite de ses missions fondamentales de préservation et d’étude des collections permanentes.

On trouvera également dans ce numéro le compte-rendu que nous avons rédigé d’une journée d’étude organisé à Paris au musée Guimet le 25 mars 2011 sur le thème suivant : « Le patrimoine immatériel des musées. »

Ce séminaire était organisé à l’initiative du professeur Ahmed Bounfour, titulaire de la chaire de l’immatériel à l’université Paris-Sud Sceaux et de M. Julien Anfruns, directeur général de l’ICOM (Conseil international des musées).

Selon ses organisateurs, il avait pour objet de trouver pour les musées de nouveaux paradigmes de développement qui répondent aux critères ambitieux d’excellence culturelle dans un contexte de contraintes financières plus aiguës, ce qui soulève plusieurs types d’interrogations :

  • Quels sont les modèles de valorisation qui s’offrent aux musées ?
  • Quels enseignements peut-on tirer des expériences récentes ?
  • Quels sont les points de tension ?

Ce séminaire avait pour intérêt de soulever deux questions d’actualité.

  • La première concerne l’adoption par les organisations à but non lucratif, dans le domaine des arts, du sport, de l’éducation et de la santé, des méthodes de promotion du secteur marchand et concurrentiel.
  • La seconde consiste à s’interroger sur les réelles marges de manœuvres offertes par la valorisation marchande des marques culturelles.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

CDT 93 : sensibilisation et accompagnement des lieux de culture dans la recherche de ressources propres

5 février 2012

Sous l’intitulé « RENCONTRE DES ACTEURS CULTURELS DU NORD-EST PARISIEN », le Comité départemental du tourisme de la Seine-Saint-Denis (www.tourisme93.com), qui compte notamment dans son territoire la basilique de Saint-Denis, le musée national de l’Air et de l’Espace ou encore le Stade de France, a organisé le 29 novembre 2011 une journée de sensibilisation et d’accompagnement des lieux de culture du département 93 dans la recherche de ressources propres.

Selon le CDT 93 en effet, ce dernier « est régulièrement sollicité par ses partenaires culturels sur des questions relatives au développement de ressources annexes, notamment à travers la privatisation de certains de leurs espaces. Dans ce contexte, et pour poursuivre sa mission d’accompagnement, le CDT 93 initie une action visant à favoriser les échanges d’expérience entre partenaires et à examiner ensemble différents types de ressources possibles ».

Pour le Comité départemental du tourisme – Le Nord-Est Parisien, il s’agissait « de faire un état des lieux des clientèles, des marchés et des tendances, et de présenter des initiatives en matière de création d’activités, de services, de partenariats et/ou de produits susceptibles de générer des ressources supplémentaires ».

Pour cela, 5 thématiques avaient été retenues :

  • Événementiel (privatisation des espaces, avant-premières, coulisses…)
  • Incentives à destination des entreprises ou des comités d’entreprise
  • Tournages de films et shooting photos
  • Mécénat, sponsoring, clubs
  • Espaces de vente, bar, restauration

 

 

Animé par la journaliste Hind Meddeb, le programme de la journée était le suivant.

  • Présentation d’une étude sur le tourisme d’affaire par May Vo-Ha Begin (CDT93)
  • Quelles marges de manœuvre pour les professionnels de la culture ? par Jean-Michel Tobelem (Option Culture)
  • Le mécénat d’entreprise par Bénédicte Ménanteau (ADMICAL)
  • Boutiques et espaces de vente par Muriel Jean (Muséum & Industrie)
  • L’événementiel et la privatisation des espaces par Cyril Duchêne (Centre national de la danse)
  • Incentives et cours destinés aux entreprises par Camille Dumas (Mains d’œuvres)
  • Tournages et shooting photos par Stephan Bender (Commission du film de Seine-Saint-Denis)
  • Mécénat et sponsoring par Emmanuelle Gorsse (Grande Halle de la Villette)

Une initiative à saluer !

Démocratiser la culture. Une histoire comparée des politiques culturelles

25 janvier 2012

Démocratiser la culture. Une histoire comparée des politiques culturelles

Une journée d’études sur ce thème est organisée par le Centre d’histoire de Sciences Po, l’Université de Bourgogne-Centre Georges Chevrier et le Comité d’histoire du ministère de la culture et de la communication (http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ministere/L-histoire-du-ministere/Comite-d-histoire/Actualites-du-Comite-d-histoire/Le-Comite-d-histoire-organise-une-journee-d-etudes-le-9-fevrier-2012) le jeudi 9 février 2012. 56, rue Jacob – 75006 Paris.

L’objectif de la journée est d’examiner différentes modalités nationales des politiques publiques visant à démocratiser l’accès à la culture. La perspective historique et comparative permettra d’éclairer les enjeux du présent.

Matinée

  • 9h45 Accueil
  • 10h00 Ouverture par Jean-François SIRINELLI, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po
  • 10h15 Introduction par Philippe POIRRIER, professeur des Universités en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, vice-président du Comité d’histoire
  • 10h45 L’Espagne par Lluis BONET, Université de Barcelone
  • 11h30 L’Irlande par Alexandra SLABY, Université de Caen
  • 12h15 Discussion et questions de la salle

Après-midi
Sous la présidence de Xavier NORTH, délégué général à la langue française

  • 14h15 La France par Laurent MARTIN, Centre d’histoire de Sciences Po
  • 15h00 Les États-Unis d’Amérique par Jean-Michel TOBELEM, Option Culture
  • 15h45 La Bulgarie par Svetla MOUSSAKOVA, Université Paris III-Sorbonne Nouvelle
  • 16h30 Table ronde animée par Anne-Marie AUTISSIER, Institut d’études européennes, Paris 8. La table ronde permettra d’élargir la réflexion à l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne et l’Italie. Avec la participation de Carla BODO, Vice-présidente de l’Association pour l’Économie de la Culture en Italie, Cécile DOUSTALY, Université de Cergy-Pontoise, Jean-Louis GENARD, Université libre de Bruxelles, Pascale LABORIER, Université Paris Ouest-Nanterre.

Accès libre sur inscription à comitehistoire@culture.gouv.fr

Philippe Poirrier vient de publier à la Documentation française, dans la collection du Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication : Pour une histoire des politiques culturelles dans le monde, 1945-2011, 486 p. (http://blog.option.culture.marrot.org/?p=4078).

Hausse tarifaire continue au Centre Pompidou

15 janvier 2012

Le Centre Pompidou paraît ne pas accorder une importance excessive aux remarques de la Cour des comptes qui, dans son rapport de 2011 – LES MUSÉES NATIONAUX APRÈS UNE DÉCENNIE DE TRANSFORMATIONS (2000-2010) – avait observé que le prix d’entrée au musée national d’Art moderne avait augmenté depuis 2000 de… 160,9% !

La hausse tarifaire décidée au premier janvier de cette année, avec un billet d’entrée désormais fixé à 13 euros, représente une nouvelle augmentation de 8%, soit 3 fois plus que l’inflation…

Dans le même temps, le Centre se félicite que la gratuité pratiquée à l’occasion des déplacements du Centre Pompidou Mobile dans les régions facilite l’accès du plus grand nombre à l’art.

Comment comprendre cette contradiction ?

Par ailleurs, alors que la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France énonce à son article 7 que « les droits d’entrée des musées de France sont fixés de manière à favoriser leur accès au public le plus large », est-ce toujours le cas en l’espèce ?

Enfin, au moment où les Français connaissent des incertitudes sur l’évolution de leur pouvoir d’achat, était-ce une mesure réellement opportune ?

La Cour des comptes évoque pour sa part, dans le rapport précité, « un désinvestissement intellectuel, stratégique et politique du ministère de la culture vis-à-vis des questions tarifaires, aujourd’hui documentées et décidées par les seuls musées sans inscription dans un cadre national. Ce faisant, les tarifs sont devenus des sujets de gestion majeurs pour les musées, mais ne sont plus considérés comme des leviers stratégiques pour la politique nationale ».

PS : le musée d’Orsay n’est pas en reste, avec une augmentation de… 20% du billet « exposition » : http://www.louvrepourtous.fr/Musee-d-Orsay-tarifs-horaires,132.html.

Gestion de la culture

5 janvier 2012

La collection « Gestion de la culture et du secteur sans but lucratif » (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=collection&no=442) a pour objet d’accueillir des ouvrages traitant du secteur culturel sous l’angle du management, aux côtés de collections qui abordent plus traditionnellement le secteur culturel à travers l’histoire, la sociologie, le droit, la philosophie ou encore l’économie.

En effet, les sciences de gestion ont assurément des choses à dire sur la culture !

Non pas pour imposer un modèle issu des « business schools » ou de la doxa managériale dominante, mais bien pour considérer l’objet culturel sous des angles pertinents pour sa survie et son développement : la stratégie, la gestion des ressources humaines, le marketing, le contrôle de gestion, le financement, l’évaluation, etc.

A lire sur le sujet : http://www.territorial.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/8675/TPL_CODE/TPL_REV_ARTSEC_FICHE/PAG_TITLE/Manager+la+culture…/346-fonction-publique-territoriale-tous-nos-articles-de-presse.htm

 

Ouvrages parus

L’ARME DE LA CULTURE
Les stratégies de la diplomatie culturelle non gouvernementale
Sous la direction de Jean-Michel Tobelem
Préface de Pascal Ory

CULTURE ET ATTRACTIVITÉ DES TERRITOIRES
Nouveaux enjeux, nouvelles perspectives
Sous la direction de Corinne Berneman et Benoît Meyronin
Préface de Françoise Gourbeyre

LA CULTURE MISE À PRIX
La tarification dans les sites culturels
Sous la direction de Jean-Michel Tobelem

CULTURE, TOURISME ET DÉVELOPPEMENT
Les voies d’un rapprochement
Sous la direction de Claude Origet du Cluzeau et Jean-Michel Tobelem
Préface de Rémy Knafou

LES FESTIVALS EN FRANCE
Marchés, enjeux et alchimie
Luc Benito

GÉRER LA CULTURE EN RÉGION
Les pratiques des collectivités territoriales en France
Sous la direction de Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier

MISSIONS ET ÉVALUATIONS DES MUSÉES
Une enquête à Bruxelles et en Wallonie
François Mairesse

MONUMENTALITÉ(S) URBAINE(S) AUX XIXE ET XXE SIÈCLES
Sens, formes et enjeux urbains
Sous la direction de Maria Gravari-Barbas et Ioana Iosa ; préface de Thierry Paquot

MUSÉE ET CIE
Globalisation de la culture
Paul Werner

RÉINVENTER LE PATRIMOINE
De la culture à l’économie, une nouvelle pensée du patrimoine ?
Christian Barrère, Denis Barthelemy, Martino Nieddu, Franck-Dominique Vivien

LE TOURISME DE DESTRUCTION MASSIVE
André Girod
Préface de Claude Origet du Cluzeau